Sergio Agüero qui a soudainement mis fin à sa carrière, Christian Eriksen qui s'est effondré lors de son premier match à l'Euro, Daley Blind qui s'est fait placer un défibrillateur interne. Sans parler de Victor Lindelöf, de Manchester United, qui a quitté le terrain en raison de douleurs thoraciques, du milieu de terrain de Naples Piotr Zielinski, qui a été remplacé en raison de problèmes respiratoires, de Martin Terrier, du Stade rennais, qui a été contraint de rester sur la touche en raison de problèmes similaires, et de Ricardo Gomes, qui s'est effondré pendant l'entraînement du Partizan Belgrade.
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Sergio Agüero qui a soudainement mis fin à sa carrière, Christian Eriksen qui s'est effondré lors de son premier match à l'Euro, Daley Blind qui s'est fait placer un défibrillateur interne. Sans parler de Victor Lindelöf, de Manchester United, qui a quitté le terrain en raison de douleurs thoraciques, du milieu de terrain de Naples Piotr Zielinski, qui a été remplacé en raison de problèmes respiratoires, de Martin Terrier, du Stade rennais, qui a été contraint de rester sur la touche en raison de problèmes similaires, et de Ricardo Gomes, qui s'est effondré pendant l'entraînement du Partizan Belgrade.Un footballeur croate de troisième division est même décédé à l'hôpital après avoir subi une crise cardiaque à l'entraînement. Adama Traoré, du Sheriff Tiraspol, s'est tenu la poitrine lorsqu'il est soudainement tombé en Ligue des champions, et lors d'un match de deuxième division norvégienne, Emil Pálsson a perdu connaissance pendant quelques minutes. En novembre, Leam Richardson, l'entraîneur de Wigan Athletic, a sauvé la vie de son attaquant Charlie Wyke en le réanimant à l'entraînement et à Sheffield United, c'est John Fleck, qui s'était soudainement effondré, a été évacué du terrain.Au Bayern Munich, Alphonso Davies est pour l'instant indisponible en raison d'une inflammation du muscle cardiaque (ou myocardite). En dehors de l'Europe, un international omanais est mort lors d'un échauffement le mois dernier et un joueur algérien est décédé lors d'un match de championnat le lendemain de Noël.Les problèmes cardiaques sont un sujet de discussion régulier sur le terrain de football depuis le décès de l'international camerounais Marc-Vivien Foé lors de la Coupe des confédérations 2003, mais le nombre d'incidents semble particulièrement élevé ces derniers mois."Il n'existe pas de données scientifiques indiquant une augmentation de ce type d'incidents", déclare le Professeur Vincent Gouttebarge, du syndicat mondial des joueurs FIFPro et de l'UMC d'Amsterdam. L'ancien footballeur du FC Volendam souligne que, par le passé, ce sujet a aussi été largement abordé. Il suffit de repenser à l'arrêt cardiaque d'Abdelhak Nouri en 2017 ou à la crise cardiaque d'Iker Casillas en 2019. En Belgique, lorsque deux footballeurs sont morts sur le terrain en un court laps de temps en 2015, l'émotion et la consternation furent aussi importantes."Le malaise de Christian Eriksen a sans doute permis que tout le monde puisse prendre conscience de ce problème et que les médias se sont encore plus intéressés à ce sujet, tout comme pour les commotions cérébrales dans certains sports de contact. Jusqu'à il y a quelques années, on s'y intéressait relativement peu. Cela a changé ces dernières saisons, après une série d'incidents en Premier League et en Ligue des champions. Repensez à Jan Vertonghen, qui a été transporté hors du terrain, groggy, lors du match de Tottenham contre l'Ajax, en demi-finale de la Champions League 2019. On discute désormais de la possibilité de changer les protocoles, la FIFA est plus vigilante et les médias sont plus attentifs. Mais bien sûr, cela ne signifie pas encore que les commotions cérébrales sont plus fréquentes aujourd'hui que par le passé".Les comparaisons avec un passé lointain sont impossibles car les données disponibles sur l'ampleur des problèmes cardiaques chez les footballeurs sont limitées. Ce n'est qu'en 2014 que la FIFA a commencé à collecter des informations sur les décès sur le terrain. Cette mesure a été prise à la suite d'un nombre croissant de rapports faisant état de victimes qui s'étaient soudainement effondrées pendant les entraînements et les matchs. Sous le titre "Mort subite", la fédération mondiale de football a voulu dresser une carte de la mortalité sur ses terrains à travers le monde. Combien de fois ces événements tragiques se sont-ils produits ? Et quelles en sont les causes ?Les premiers résultats de ces enquêtes ont été annoncés en 2020. En cinq ans, 617 décès soudains liés au football (y compris amateur) ont été enregistrés à travers le monde, mais il s'agissait notamment de joueurs frappés par la foudre et de tacles crapuleux. Un attaquant s'est également tué lorsqu'il s'est brisé le cou en faisant la roue pour célébrer un but. Un autre a eu la malchance de retomber la tête la première contre une planche en béton après un duel épaule contre épaule. La cause du décès n'a été officiellement établie que dans un tiers des cas. L'insuffisance cardiaque était la principale cause de décès, mais elle touchait surtout les joueurs de plus de 35 ans pratiquant le football amateur. Trente-trois professionnels sont morts dans ce décompte, ce qui représente six à sept cas par an dans le monde. Tous les cas ne sont pas dus à des problèmes d'arythmie cardiaque.La seule autre étude pluriannuelle en la matière provient du Royaume-Uni et a été dirigée par un cardiologue de l'Université de Londres. Lorsque ses recherches ont été présentées en 2018, la conclusion était que les crises cardiaques mortelles chez les footballeurs étaient plus fréquentes qu'on ne le pensait. Mais ce même cardiologue a récemment déclaré dans les médias d'outre-Manche que les problèmes cardiaques d'Eriksen, d'Agüero, de Blind et d'autres ne prouvent pas encore qu'ils sont en augmentation. Il pense plutôt que notre perception est faussée en raison des articles beaucoup plus nombreux que l'on peut trouver dans le monde entier grâce à Internet. Le cardiologue pense aussi que les gens ont tendance à amplifier des phénomènes lorsqu'un un certain nombre d'incidents interviennent dans un court laps de temps.Rien n'indique que la situation ait changé récemment : "Le registre de la FIFA montre qu'il n'y a pas eu d'augmentation de cas pendant la période post-coronavirus par rapport à la période d'avant la pandémie".C'est une conclusion pertinente, car au siège de la FIFPro à Hoofddorp, de nombreuses questions sont posées par les joueurs sur la relation entre l'insuffisance cardiaque et le vaccin contre la Covid-19. Ce débat a été lancé dans le football par l'ancien international anglais Matt Le Tissier et d'autres anti-vax qui établissent un lien entre le fait de se faire vacciner et les joueurs qui tombent comme des mouches à cause de leur coeur. Le Tissier a demandé qu'une enquête soit réalisée sur ce sujet. "Le nombre de sportifs de haut niveau souffrant de problèmes cardiaques explose", conclut l'ancienne star de Southampton dans les années 90.Il n'existe aucune preuve de cela, tout simplement parce que (et également pour des raisons de confidentialité) il n'existe pas de données annuelles sur le nombre de footballeurs ayant découvert un problème cardiaque. Sur la base des données de la FIFA sur la mortalité, cette conclusion semble injuste, mais l'image est persistante. L'ancien international Trevor Sinclair est d'accord avec Le Tissier, déclarant sur Twitter que les problèmes d'insuffisance cardiaque sont plus courants aujourd'hui qu'à son époque. Il se demande si cela pouvait avoir un rapport avec le vaccin contre le coronavirus.Quiconque cherche des informations en ligne sur les problèmes cardiaques chez les footballeurs se retrouve rapidement dans une bulle d'articles et de graphiques joliment réalisés, qui montrent que le nombre de crises cardiaques chez les footballeurs aurait été multiplié par cinq l'année dernière. Des activistes bien connus alimentent encore plus les doutes en utilisant des footballeurs pour établir leurs théories coronasceptiques. Aux Pays-Bas, le politicien Thierry Baudet s'est ouvertement demandé si un footballeur islandais victime d'une crise cardiaque avait eu la grippe, et le professeur de danse Willem Engel, autre sceptique sur la gravité du coronavirus, a été suspendu de Twitter après avoir suggéré que l'arrêt cardiaque d'Eriksen était dû au vaccin que le joueur ne s'était même pas fait injecter à l'époque.En Angleterre, certains médecins de clubs soupçonnent que les avis non fondés d'anciens joueurs connus sont à l'origine du taux de vaccination relativement faible en Premier League. La compétition britannique est en retard par rapport à l'état d'avancement de la campagne de vaccination dans les autres grands championnats. Une enquête du syndicat des joueurs VVCS, menée par le Dr. Gouttebarge, a également montré que le taux de vaccination chez les footballeurs pros néerlandais était faible. Ces histoires circulent en boucle sur les réseaux sociaux et de nombreux joueurs de football finissent par se poser des questions. Chaque fois qu'il y a un incident sur le terrain, on le lie au vaccin contre la Covid à maintes reprises. C'est un vrai problème.En France et en Angleterre, des données ont récemment été publiées sur les problèmes cardiaques chez les jeunes sportifs et les footballeurs pendant la crise du coronavirus. Il ne s'agit pas de la mortalité, mais des résultats, entre autres, d'échographie du coeur et des échocardiogrammes. En France, cette enquête portait sur 348 joueurs professionnels et en Angleterre sur571 jeunes athlètes. Dans les deux études, les malformations cardiaques se sont avérées tout à fait exceptionnelles, comme c'était le cas avant le corona.Le Professeur Gouttebarge s'est rendu à un congrès de médecine sportive à Monaco en novembre dernier. "J'y ai parlé avec les deux plus grands experts en la matière. Ils ont déclaré qu'il n'y a même pas le début d'une preuve d'une nouvelle tendance."Lorsqu'un joueur aussi emblématique que Eriksen s'effondre, cela a plus d'impact qu'un anonyme s'écroulant sur son bureau. Mais cela ne signifie pas que les footballeurs sont plus à risque que d'autres populations. Il faut dire que la FIFA et la FIFPro ont elles-mêmes créé l'impression, ces dernières années, qu'il existait une menace plus importante dans le football de haut niveau, car elles ont attiré l'attention sur les problèmes d'insuffisance cardiaque chez les joueurs professionnels. "C'est sous le prétexte que chaque mort est une mort de trop. Dans un sport professionnel, la surveillance doit également être organisée de manière professionnelle. Souvent, les cas mortels auraient pu être évités par une intervention rapide et adéquate".Voici six ans, Patrick Ekeng, joueur du Dinamo Bucarest, aurait probablement pu ne pas mourir si les batteries des trois défibrillateurs du stade n'étaient pas tombées en panne. Au même moment, en Premier League malaisienne, un joueur nigérian qui venait de monter au jeu est décédé. Mais dans ce cas, l'ambulancier de service n'était pas au volant de son véhicule, mais assis en tribunes."À cet égard, l'attention plus grande que l'on a porté à ces incidents est évidemment positive. Des défibrillateurs sont désormais présents le long du terrain et les médecins sont spécifiquement formés pour intervenir rapidement". Des histoires hallucinantes comme la mort tragique du Croate Goran Tunjic , en 2010, ne devrait pas se répéter de sitôt. Alors qu'il était en train d'agoniser d'une crise cardiaque, l'arbitre lui a montré jaune pour une mauvaise conduite...