D'une éjection du Celtic et un bref passage par la division amateur écossaise à sa deuxième finale de Champions League, Andy Robertson a vécu une ascension fulgurante. A 25 ans, le capitaine de la Tartan Army s'est forgé une réputation solide : certains le considèrent comme l'un des meilleurs défenseurs latéraux au monde.

Andrew (son vrai prénom) Robertson nait à Glasgow le 11 mars 1994. Très vite attiré par le ballon rond, Andy foule ses premières pelouses dans le club mythique du pays : le Celtic. Défenseur gauche, on lui décèle du talent mais, à 15 ans, il subit le premier coup dur de sa carrière : il est contraint de quitter son club de coeur, jugé trop petit et trop frêle pour son âge. "Être rejeté, c'était dur parce que j'étais un fan du Celtic depuis ma naissance. Mais ça m'a vraiment aidé dans la suite de ma carrière", raconte Robertson au Liverpool Echo.

Deal familial

Andy décide alors de faire un pas en arrière et rebondit à Queen's Park, un club amateur écossais. Le jeune homme doit alors combiner sa passion avec un job dans un call-center pour joindre les deux bouts. "Queen's Park était amateur donc je ne gagnais pas d'argent. De 9 à 17h, je répondais aux appels pour commander des tickets de concerts ou de matches de foot, à 18h je filais à l'entrainement". Il fait ses grands débuts en équipe première à 18 ans, devant 372 spectateurs face à Berwick Rangers. Conscient de sa situation précaire, il conclut un deal avec ses parents. La famille Robertson lui accorde une année pour réussir dans le football. C'est peu, mais c'est suffisant pour le joueur et sa détermination sans faille. Rapidement, il devient indéboulonnable du onze de base et s'impose comme la valeur sûre de Queen's Park. Son abnégation, sa mentalité et ses raids incessants sur le couloir gauche tapent dans l'oeil des recruteurs. Dundee United, club de Premiership (D1 écossaise) sonne à la porte du jeune espoir. Le rêve d'Andy débute enfin, et comme sur son flanc gauche, il n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin.

A Dundee, Robertson renverse tout sur son passage. A la fin de la saison, il est élu meilleur espoir écossais de la saison et se fait même une place dans l'équipe-type de l'année en championnat. Il décroche ainsi sa première sélection nationale, dans une rencontre face à la Pologne. "Andy est monté au jeu, sur sa première touche, il a parcouru 30 mètres balle au pied. Fantastique!", se souvient le sélectionneur écossais de l'époque, Gordon Strachan.

Avec l'Ecosse. © belga

Roller coaster tigré

Robertson a conquis son pays natal et son nom circule désormais dans tout le Royaume. En 2014, Hull City, pensionnaire de Premier League, flaire la bonne affaire et attire dans ses rangs la pépite écossaise contre 4 millions d'euros. Pas le temps de s'adapter, il est lancé dans le bain directement. "Je me souviens que Liam Rosenior s'était blessé juste avant que le championnat ne reprenne. Steve Bruce m'a dit -Vas-y, fais ce que tu sais faire", se rappelle-t-il. Durant ses trois années chez les Tigers, Robertson va connaitre une période mouvementée, une trajectoire digne d'un véritable roller coaster : une relégation en Championship, puis la montée grâce aux play-offs, pour ensuite redescendre à nouveau en deuxième division anglaise. Hull City fait l'ascenseur, mais la cote de Robertson, elle, continue de monter en flèche.

Cette fois, lors du mercato estival 2017, c'est Liverpool et Jürgen Klopp qui sautent sur l'homme fort d'Hull City. "Quand Liverpool vient te chercher, tu ne dois même pas y réfléchir. J'ai discuté avec Klopp, il a aimé mon parcours, du fond du football écossais où j'en suis arrivé maintenant", explique Robertson au quotidien britannique. Sous le maillot rouge, il vit un vrai conte de fées, à un détail près, il attend toujours de pouvoir soulever son premier trophée avec les Reds.

Premier titre ?

Malgré le titre de champion manqué d'un point face à Manchester City, Liverpool et Robertson ont connu une année phénoménale. Et si le triptyque magique Mané-Salah-Firmino fait exulter Anfield en faisant trembler les filets à maintes reprises, les défenseurs des Reds sont en grande partie responsables de l'éblouissante saison. Outre Vrigil van Dijk (Joueur de l'année), les deux latéraux Andy Robertson (13 assists) et Trent Alexander-Arnold (16 assists) ont grandement contribué au succès des Scousers en délivrant d'innombrables caviars pour les attaquants, toutes compétitions confondues. Un record.

Le point d'orgue, ce samedi face à Tottenham, Robertson aura l'opportunité de remporter le premier trophée de sa carrière, la Champions League tant convoitée. De quoi clôturer la saison en beauté, avant de reprendre le brassard de l'Ecosse face aux Diables Rouges, pour les qualifications pour l'EURO 2020. Pas de doute, le petit Andy a parcouru un sacré bout de chemin.

Par Romain Langendries