En 2006, Fabio Grosso offrait une quatrième étoile à l'Italie sur un tir au but du pied gauche qui prenait Fabien Barthez à contre-pied. Il faudra attendre au moins 2026 pour espérer revoir le quadruple champion du monde remporter un match dans un Mondial. Depuis cette nuit magique, la Squadra Azzurra n'a plus passé un premier tour et va louper une nouvelle édition après celle de 2018. La seule victoire depuis Berlin en 2006 est le premier match de poule de la Coupe du monde 2014. Les Italiens l'avaient emporté 2-1 à Manaus contre l'Angleterre grâce à des réalisations de Claudio Marchisio et Mario Balotelli dont un énième retour en sélection fut envisagé pour ces barrages finalement fatales.
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En 2006, Fabio Grosso offrait une quatrième étoile à l'Italie sur un tir au but du pied gauche qui prenait Fabien Barthez à contre-pied. Il faudra attendre au moins 2026 pour espérer revoir le quadruple champion du monde remporter un match dans un Mondial. Depuis cette nuit magique, la Squadra Azzurra n'a plus passé un premier tour et va louper une nouvelle édition après celle de 2018. La seule victoire depuis Berlin en 2006 est le premier match de poule de la Coupe du monde 2014. Les Italiens l'avaient emporté 2-1 à Manaus contre l'Angleterre grâce à des réalisations de Claudio Marchisio et Mario Balotelli dont un énième retour en sélection fut envisagé pour ces barrages finalement fatales. Mais revenenons sur Grosso. L'arrière gauche, qui s'était déjà illustré lors de ce Mondial victorieux en demi-finale en ouvrant le score pour la Nazionale contre l'Allemagne, évoluait à Palerme. Ce jeudi soir, c'est dans la ville sicilienne que l'Italie a vécu l'impensable scénario de rater son deuxième Mondial consécutif. Un fiasco historique qui n'est jamais arrivé dans l'histoire du football transalpin. Un fiasco d'autant plus inattendu que l'Italie a remporté l'Euro quelques mois auparavant et restait sur un record de matches sans défaite. Il aura fallu un pénalty manqué contre la Suisse par le héros de la finale contre l'Angleterre, Jorginho, pour envoyer la Squadra Azzurra aux barrages. Mais si elle craignait logiquement la perpesctive d'un duel contre le Portugal de Cristiano Ronaldo, c'est finalement contre la modeste Macédoine du Nord qu'elle aura trépassé.Le bourreau des Italiens se nomme Aleksandar Trajkovski. L'attaquant a profité de l'espace devant lui pour armer une frappe lointaine sur laquelle Gianluigi Donnarumma a semblé moins vif que sur certaines interventions lors de l'Euro. Toute l'équipe et le banc macédonien se sont jetés sur leur héros improbable. Au niveau statistiques, l'Italie avait pourtant tous les indicateurs en sa faveur : 61% de possession de balle, 32 tirs au but pour 4 à son adversaire. Elle n'en a cependant cadré que cinq, soit 15,6% de ses tentatives pour 50% à son adversaire. Une feuille de match qui ferait rager n'importe quel joueur de FIFA, mais qui a commencé à devenir courante pour une Squadra Azzurra où Ciro Immobile a le rendement d'un avant-centre du Standard cette saison et où Domenico Berardi, malgré des statistiques impressionnantes en Serie A, a encore montré qu'il n'avait probablement pas la carrure internationale d'un Federico Chiesa.Mais revenons à Trajkovski. Des 22 acteurs sur la pelouse, il était celui dont le stade Renzo Barbera de Palerme était le plus familier, avec le latéral gauche italien Emerson qui y avait évolué pendant une saison après son arrivée du Brésil. Mais le Macédonien a laissé plus de souvenirs au public local puisqu'il a porté le maillot rosanero pendant quatre ans, disputé 113 matches et marqué 20 buts. Son transfert pour la Botte avait surpris à l'époque car Trajkovski n'était pas vraiment un des joueurs en vue de notre Pro League où il était resté la propriété de Zulte Waregem pendant 4 saisons avec une en prêt du côté de Malines. Ses stats étaient d'ailleurs plutôt faméliques, tant au stade Arc-en-ciel que derrière les Casernes : 97 matches, 13 buts pour Zulte et 23 rencontres et 3 buts pour le Kavé. Il faisait cependant partie du noyau de l'Essevee , emmené par Thorgan Hazard et le regretté Junior Malanda , qui avait failli remporter le titre de champion de Belgique en 2013. Cette année là, il fut logiquement barré par le petit frère d'Eden, alors qu'il avait pourtant bien commencé la saison en offrant la victoire à ses couleurs contre La Gantoise en signant un but et un assist. Un scénario qu'il avait déjà connu la saison précédente contre Lokeren alors qu'il venait d'être transféré pour un gros million d'euros du championnat croate. Mais à l'époque, Pino Rossini jouait à la place d'Mbaye Leye et Luka Milunovic occupait la poste de meneur de jeu que reprendra ensuite Franck Berrier , autre joueur de cette équipe attrayante qui s'en est aussi allé trop vite. Niveau qualitatif, on n'était dans des registres bien différents. Sur la droite, les possibilités de jouer ne sont pas plus nombreuses pour Trajkovski qui se retrouve barré par Jens Naessens. Lors de cette saison riche pour Zulte Waregem, l'ailier macédonien dispute 1005 minutes en saison régulière pour 3 buts et 3 assists. Lors de 10 des 30 duels, il ne décollera même pas du banc.La bonne dynamique de Zulte Waregem explique que Francky Dury change rarement son onze de base. Lors des Play-offs 1, Trajkovski ne monte même pas au jeu pendant la moitié des duels. Il joue 22 minutes lors d'une lourde défaite à domicile 0-4 contre Genk, mais Ibrahima Conté lui est aussi passé devant dans la hiérarchie.La saison suivante, sa situation s'empire puisqu'il ne joue que 11 minutes lors des cinq premiers matches et pour sauver son statut d'international, il est loué au FC Malines. Derrière les Casernes, c'est d'abord le banc qui l'attend aussi, Boubacar Dialiba lui étant préféré. Titularisé pour la réception du Cercle Bruges par Harm Van Veldhoven, le Macédonien livre une prestation médiocre et sort à la 68e minute. Le KaVé s'incline et l'ailier ne décolle même plus du banc pendant sept matches consécutif. Si le Francky de Zulte Waregem ne lui avait pas accordé sa confiance, celui qui succèdera à Van Velhoven, Vercauteren le titularise après la trêve hivernale contre Anderlecht. Le Macédonien le remercie de sa confiance en offrant le but de la victoire à Benjamin Mokulu. L'espoir renaît après des semaines de galère. Indiscutable pour le Petit Prince du Parc Astrid, Trajkovski marque contre Ostende en phase classique, mais c'est surtout lors des Play-offs 2 qu'il va s'illustrer. Titulaire lors des six matches, il marque lors des deux rencontres contre Courtrai et délivre une passe décisive. Il donnera ensuite deux assists lors des duels contre le Cercle Bruges. Cette fin de saison en boulet de canon le gonfle à bloc alors qu'il doit retrouver le stade Arc-en-ciel l'été suivant. Dans un Zulte Waregem, désormais orphelin de Thorgan Hazard et de Franck Berrier, il retrouve plus souvent une place de titulaire mais ne réalise pas pour autant une saison exceptionnelle : 27 matches, trois buts et 3 assists. Un bilan bien maigrichon pour un ailier.En juillet 2015, il rejoint Palerme à la surprise générale. Le club sicilien verse 900.000 euros à Zulte pour l'attirer. C'est un peu moins que le prix payé à l'époque à l'Inter Zapresic pour le faire enfiler la vareuse rouge flandrienne, mais ça reste un montant honnête pour un joueur qui n'a pas su faire l'unanimité en quatre saisons.Certains ricanent à l'idée de le voir squatter le banc du stadio Renzo Barbera, mais ce sera tout le contraire qui va se produire. Aleksandar Trajkovski semble plaire à Giovanni Tedesco et Guiseppe Iachini qui se succèderont sur le blanc rosonero. Le Macédonien marque 3 buts et donne un assist. La production reste faible, mais dans un club luttant contre le maintien, ça reste des statistiques correctes pour un joueur qui n'a jamais été beaucoup plus décisif dans le passé.La saison suivante, Trajkovski se blesse à la cheville et perd logiquement sa place dans le onze de base. Il ne joue que 11 duels, marque un seul but et Palerme est relégué. Cet échec du club sicilien est peut-être l'occasion pour lui de recevoir plus régulièrement sa chance et d'enfin étoffer sa feuille de stats. Ce sera le cas pour le temps de jeu avec 27 rencontres à son compteur. En revanche, il est toujours aussi peu décisif avec à peine 4 buts et 3 assists. Mais cela va changer lors de l'exercice 2018-2019. Repositionné en milieu offensif, il distribue 11 passes décisives et secoue les filets à 8 reprises. Mallorca, qui est revenu au sein de l'élite espagnole, se positionne pour le Macédonien qui arrive en fin de contrat en Sicile.Mais la confirmation de cette dernière belle saison en Italie ne trouve pas son prolongement dans les Baléares. Trajkovski ne joue que 308 minutes pour un seul but et le bilan n'est pas plus flatteur la saison qui suit alors que le club est retombé en division 2: 194 minutes et un but. Majorque le prête alors dans le championnat danois à Aalborg. Un nouvel échec cuisant puisque l'international macédonien ne dispute que sept matches lors de la première partie de saison. Il est renvoyé à l'expéditeur qui parvient à s'en débarrasser à la fin du mois de janvier. Direction l'Arabie Saoudite et Al-Fayha. Titulaire trois fois et remplaçant à deux reprises, il débloque son compteur but lors de la King's Cup.Mais ces prestations globalement décevantes en club n'empêchent pas le sélectionneur de la Macédoine du Nord de continuer Igor Angelovski de continuer à lui faire confiance. Il déçoit rarement sous les couleurs nationales où il prend part à 9 des 10 matches de qualification de sa sélection sur la route du Qatar. Titularisé à six reprises, il fait trembler les filets à quatre reprises dont un doublé contre le Liechtenstein. Aligné le plus souvent sur le flanc gauche du 4-2-3-1 macédonien, il est revenu sur la pelouse d'un stadio Renzo Barbera dans lequel il avait marqué lors de son dernier match pour l'équipe locale le 11 mai 2019. A l'époque, il avait inscrit le deuxième but des Rosoneri qui n'avaient pas su garder leur avance contre Cittadela et avaient concédé le match nul. Ce jeudi soir, le petit prince macédonien de Palerme est revenu sur les lieux du crime pour perpétrer son plus grand forfait et offrir à son pays l'une des plus belles victoires de son histoire. Mais n'est-il pas normal d'être grand en Macédoine (du Nord) quand on s'appelle Aleksandar ?