Décidemment, cette Ligue des Champions nous réserve bien des surprises. Depuis les huitièmes de finale, à Paris, jusqu'au match d'hier soir, en passant par Turin, Madrid ou Liverpool, à chaque stade de la compétition, cette édition nous tient en haleine depuis le mois de septembre. Et si ce surplus d'émotions se rapproche du dénouement final, deux miraculés vont s'affronter, le 1er juin, au Wanda Metrpolitano de Madrid. Avec à la clef, le successeur du Real Madrid de Zinédine Zidane. D'un côté Liverpool, auteur de l'exploit le plus retentissant face au FC Barcelone (3-0,4-0), de l'autre Tottenham qui, hier, sera passé par toutes les émotions. Menés 2-0 à la mi-temps, les Spurs sont revenus dans la rencontre, et sont parvenus à se qualifier (3-2), au terme d'une lutte mentale et physique impressionnante. Pour qu'au coup de sifflet final, les deux équipe soient submergées par l'émotion. Cette joute aura eu lieu dans un écrin des grands soirs européens. La Johann Cruyff Arena s'était transformée en temple du football. Et si pendant 95 minutes tout le stade attendait la délivrance, elle ne sera jamais venue. Ce qui n'aura pas empêcher les 52.641 spectateurs locaux de féliciter longuement leur équipe, et de leur rendre tout ce que cette bande de jeunes leur aura donné, depuis le mois d'août et ce premier tour préliminaire de Ligue des Champions, contre les modestes autrichiens de Sturm.

Artisan majeur de ce parcours magnifique, Mauricio Pochettino, entraîneur de Tottenham, n'a pas pu contenir ses larmes à la fin de la rencontre. Lui qui n'a pas pu demander de renfort cet été, pour cause de construction de stade, lui qui restait sur deux défaites en championnat. Et pourtant, le technicien argentin a toujours cru en ses troupes. Il a su fédérer un groupe, affaibli par les blessures, autour d'un même objectif : gagner la Ligue des Champions. Et que dire de ses changements tactiques. Déjà à l'aller, il avait impressionné lorsque Sissoko, sorti sur blessure, avait été remplacé par Fernando Llorente. Hier encore, Wanyama, sorti pour Llorente à la mi-temps, montrait que l'Argentin était là pour gagner. Et rien d'autre.

Erik Ten Hag, entraîneur de l'Ajax, lui, ne pouvait qu'accuser le coup : "Je suis très fier de cette équipe et ce qu'elle a accompli jusqu'ici. Nous avons connu un superbe parcours. Nous avons essayé de tuer la partie, mais n'avons pas réussi. J'ai dit aux joueurs que c'est très difficile de trouver les mots justes dans un moment comme celui-ci et que le football est cruel. Nous devons supporter le côté cruel ce soir, mais nous devons poursuivre le chemin. La finale de la Ligue des champions est unique et les joueurs le réalisent parfaitement. Du coup, nous avons besoin du temps pour oublier, mais nous devons retourner sur le terrain dimanche. Nous le devons à nous-mêmes et à nos fans."