Maudite 96e minute... Malgré l'égalisation de Tottenham à l'heure de jeu (2-2, 59e), les supporters ajacides ont longtemps cru que "les Dieux du foot" étaient encore de leur côté. Mais Hakim Ziyech a touché le poteau en fin de match et Lucas s'est offert un triplé d'anthologie au bout du temps additionnel (3-2 au retour; 0-1 à l'aller).

Foudroyés par l'exploit du lutin brésilien, les coéquipiers de Matthijs de Ligt sont tous tombés sur la pelouse, incrédules devant un tel scénario. L'image est déjà entrée dans la légende de la Ligue des champions.

"J'ai dit aux joueurs que c'est très difficile de trouver les mots justes dans un moment comme celui-ci et que le football est cruel. Nous devons supporter le côté cruel (mercredi) soir mais nous devons poursuivre le chemin", a déclaré, fataliste, Erik ten Hag, l'entraîneur de l'Ajax.

"La finale de la Ligue des champions est unique et les joueurs le réalisent parfaitement. Du coup, nous avons besoin du temps pour oublier mais nous devons retourner sur le terrain dimanche. Nous le devons à nous-mêmes et à nos fans", a-t-il ajouté.

Doublé obligatoire

Si le rêve d'un incroyable triplé Coupe-Championnat-Ligue des champions, exploit qui n'a plus été réalisé depuis 1972 par l'équipe d'un certain Johan Cruyff, s'est envolé, la saison n'est en effet pas terminée.

Après avoir décroché la Coupe des Pays-Bas dimanche, son premier trophée depuis 2010, l'Ajax devra se contenter maintenant d'un autre objectif : réaliser le doublé Coupe - Championnat, avec deux matches encore à jouer pour devancer sur le fil le PSV Eindhoven, son ennemi juré.

La seule manière de savourer comme il se doit une saison historique, débutée fin juillet par le 2e tour préliminaire de C1. Et gérer sereinement les assauts à venir sur ses talents, convoités par les plus grands clubs européens.

"Nous voulons conserver cette équipe mais nous connaissons le pouvoir financier des grands clubs", avait admis Edwin van der Sar, directeur général de l'Ajax après la qualification en demies aux dépens de la Juventus Turin.

Avec Frenkie de Jong (21 ans), l'Ajax a déjà réalisé la vente la plus chère de l'histoire du Championnat des Pays-Bas. Le FC Barcelone a scellé l'arrivée cet été du prometteur milieu néerlandais en versant 75 M EUR (plus 11 millions de bonus).

Philosophie" et réservoir à talents

Il risque de n'être pas le seul à plier bagage. Matthijs de Ligt, devenu capitaine le plus jeune de l'histoire de son équipe à 19 ans, est désormais la "pépite" la plus convoitée. Le Barça et le Real Madrid sont sur les rangs pour l'accueillir contre un chèque de 70 M EUR, selon la presse.

Son trident d'attaque, le plus prolifique d'Europe avec plus de 160 buts inscrits cette saison, fera aussi l'objet de nombreuses sollicitations. Hakim Ziyech (26 ans), ciblé comme le remplaçant idéal d'Arjen Robben au Bayern Munich, a un bon de sortie.

Les dirigeants ajacides gardent toutefois l'espoir de conserver David Neres (22 ans) et Dusan Tadic (30 ans). Donny van de Beek (22 ans), chouchou de la Johan Cruyff Arena, pourrait également continuer une année supplémentaire, tout comme André Onana, le gardien camerounais qui vient de prolonger son contrat jusqu'en 2022.

Avec de belles plus-values à venir, un sens aigu des bonnes affaires et une "philosophie" de jeu inchangée, l'Ajax tentera même de se renforcer cet été autour de ses tauliers Daley Blind (29 ans), Lasse Schöne (32 ans) et Klaas-Jan Huntelaar (35 ans), le vétéran de l'équipe.

D'autant que de nouveaux "cracks" issus de son académie sont déjà prêts à prendre la relève : Jurgen Ekkelenkamp (19 ans), Brian Brobbey (17 ans), ou encore Ryan Gravenberch, plus jeune joueur de l'histoire à évoluer en équipe première à 16 ans. Suffisant pour reproduire un tel "miracle" l'an prochain ?