Malgré ses 35 ans et une grave blessure à un genou qui l'avait privé du Mondial-2018, le joueur du PSG ne se "met pas de date d'expiration" et se voit jouer au "haut niveau" au moins jusqu'au Mondial-2022 au Qatar.

Vous avez connu, en fin de saison dernière, une grave blessure à un genou dont on a normalement du mal à se remettre même en étant "jeune". Comment avez-vous réussi à redevenir aussi performant ?

"Dans la vie, il suffit toujours de trouver les meilleures solutions pour résoudre les problèmes. Si tu te mets dans la tête que c'est un problème, psychologiquement tu n'es pas bien et tout devient plus lent, plus difficile. C'est comme une plaie, si tu poses correctement les points de suture, que tu la soignes et que tu lui donnes tout ce dont elle a besoin, tout va revenir comme avant... Moi, je n'ai jamais douté. Il ne fallait pas que je me dise: +Je vais voir comment je reviendrai+. Non, il fallait que je m'investisse pour revenir. Aujourd'hui, j'ai quelque chose de plus fort qu'avant (sourire)."

Comme Marquinhos, vous avez été replacé au milieu de terrain par Thomas Tuchel avec beaucoup de réussite. Ne plus jouer au poste de latéral, est-ce une conséquence de votre blessure ou une innovation tactique qui vous plait ?

"(Tuchel) utilise un peu plus mon intelligence pour lire le jeu que mon physique, car en tant que milieu de terrain, je cours plus et fais davantage d'efforts qu'au poste de latéral. Ce n'est pas un problème physique, je peux jouer sur le côté, mais à ce poste je ne peux pas utiliser autant ma lecture de jeu. Au milieu en revanche, je peux corriger un mouvement mal effectué par un coéquipier, penser plus vite. Les gens du staff sont très intelligents et savent que plus je suis impliqué dans le jeu, plus je peux augmenter le niveau de l'équipe. Je peux inciter mes coéquipiers à faire le pressing, à courir, à se battre..."

Vous êtes en fin de contrat à la fin de la saison. Est-ce que vous avez envie de continuer avec Paris encore au moins une saison ?

"Cela ne dépend pas de moi (rires) ! Si cela dépendait de moi, bien sûr que oui. J'insiste encore, malheureusement beaucoup de personnes mettent une étiquette sur les gens à cause de leur âge. Quand tu dépasses les 30 ans, les gens te regardent bizarrement. Alors à 35 ans, je ne te le dis même pas ! J'entends toujours les mêmes questions : (il répète trois fois) +Quand est-ce que tu vas arrêter ta carrière ?+ Oh calmez-vous un peu (rires) ! C'est moi qui déciderai quand je vais arrêter. Si tu es discipliné, travailleur, tu vas durer autant que tu le souhaites. Tu préfères être une voiture commerciale ou viser le +high level+ ? Moi je choisi le +high level+ ! Comme on dit, plus c'est vieux, plus c'est cher ! C'est tout moi ça (rires)."

Vous vous voyez jouer jusqu'à quel âge ?

"Je ne mets pas de date d'expiration. Mon corps est ma réponse, quand je verrai que je ne pourrai plus rivaliser, quand ma tête me dira: +Je ne peux plus+, il sera temps d'arrêter. Mais ce n'est pas encore le moment. Après je ne sais pas ce qui va arriver demain, dans trois ou quatre ans... Tu peux te fixer un objectif, mais c'est difficile. Ce que je sais, c'est que je vais essayer d'aller à la Coupe du monde en 2022. Mon objectif est de me battre pour y aller ! Je n'ai pas la clé, mais je vais essayer."

Justement vous venez de faire votre retour dans la liste du sélectionneur Tite. Un signe que vous êtes sur le bon chemin ?

"C'est vrai, mais je sais que je dois donner des résultats pour l'équipe nationale. Je ne vais pas m'asseoir et dire : +Je suis celui qui a le plus gagné dans l'histoire+. Non, je pense à bien faire lors des deux, trois, quatre, cinq ou six années qui arrivent. Peu importe. Mon histoire va dire ce que j'étais, ce que je suis et ce que je pourrais être. Donc je ne mets pas de dates, seulement des objectifs."

Avec 38 trophées dans votre carrière, vous avez l'un des plus beaux palmarès de l'histoire. Mais la Coupe du monde est le seul trophée qui vous manque. Finir votre carrière sur un sacre mondial est votre rêve absolu ?

"Exactement. C'est pourquoi ce défi me donne ce petit frisson dans mon corps (il en frémit, NDLR). C'est un peu le même sentiment quand tu rencontres la femme de ta vie, et que tu te demandes : +Qu'est-ce que je vais lui dire?+ (rires). C'est mon objectif (ton sérieux). Je vais essayer au maximum de le réaliser. Pour la Coupe du monde 2018 en Russie, je n'ai pas pu y être, peut-être parce que la vie a décidé que ce ne serait pas celle-là mais l'autre... En tout cas j'envisage tout ce qui est grand ! Imagine toi finir ta carrière en devenant champion du monde... Existe-t-il quelque chose de mieux (sourire) ? Même (Zinédine) Zidane n'a pas pu le faire!"

Prolonger au PSG? "Cela ne dépend pas de moi!"

En fin de contrat à la fin de la saison, Dani Alves, 35 ans, a-t-il envie de continuer de jouer avec le PSG pour au moins une saison supplémentaire ? "Si cela dépendait de moi, bien sûr que oui", a-t-il confié dans un entretien exclusif à l'AFP.

Selon plusieurs médias comme UOL ou Le Parisien, des discussions sont en cours depuis fin février entre le club parisien et les représentants de la star brésilienne, arrivée à Paris à l'été 2017. De quoi aboutir à une prolongation de contrat dans les prochaines semaines ?

"Cela ne dépend pas de moi (rires) ! Si cela dépendait de moi, bien sûr que oui", a-t-il confié à l'AFP, dans un entretien réalisé avant le 8e de finale retour de Ligue des champions contre Manchester United mercredi.

Se plait-il à Paris au point de s'y installer durablement, qu'importent les conditions financières ? "Oui je m'y plais. Les gens peuvent parler comme ils veulent, mais il y a plus d'argent (à gagner) dans d'autres endroits. Tout le monde se concentre sur ce que vous pouvez gagner... J'ai eu plein d'autres offres lucratives, mais ce n'est pas ce qui me motive", a assuré Alves.

"Si j'ai une valeur, c'est parce que j'ai réussi à la construire, personne ne me l'a donnée. C'est en raison de mon histoire et de ma trajectoire, que j'ai ce que j'ai aujourd'hui. Il y a une dizaine d'années quand j'étais à Séville, il ne faut pas croire que c'était facile hein !", a-t-il ajouté.

Avec 38 trophées dans sa carrière, dont trois Ligue des champions remportées avec le FC Barcelone (2009, 2011, 2015), Dani Alves possède le plus beau palmarès pour un joueur encore en activité.

"Aujourd'hui, ce n'est bien sûr plus le cas mais j'ai réussi à construire cela. Donc ce n'est pas une question financière, je veux me sentir épanoui. Je veux qu'à la fin de ma carrière, on dise de moi que je suis un gagnant, pas quelqu'un qui cherche de l'argent", a-t-il encore confié.