Pour Karim Benzema, on sait pourquoi ! On sait depuis longtemps que son sort chez les Bleus est réglé aussi longtemps que Didier Deschamps sera en place. Le chantage à la sextape sur Mathieu Valbuena, c'était en octobre 2015. Date du dernier match en Bleu de Benzema, un amical contre l'Arménie, une victoire facile 4-0 avec deux buts et un assist de la forte tête. Benzema n'était donc pas dans la liste des 23 dévoilée par DD sur le plateau du 20 Heures de TF1, ça n'a étonné personne. Ça fait toujours parler et jaser en France, ça oui. Le coach - un peu agacé - s'est fait bref sur le sujet : " Vous me posez encore des questions sur Benzema, ça fait deux ans que je vous réponds la même chose. J'ai fait confiance entre-temps à des joueurs qui ont répondu à ma confiance, je place le groupe au-dessus de tout, je fais des choix pour le bien de l'équipe de France. "
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Pour Karim Benzema, on sait pourquoi ! On sait depuis longtemps que son sort chez les Bleus est réglé aussi longtemps que Didier Deschamps sera en place. Le chantage à la sextape sur Mathieu Valbuena, c'était en octobre 2015. Date du dernier match en Bleu de Benzema, un amical contre l'Arménie, une victoire facile 4-0 avec deux buts et un assist de la forte tête. Benzema n'était donc pas dans la liste des 23 dévoilée par DD sur le plateau du 20 Heures de TF1, ça n'a étonné personne. Ça fait toujours parler et jaser en France, ça oui. Le coach - un peu agacé - s'est fait bref sur le sujet : " Vous me posez encore des questions sur Benzema, ça fait deux ans que je vous réponds la même chose. J'ai fait confiance entre-temps à des joueurs qui ont répondu à ma confiance, je place le groupe au-dessus de tout, je fais des choix pour le bien de l'équipe de France. " Mais l'attaquant du Real est loin d'être le seul grand absent de la liste de DD. Des cas Radja Nainggolan, nos voisins en ont beaucoup. Rien qu'en attaque, ils se bousculent. Et la liste française des offensifs exclus fourmille de très grands noms, de joueurs actifs dans les meilleurs clubs européens. Avec des statistiques dingues sur la saison 2017-2018. On dénombre huit stars qui n'auraient pas dénoté dans la sélection des Bleus en Russie. Huit stars qui, ensemble, ont planté 96 buts depuis un an en Espagne, en France, en Angleterre et en Allemagne... Ces stars ont, accessoirement, distillé 73 assists. Délits de sales gueules ? Incompatibilités d'humeurs ? Suicide sportif ? L'explication est sportive, oui. Mais il n'est pas question de suicide du sélectionneur. La vérité, c'est que Didier Deschamps peut puiser dans un réservoir offensif peut-être jamais vu en France. Parce que les attaquants qu'il a pris en Russie ont eux aussi affolé les compteurs en 2017-2018. En France, en Angleterre, en Espagne. " Je n'emmènerai pas forcément les 23 meilleurs footballeurs français du moment à la Coupe du Monde. Je sais très bien que certains qui mériteraient d'y aller, ne figureront pas dans ma liste. Je dois rechercher un équilibre de groupe. " Didier Deschamps avait prévenu, quelques jours avant d'annoncer ses 23. Il avait aussi avancé, une nouvelle fois, l'importance des aspects humains à ses yeux : " Les qualités footballistiques sont essentielles mais l'aspect social et l'état d'esprit sont aussi très importants. " Au bout du compte, il a composé une sélection peu expérimentée. Neuf des 23 joueurs comptaient moins de dix sélections au moment de l'annonce. La moyenne d'âge est en dessous de 26 ans. Et surtout, il a fortement renouvelé le noyau qui est arrivé en finale de l'EURO, il y a deux ans. Il n'a conservé que neuf têtes de l'aventure de 2016. Les Bleus entament leur tournoi dès ce samedi, face à l'Australie. Et on les voit très mal ne pas sortir d'une poule où il y a aussi le Danemark et le Pérou. Analyse de leur puissance offensive. Florian Thauvin à la Coupe du Monde avec les vice-champions d'Europe... Une sélection qui ne s'explique pas par son parcours et ses statistiques en équipe de France. Au moment de l'annonce de la sélection, il totalisait... 23 minutes de jeu, réparties en trois matches. Et pas un but. Alors, pourquoi l'avoir préféré à des stars mondiales ? C'est dû à sa saison de malade avec Marseille. " Si, aujourd'hui, certains disent que Thauvin ne mérite pas sa sélection, regardez en termes de statistiques ", a lâché Deschamps. " Je n'ai pas fait un pari. Chacun a son analyse, mais les buts et les passes décisives, il faut les faire. " Thauvin joue seulement à Marseille mais il a scoré 28 fois et donné 18 assists, ce qui lui a valu d'être en concurrence avec les Parisiens Neymar, Kylian Mbappé et Edinson Cavani pour le trophée de meilleur joueur de Ligue 1. Les stats de Nabil Fekir en équipe de France sont à peine meilleures que celles de Thauvin. Au moment de son éclosion, il avait le choix entre la France et l'Algérie. Il a choisi la France. Puis il a pris un coup sur la tête quand, tout juste revenu de blessure, il n'a pas sélectionné pour l'EURO. Mais pendant toute la dernière saison, il a porté l'équipe de Lyon. La presse française le qualifie de " doublure naturelle d'Antoine Griezmann" et n'a pas grogné en apprenant sa sélection pour la Russie. Autre attaquant qui ne doit pas sa présence en Russie à ses stats en équipe de France : Thomas Lemar. Il a commencé la saison en boulet de canon avec Monaco, avant de connaître un gros creux. Pardonné par Didier Deschamps : " Tu ne peux pas être performant pendant dix mois sans interruption. " Le coach lui a maintenu publiquement sa confiance quand il ramait dans son club et n'a clairement pas oublié les deux buts inscrits par Lemar dans un match capital pour la qualification à la Coupe du Monde : 4-0 face aux Pays-Bas. La place d' Ousmane Dembélé dans le groupe n'était pas non plus acquise d'avance. Sa première saison à Barcelone a été parasitée par des blessures. Il n'a par exemple pratiquement pas joué en Ligue des Champions. Mais il est revenu dans le coup au meilleur moment, à l'approche de la fin de la saison. Lui aussi doit encore prouver qu'il peut devenir un buteur des Bleus. À côté de ces joueurs, il y a les attaquants qui étaient assurés de figurer dans le noyau pour la Coupe du Monde. Kylian Mbappé avait un poids énorme sur les épaules pour sa première saison à Paris, vu l'emballement médiatique autour de son transfert et le montant déboursé par les Qataris. Il a parfaitement assumé en étant l'un des piliers du nouveau titre. Et même s'il a, lui aussi, une production assez limitée en équipe nationale jusqu'à présent, sa sélection n'a jamais été mise en question. Il joue pratiquement tout depuis que les Bleus se sont qualifiés et Deschamps explique pourquoi : " À Monaco, il s'est révélé en pointe. Là-bas, il a aussi été intéressant en jouant à gauche. Je l'ai utilisé à droite contre l'Allemagne et il a été très bon. C'est simple : il peut jouer à tous les postes offensifs, il est bon partout. " Olivier Giroud a connu une saison faite de hauts et de bas en Premier League mais il reste une machine à marquer pour les Bleus. Depuis ses débuts en 2011, il n'est pas loin d'une moyenne d'un but tous les deux matches. Mais Giroud, c'est un peu le Romelu Lukaku français : il ne fait jamais l'unanimité sur ses matches en sélection. Il vient pourtant d'égaler le nombre de buts inscrits par Zinédine Zidane et il n'y a plus, devant lui, que trois joueurs qui ont fait mieux : Thierry Henry, Michel Platini et David Trezeguet, qu'il devrait dépasser lors des prochains matches. Deschamps le défend face aux sceptiques : " Il n'a pas les qualités spécifiques que d'autres attaquants peuvent avoir mais il est là pour être efficace, et il est efficace. Il est trop souvent injustement critiqué. " Et puis il y a la tête de gondole de l'attaque française : Antoine Griezmann. À nouveau une saison pleine avec l'Atlético Madrid (29 buts et 15 assists, avec un doublé en finale de l'Europa League) et une vraie efficacité, aussi, en équipe de France. Son premier tournoi, il y a quatre ans au Brésil, n'a pas été une réussite. Il n'a pas marqué une seule fois. Mais son deuxième, l'EURO 2016, a été remarquable avec six buts et deux assists. C'est lui qui a qualifié les Français pour la finale en inscrivant les deux buts en demi contre l'Allemagne. Griezmann a débarqué en Russie avec la tête encombrée par son avenir en club. Il pourrait aller à Barcelone et l'Atlético souhaite le conserver. Il a sollicité l'avis du sélectionneur, qui lui a conseillé de rester à Madrid. Le raisonnement de DD : " Au Barça, tu serais une star parmi les stars, alors qu'à l'Atlético, tu es la star. " Dans un cas comme dans l'autre, ce fils de pub monnayera parfaitement ses performances des dernières saisons : son contrat tournera autour des 20 millions par saison. Pour Karim Benzema, c'est donc mort avec Deschamps. Il est le premier à espérer une arrivée de Zinédine Zidane à la tête de l'équipe de France. Christophe Dugarry, connu pour ses prises de position tranchées, a descendu le sélectionneur après l'annonce de sa liste pour la Russie. " Il faudra que Deschamps aille très loin en Coupe du Monde. Parce qu'il devra assumer son choix. On prend l'équipe de France en otage et c'est peut-être au détriment de l'intérêt collectif. Quand on a un avant-centre qui remporte quatre fois la Champions League qui ne joue pas en équipe de France parce qu'il a mal parlé de Deschamps... " Autre non-sélection qui fait débat chez nos voisins : Alexandre Lacazette. Il pensait avoir marqué des points en mettant deux buts dans un match amical en Allemagne, en novembre. Ça n'a finalement pas suffi. " Ce match est à mettre à son crédit ", a lâché le sélectionneur. " Mais ça restait un amical. À côté de ça, il y a des moins. Sa non-sélection est une analyse complète par rapport à ce que je l'ai vu faire dans des situations précises. " Ses stats avec Arsenal, à la fois en Premier League et en Europa League, n'ont pas suffi à convaincre DD. Dimitri Payet, l'homme aux 24 assists avec Marseille, est un cas différent. Il a joué la fin de saison sur une jambe, et quand il est sorti en pleurs pendant la finale de l'Europa League contre l'Atlético, il pensait déjà à cette Coupe du Monde qu'il allait probablement louper. Deschamps n'a pas voulu prendre de risque avec ce héros français de l'EURO : " C'était un candidat sérieux mais il y a un risque de récidive. Ce n'est pas sa première blessure musculaire. " Anthony Martial faisait aussi partie du large groupe de sélectionnables mais il paie pour sa deuxième partie de saison difficile à Manchester United, où il a dû vivre dans l'ombre d' Alexis Sanchez. Contre lui aussi, il y a sa production très limitée en équipe de France : un seul but en 18 apparitions. Kingsley Coman est un peu dans le même cas : sa saison avec le Bayern a été mitigée. De plus, il s'est blessé assez gravement à la cheville en février et il n'a retrouvé les terrains qu'au mois de mai. Trop de risques, selon Deschamps. Toujours au Bayern, il y a le cas Franck Ribéry, qui a plusieurs fois clamé son envie de faire son grand retour chez les Bleus. Le coach a été bref sur le sujet : " Je respecte sa décision, mais depuis qu'il est parti, j'ai accordé ma confiance à d'autres joueurs. " Et deux joueurs du championnat d'Espagne partaient de plus loin : Wissam Ben Yedder et Kevin Gameiro. Le premier a scoré 22 fois en 2017-2018 avec Séville et il a été convoqué pour la première fois en mars. Trop court pour faire partie du groupe final. Le second cartonne à l'Atlético, où on loue son association avec Griezmann. Pas assez pour Deschamps, qui n'a jamais vraiment cru en lui malgré des convocations ponctuelles. Appelé pour la première fois en 2010, Gameiro a vu lui filer sous le nez l'EURO 2012, la Coupe du Monde 2014, l'EURO 2016. Et maintenant la Russie, après avoir pourtant participé à une bonne partie de la campagne éliminatoire. Par Pierre Danvoye