Par Pierre Bilic

En y regardant de plus près, on constate que la moyenne d'âge des T1 de l'élite belge flirte avec les 49 ans, 48,5 ans pour être précis. La cinquantaine n'est pas loin. Et aux bouts de la pyramide des âges, il y a deux coaches, deux meneurs d'hommes que tout sépare : Georges Leekens (63 ans) et Yannick Ferrera, riche de l'audace de ses 31 ans. Ils ont justement rendez-vous ce prochain week-end pour un important Charleroi-Club Bruges, premier galop des Zèbres au Mambourg depuis leur retour en D1.

Le Club Bruges a renforcé son équipe grâce à un président, Bart Verhaeghe, qui a des sous pour faire ses courses. Là, on ne doit pas regarder à la dépense et "the sky is the limit". Avec un budget de 30 millions d'euros, ce club vise le titre. Par rapport à cette opulence à la belge, Charleroi est dans la dèche (budget : 6 millions d'euros, cinq fois moins que son prochain visiteur) et fait le tour des "discounters" du football pour dénicher de bonnes affaires, des joueurs indésirables dans leur club ou des inconnus à qui personne n'a pensé. Il n'y a pas de mal à cela, chacun vit avec ses moyens et Charleroi, miné par les interminables remous d'une fin d'époque, celle d'Abbas Bayat, toujours annoncée, jamais confirmée, vise le maintien. A ce niveau-là, Charleroi et le Club Bruges, ce n'est pas la même planète.

On peut aussi parler de différences considérables entre les deux coaches, Leekens et Ferrera. Long Couteau s'habille probablement chez les meilleurs tailleurs brugeois. A Malines, pour la première conférence de presse de sa carrière en D1, Ferrera ressemble à un bon élève du Collège Saint-Michel de Bruxelles mais, attention, il a intrigué et même épaté le jury central des journalistes. Son cursus scolaire est pourtant maigre (coach des jeunes à Anderlecht, assistant à Gand et à Al Shabab, pas de passé de joueur de D1) et tranche par rapport au parcours de Leekens, aussi long qu'un jour d'été en Suède. Ses succès comme joueur ne se comptent pas et il a commencé sa carrière de T1 en 1984 ; Ferrera a alors 4 ans. Bon, et alors ?

Leekens connaît les ficelles du métier mais ne peut plus être considéré comme un innovateur. Il incarne même le corps des entraîneurs belges de D1, bien organisés, bosseurs mais qui sont surtout des héritiers, pas des explorateurs de voies nouvelles, ce n'est pas donné à tout le monde. Il n'y a plus de Goethals, Thys, Happel, Waseige, De Mos ou Ivic, pour ne citer qu'eux, dans le panorama belge. Les temps ont changé, la belle excuse. Passé au révélateur du championnat, le Club Bruges a dominé Waasland-Beveren (3-1) sans convaincre. Rien de frais, rien d'étonnant, le menu habituel.

De leur côté, les Zèbres ont eu rendez-vous avec leur destin, leurs faiblesses et les sarcasmes derrière les anciennes casernes malinoises. Les esprits inattentifs n'ont retenu que le résultat (4-2) alors que les conclusions sont bien plus importantes. A la place de Ferrera, compte tenu de nombreux blessés et des suspendus, 90 % des coaches auraient érigé un Mur de Berlin pour éviter une lourde défaite. Et qu'apprend-on comme cela ? Rien. Audacieux, le plus jeune coach de D1 depuis l'instauration du professionnalisme en 1974 a du poil au menton. Sous le regard complice de son directeur technique, Luka Peruzovic, il a misé sur un jeu technique, groupé, vif avec un brillant Hervé Kagé au violon. Malines a été ennuyé par un style peu commun en D1 avant d'émerger. Malgré la défaite, Charleroi a vaincu ses craintes tout en cernant ses manquements au centre de sa défense et pointe. Papy Leekens doit se méfier de Baby Ferrera : intéressant conflit des générations en vue au Mambourg.

Par Pierre BilicEn y regardant de plus près, on constate que la moyenne d'âge des T1 de l'élite belge flirte avec les 49 ans, 48,5 ans pour être précis. La cinquantaine n'est pas loin. Et aux bouts de la pyramide des âges, il y a deux coaches, deux meneurs d'hommes que tout sépare : Georges Leekens (63 ans) et Yannick Ferrera, riche de l'audace de ses 31 ans. Ils ont justement rendez-vous ce prochain week-end pour un important Charleroi-Club Bruges, premier galop des Zèbres au Mambourg depuis leur retour en D1. Le Club Bruges a renforcé son équipe grâce à un président, Bart Verhaeghe, qui a des sous pour faire ses courses. Là, on ne doit pas regarder à la dépense et "the sky is the limit". Avec un budget de 30 millions d'euros, ce club vise le titre. Par rapport à cette opulence à la belge, Charleroi est dans la dèche (budget : 6 millions d'euros, cinq fois moins que son prochain visiteur) et fait le tour des "discounters" du football pour dénicher de bonnes affaires, des joueurs indésirables dans leur club ou des inconnus à qui personne n'a pensé. Il n'y a pas de mal à cela, chacun vit avec ses moyens et Charleroi, miné par les interminables remous d'une fin d'époque, celle d'Abbas Bayat, toujours annoncée, jamais confirmée, vise le maintien. A ce niveau-là, Charleroi et le Club Bruges, ce n'est pas la même planète. On peut aussi parler de différences considérables entre les deux coaches, Leekens et Ferrera. Long Couteau s'habille probablement chez les meilleurs tailleurs brugeois. A Malines, pour la première conférence de presse de sa carrière en D1, Ferrera ressemble à un bon élève du Collège Saint-Michel de Bruxelles mais, attention, il a intrigué et même épaté le jury central des journalistes. Son cursus scolaire est pourtant maigre (coach des jeunes à Anderlecht, assistant à Gand et à Al Shabab, pas de passé de joueur de D1) et tranche par rapport au parcours de Leekens, aussi long qu'un jour d'été en Suède. Ses succès comme joueur ne se comptent pas et il a commencé sa carrière de T1 en 1984 ; Ferrera a alors 4 ans. Bon, et alors ? Leekens connaît les ficelles du métier mais ne peut plus être considéré comme un innovateur. Il incarne même le corps des entraîneurs belges de D1, bien organisés, bosseurs mais qui sont surtout des héritiers, pas des explorateurs de voies nouvelles, ce n'est pas donné à tout le monde. Il n'y a plus de Goethals, Thys, Happel, Waseige, De Mos ou Ivic, pour ne citer qu'eux, dans le panorama belge. Les temps ont changé, la belle excuse. Passé au révélateur du championnat, le Club Bruges a dominé Waasland-Beveren (3-1) sans convaincre. Rien de frais, rien d'étonnant, le menu habituel. De leur côté, les Zèbres ont eu rendez-vous avec leur destin, leurs faiblesses et les sarcasmes derrière les anciennes casernes malinoises. Les esprits inattentifs n'ont retenu que le résultat (4-2) alors que les conclusions sont bien plus importantes. A la place de Ferrera, compte tenu de nombreux blessés et des suspendus, 90 % des coaches auraient érigé un Mur de Berlin pour éviter une lourde défaite. Et qu'apprend-on comme cela ? Rien. Audacieux, le plus jeune coach de D1 depuis l'instauration du professionnalisme en 1974 a du poil au menton. Sous le regard complice de son directeur technique, Luka Peruzovic, il a misé sur un jeu technique, groupé, vif avec un brillant Hervé Kagé au violon. Malines a été ennuyé par un style peu commun en D1 avant d'émerger. Malgré la défaite, Charleroi a vaincu ses craintes tout en cernant ses manquements au centre de sa défense et pointe. Papy Leekens doit se méfier de Baby Ferrera : intéressant conflit des générations en vue au Mambourg.