Par Frédéric Waseige

Son aura a presque fait de l'ombre à Dieu Messi qui, quelques heures plus tôt, avait reçu son dû. Messi l'Alchimiste, 3e épisode. L'homme qui transforme le cuir en or. Titi, lui, le transforme en bronze. L'homme qui exerce son art devant sa statue. Parait même qu'elle a applaudi. Pas de crainte qu'elle rouille. On se posait la question pour le modèle mais la réponse a giclé. Il a déjà transformé un lundi londonien pluvieux en un jour divin.

Le Prophète quelques heures après l'Alchimiste. Ces mecs font du bien à l'humanité. Paraît même que Khalil Gibran et Paulo Coelho vont réécrire une version moderne de leur chef-d'£uvre avec nos deux footeux comme héros (Hé les jeunes, lisez Le Prophète de Gibran et l'Alchimiste de Coelho, ça fera pas de tort).

En attendant, Henry est un intérimaire du spectacle. Il fait la pige, histoire que tout le monde pige que le talent, c'est dans les gènes. Bon, intérimaire de luxe, certes. Avec la pige en or à 84.000 euros la semaine. Un intérimaire qui, d'un intérieur du pied gagnant, fait un coup de marketing fumant. Car ce retour est aussi une demande de ses sponsors. Deux petits mois sur le marché européen feront le plus grand bien à ses marques. Sûr que le mardi matin après le conte de fées, ils étaient nombreux à s'être... rasés de près pour aller acheter le maillot n°12 du Gunner floqué God.

A côté de cela, il y a tous les autres intermittents du spectacle. Ceux qui ne vendent jamais de maillots parce qu'ils ne sont que de passage dans les clubs qui les louent. Parfois pour une semaine. Et même moins. Comme ce gardien qui est envoyé, le lundi, dans un club de D3. Il s'entraîne le matin et pendant ce temps-là, le titulaire du club qui l'a prêté, se blesse. Le temps d'un plat de roastbeef et il retourne d'où il vient. L'histoire ne dit pas qui a payé sa matinée de travail.

Il y a aussi celui qui s'est blessé lors de son premier entraînement. Il est renvoyé à l'expéditeur pour se faire soigner. Le plus délicieux, c'est que, dès qu'il fut rétabli, il fut reloué par le même club.

Il y a ceux qui traînent les pieds en partant et qui les traînent en revenant. David Stockdale, sous contrat à Fulham, faisait et trouvait enfin son bonheur à Ipswich. Mark Schwarzer le n°1 des Cottagers se blesse et du jour au lendemain, Stockdale se retrouve titulaire en Premier League. Mais en intérim. On ne savoure pas de la même façon quand on sait qu'on est en sursis.

Les histoires sont aussi parfois cocasses. Comme celle d' Andros Townsend. Un de ceux de Leeds qui a défié le Messie le 9 janvier. Tottenham lui signifie le samedi soir à 23 heures qu'il est prêté à Leeds. Il doit être là pour l'entraînement du lendemain matin. Townsend quitte Londres à 6 heures en passant par le centre d'entraînement pour récupérer ses (indispensables) chaussures moulées à son pied. Evidemment, personne à cette heure-là. 36 heures plus tard, il se fait livrer ses chaussures par... taxi. Bien sages sur la banquette arrière, elles sont arrivées deux heures avant son premier match.

Encore heureux que les footballeurs soient des intermittents du spectacle qui n'ont pas de texte à apprendre. Imaginez le comédien qui joue une pièce de Shakespeare le lundi soir et qu'on envoie dans une autre troupe pour y jouer du Tchekhov le mardi. Ça c'est du boulot.

Les footeux, ils parlent avec les pieds. S'ils connaissent leur classique, ça le fera. Même si le scénario et le texte changent à chaque fois. Les mots sont toujours les mêmes mais pas toujours dans le même ordre. Et puis, rien de tel qu'une petite improvisation. C'est souvent ça qui fait la différence.

Par Frédéric WaseigeSon aura a presque fait de l'ombre à Dieu Messi qui, quelques heures plus tôt, avait reçu son dû. Messi l'Alchimiste, 3e épisode. L'homme qui transforme le cuir en or. Titi, lui, le transforme en bronze. L'homme qui exerce son art devant sa statue. Parait même qu'elle a applaudi. Pas de crainte qu'elle rouille. On se posait la question pour le modèle mais la réponse a giclé. Il a déjà transformé un lundi londonien pluvieux en un jour divin. Le Prophète quelques heures après l'Alchimiste. Ces mecs font du bien à l'humanité. Paraît même que Khalil Gibran et Paulo Coelho vont réécrire une version moderne de leur chef-d'£uvre avec nos deux footeux comme héros (Hé les jeunes, lisez Le Prophète de Gibran et l'Alchimiste de Coelho, ça fera pas de tort). En attendant, Henry est un intérimaire du spectacle. Il fait la pige, histoire que tout le monde pige que le talent, c'est dans les gènes. Bon, intérimaire de luxe, certes. Avec la pige en or à 84.000 euros la semaine. Un intérimaire qui, d'un intérieur du pied gagnant, fait un coup de marketing fumant. Car ce retour est aussi une demande de ses sponsors. Deux petits mois sur le marché européen feront le plus grand bien à ses marques. Sûr que le mardi matin après le conte de fées, ils étaient nombreux à s'être... rasés de près pour aller acheter le maillot n°12 du Gunner floqué God. A côté de cela, il y a tous les autres intermittents du spectacle. Ceux qui ne vendent jamais de maillots parce qu'ils ne sont que de passage dans les clubs qui les louent. Parfois pour une semaine. Et même moins. Comme ce gardien qui est envoyé, le lundi, dans un club de D3. Il s'entraîne le matin et pendant ce temps-là, le titulaire du club qui l'a prêté, se blesse. Le temps d'un plat de roastbeef et il retourne d'où il vient. L'histoire ne dit pas qui a payé sa matinée de travail. Il y a aussi celui qui s'est blessé lors de son premier entraînement. Il est renvoyé à l'expéditeur pour se faire soigner. Le plus délicieux, c'est que, dès qu'il fut rétabli, il fut reloué par le même club. Il y a ceux qui traînent les pieds en partant et qui les traînent en revenant. David Stockdale, sous contrat à Fulham, faisait et trouvait enfin son bonheur à Ipswich. Mark Schwarzer le n°1 des Cottagers se blesse et du jour au lendemain, Stockdale se retrouve titulaire en Premier League. Mais en intérim. On ne savoure pas de la même façon quand on sait qu'on est en sursis. Les histoires sont aussi parfois cocasses. Comme celle d' Andros Townsend. Un de ceux de Leeds qui a défié le Messie le 9 janvier. Tottenham lui signifie le samedi soir à 23 heures qu'il est prêté à Leeds. Il doit être là pour l'entraînement du lendemain matin. Townsend quitte Londres à 6 heures en passant par le centre d'entraînement pour récupérer ses (indispensables) chaussures moulées à son pied. Evidemment, personne à cette heure-là. 36 heures plus tard, il se fait livrer ses chaussures par... taxi. Bien sages sur la banquette arrière, elles sont arrivées deux heures avant son premier match. Encore heureux que les footballeurs soient des intermittents du spectacle qui n'ont pas de texte à apprendre. Imaginez le comédien qui joue une pièce de Shakespeare le lundi soir et qu'on envoie dans une autre troupe pour y jouer du Tchekhov le mardi. Ça c'est du boulot. Les footeux, ils parlent avec les pieds. S'ils connaissent leur classique, ça le fera. Même si le scénario et le texte changent à chaque fois. Les mots sont toujours les mêmes mais pas toujours dans le même ordre. Et puis, rien de tel qu'une petite improvisation. C'est souvent ça qui fait la différence.