A 32 ans, Emile Mpenza a décidé de s'exporter. Loin, très loin de la Belgique. En Azerbaïdjan. De là-bas, il nous livre son ressentiment sur son avenir chez les Diables Rouges: on le sent déçu par rapport à cela, mais il assume aussi ses choix personnels. Et à la veille des matches capitaux des Diables face au Kazakhstan et à l'Autriche, il se prête au jeu de l'analyse: pour lui, la Belgique a du potentiel. Pour lui, rien n'est encore perdu.

En signant à Bakou, vous signez la fin de votre carrière de Diable Rouge?
Je me rends compte que je m'éloigne des centres d'intérêt belges. Depuis le départ de Dick Advocaat, je n'ai plus été sélectionné... Je me suis dit que cela sentait la fin en équipe nationale. Je reste sur deux bons matches et je me contente de cela. Après, si on a encore besoin de moi, même si je joue à Bakou, je répondrai volontiers présent. Mais ce n'est pas mon objectif premier.

Dans votre tête, vous avez tiré un trait sur l'équipe nationale?
On va dire ça comme ça.

Vous sentiez, lorsqu'Advocaat est parti, que vous ne seriez plus sélectionné?
Oui, j'avais cette perception. Je ne vais pas dire que les entraîneurs belges ont des préjugés mais un sélectionneur étranger va sans doute s'en tenir aux performances du terrain.

Pourtant, son successeur, Georges Leekens, vous connaît bien. C'est lui qui vous avait lancé à Mouscron, lui qui vous avait retenu en équipe nationale...
Moi, je veux qu'il me prenne pour mes performances et en fonction de mes qualités, pas parce qu'on s'est côtoyé à Mouscron. Sinon, cela risque de se retourner contre moi. Tout le monde pensait qu'il allait me sélectionner pour son premier match amical. C'est mieux de ne pas l'avoir fait.

Leekens est-il l'homme de la situation?
L'Union belge devait se remettre du départ d'Advocaat. Il fallait prendre une décision, à tête reposée et, dans cette optique, c'est un bon choix. Peut-être la Fédération a-t-elle eu peur de prendre un coach étranger et de revivre la même expérience qu'avec le Hollandais.

Que pensez-vous des Diables?
L'équipe est fort jeune. Elle doit encore se reposer sur quelques anciens comme Daniel Van Buyten, même si on lui en veut d'avoir commis une erreur contre l'Allemagne. C'est lui qui a le plus de potentiel pour guider cette équipe mais il faut lui montrer qu'on a confiance en lui.

Vous lui avez parlé après l'Allemagne?
J'étais triste pour lui. Je connais cette situation où ce n'est pas très drôle de lire et d'entendre ce que les médias disent de toi. La naissance de sa petite fille l'a beaucoup aidé. Il a vu qu'il y avait des valeurs plus fortes que de prêter attention à ce qu'on dit de soi.

Vous parlez du rôle des anciens dans cette équipe. Ne pouvez-vous pas tenir ce rôle alors qu'on parle d'un retour de Wesley Sonck après celui de Timmy Simons?
La différence, c'est que moi je suis ici et que Wesley joue en Belgique. On lui donnera plus de crédit et recevra davantage sa chance.

Et cette donne n'a pas joué dans votre choix de club: en optant pour la Belgique, vous seriez peut-être en équipe nationale...
Le fait de ne plus être sélectionné après le départ d'Advocaat m'a décidé à venir ici. Je restais sur une belle prestation contre la Turquie et je ne voyais pas pourquoi je ne rentrais plus dans les plans du sélectionneur. On a dit "place aux jeunes" mais je voyais qu'on rappelait les vieux. Cela m'a déçu.

On parle de génération dorée. Qu'en pensez-vous?
Elle est... dorée comme vous dites. Moi, je n'ai pas connu cela. A mon époque, j'avais dû jouer une saison complète avant de rejoindre les Diables. Maintenant, deux bons matches suffisent à rejoindre l'équipe nationale.

Mais cela faisait longtemps qu'on n'avait plus autant de jeunes joueurs à l'étranger...
Ils doivent maintenant prouver leur valeur sur le terrain. Ils sont dans des grands clubs internationaux. A l'époque, en 1998, ce n'était pas le fait de jouer à l'étranger qui faisait la différence mais la hargne, le caractère, le groupe. Il faut retrouver cela: il faut que ces jeunes apprennent à jouer ensemble. Jouer dans un grand club international ne doit pas suffire. Si ces jeunes ne prouvent pas leur valeur sur le terrain, on aura parlé trop vite de génération dorée.

Quel est le plus gros potentiel de cette équipe?
Eden Hazard. Il développe un football pur et classique. En Belgique, cela doit être unique d'avoir un joueur avec cette facilité et cette souplesse, balle au pied. Seul peut-être Enzo Scifo rivalise de talent.

Et la plus forte personnalité?
Jan Vertonghen. Il peut un jour porter l'équipe nationale. Il a une grosse mentalité.

Que pensez-vous du départ d'Advocaat?
C'est triste et dommage. Il a fait bouger énormément de personnes à l'Union belge. Durant le peu de temps que je l'ai côtoyé, j'avais perçu un grand changement au sein du groupe. Il y avait une autre mentalité. Je n'ai toujours pas compris pourquoi il est parti. C'est une décision personnelle.

Avez-vous encore le niveau pour cette équipe?
Si on s'entraîne bien, les qualités ne partent pas du jour au lendemain. Je me sens aussi fort qu'il y a un an. Je m'entraîne de la même façon. Je ne suis pas venu à Bakou pour me la jouer star.

Avez-vous vu les matches contre l'Allemagne et la Turquie?
Pas en direct mais en rediffusion. Contre l'Allemagne, il n'a pas manqué grand-chose et contre la Turquie, sans l'exclusion, on peut revenir avec un point.

Peut-on encore se qualifier?
Si on garde le même état d'esprit et qu'on prend des points, oui.

Stéphane Vande Velde

A 32 ans, Emile Mpenza a décidé de s'exporter. Loin, très loin de la Belgique. En Azerbaïdjan. De là-bas, il nous livre son ressentiment sur son avenir chez les Diables Rouges: on le sent déçu par rapport à cela, mais il assume aussi ses choix personnels. Et à la veille des matches capitaux des Diables face au Kazakhstan et à l'Autriche, il se prête au jeu de l'analyse: pour lui, la Belgique a du potentiel. Pour lui, rien n'est encore perdu.En signant à Bakou, vous signez la fin de votre carrière de Diable Rouge? Je me rends compte que je m'éloigne des centres d'intérêt belges. Depuis le départ de Dick Advocaat, je n'ai plus été sélectionné... Je me suis dit que cela sentait la fin en équipe nationale. Je reste sur deux bons matches et je me contente de cela. Après, si on a encore besoin de moi, même si je joue à Bakou, je répondrai volontiers présent. Mais ce n'est pas mon objectif premier. Dans votre tête, vous avez tiré un trait sur l'équipe nationale? On va dire ça comme ça. Vous sentiez, lorsqu'Advocaat est parti, que vous ne seriez plus sélectionné? Oui, j'avais cette perception. Je ne vais pas dire que les entraîneurs belges ont des préjugés mais un sélectionneur étranger va sans doute s'en tenir aux performances du terrain. Pourtant, son successeur, Georges Leekens, vous connaît bien. C'est lui qui vous avait lancé à Mouscron, lui qui vous avait retenu en équipe nationale... Moi, je veux qu'il me prenne pour mes performances et en fonction de mes qualités, pas parce qu'on s'est côtoyé à Mouscron. Sinon, cela risque de se retourner contre moi. Tout le monde pensait qu'il allait me sélectionner pour son premier match amical. C'est mieux de ne pas l'avoir fait. Leekens est-il l'homme de la situation? L'Union belge devait se remettre du départ d'Advocaat. Il fallait prendre une décision, à tête reposée et, dans cette optique, c'est un bon choix. Peut-être la Fédération a-t-elle eu peur de prendre un coach étranger et de revivre la même expérience qu'avec le Hollandais. Que pensez-vous des Diables? L'équipe est fort jeune. Elle doit encore se reposer sur quelques anciens comme Daniel Van Buyten, même si on lui en veut d'avoir commis une erreur contre l'Allemagne. C'est lui qui a le plus de potentiel pour guider cette équipe mais il faut lui montrer qu'on a confiance en lui. Vous lui avez parlé après l'Allemagne? J'étais triste pour lui. Je connais cette situation où ce n'est pas très drôle de lire et d'entendre ce que les médias disent de toi. La naissance de sa petite fille l'a beaucoup aidé. Il a vu qu'il y avait des valeurs plus fortes que de prêter attention à ce qu'on dit de soi. Vous parlez du rôle des anciens dans cette équipe. Ne pouvez-vous pas tenir ce rôle alors qu'on parle d'un retour de Wesley Sonck après celui de Timmy Simons? La différence, c'est que moi je suis ici et que Wesley joue en Belgique. On lui donnera plus de crédit et recevra davantage sa chance. Et cette donne n'a pas joué dans votre choix de club: en optant pour la Belgique, vous seriez peut-être en équipe nationale... Le fait de ne plus être sélectionné après le départ d'Advocaat m'a décidé à venir ici. Je restais sur une belle prestation contre la Turquie et je ne voyais pas pourquoi je ne rentrais plus dans les plans du sélectionneur. On a dit "place aux jeunes" mais je voyais qu'on rappelait les vieux. Cela m'a déçu. On parle de génération dorée. Qu'en pensez-vous? Elle est... dorée comme vous dites. Moi, je n'ai pas connu cela. A mon époque, j'avais dû jouer une saison complète avant de rejoindre les Diables. Maintenant, deux bons matches suffisent à rejoindre l'équipe nationale. Mais cela faisait longtemps qu'on n'avait plus autant de jeunes joueurs à l'étranger... Ils doivent maintenant prouver leur valeur sur le terrain. Ils sont dans des grands clubs internationaux. A l'époque, en 1998, ce n'était pas le fait de jouer à l'étranger qui faisait la différence mais la hargne, le caractère, le groupe. Il faut retrouver cela: il faut que ces jeunes apprennent à jouer ensemble. Jouer dans un grand club international ne doit pas suffire. Si ces jeunes ne prouvent pas leur valeur sur le terrain, on aura parlé trop vite de génération dorée. Quel est le plus gros potentiel de cette équipe? Eden Hazard. Il développe un football pur et classique. En Belgique, cela doit être unique d'avoir un joueur avec cette facilité et cette souplesse, balle au pied. Seul peut-être Enzo Scifo rivalise de talent. Et la plus forte personnalité? Jan Vertonghen. Il peut un jour porter l'équipe nationale. Il a une grosse mentalité. Que pensez-vous du départ d'Advocaat? C'est triste et dommage. Il a fait bouger énormément de personnes à l'Union belge. Durant le peu de temps que je l'ai côtoyé, j'avais perçu un grand changement au sein du groupe. Il y avait une autre mentalité. Je n'ai toujours pas compris pourquoi il est parti. C'est une décision personnelle. Avez-vous encore le niveau pour cette équipe? Si on s'entraîne bien, les qualités ne partent pas du jour au lendemain. Je me sens aussi fort qu'il y a un an. Je m'entraîne de la même façon. Je ne suis pas venu à Bakou pour me la jouer star. Avez-vous vu les matches contre l'Allemagne et la Turquie? Pas en direct mais en rediffusion. Contre l'Allemagne, il n'a pas manqué grand-chose et contre la Turquie, sans l'exclusion, on peut revenir avec un point. Peut-on encore se qualifier? Si on garde le même état d'esprit et qu'on prend des points, oui. Stéphane Vande Velde