Un observateur averti du foot égyptien, proche d'Al Ahly et de l'équipe nationale, contacté par nos soins la semaine dernière émettait déjà des réserves sur les chances d'Emad Meteb au Standard.

Genou en compote?

"Il s'est amoché les ligaments en avril 2009, quand il était en Arabie Saoudite. Il est resté six mois sans jouer. Il a refait quelques matches avec Al Ahly et l'équipe nationale après sa convalescence mais on n'a pas encore revu le même joueur. Personne ne peut garantir qu'il a récupéré à 100%. Des clubs anglais de D2 se sont renseignés mais ont laissé tomber après avoir appris qu'il avait été opéré. Si on additionne sa blessure et les derniers mois où il n'a plus rien fait, on peut imaginer qu'il ne soit pas un vrai renfort pour le Standard avant un bon moment. Depuis le mois de mai, il n'a plus pensé à l'entraînement, seulement à son avenir. Il s'est contenté d'un peu d'entretien." Nader El-Sayed est moins pessimiste: "Il a de nouveau marqué avec son club et avec l'Egypte après son retour de blessure. Je n'ai pas l'impression qu'il soit diminué."

Aucun effort?

"Meteb se poste devant et ne mouillera jamais son maillot pour redescendre. Son apport défensif est proche de zéro. Il presse sur deux ou trois mètres pour la forme, puis il laisse tomber. Tout le jeu d'Al Ahly était basé sur lui, sur ses qualités spécifiques de buteur. Comme le PSG l'a fait pendant des années avec Pauleta. Les scouts des plus grands clubs l'ont vu avec l'Egypte, tout le monde savait qu'il était libre cet été mais il n'a pas reçu d'offres dans un championnat de haut niveau. A part le Standard, les seuls clubs qui le voulaient vraiment sont au Qatar ou en Arabie Saoudite. Son agent n'arrête pas de parler d'intérêts divers en Angleterre mais ce type n'est qu'un comique.

Dominique D'Onofrio le compare à Nenad Jestrovic: c'est bien vu, ils ont la même mentalité slave, nonchalante. Meteb marquait énormément à Al Ahly mais il n'avait que des internationaux autour de lui. Car Al Ahly, c'est pour ainsi dire l'équipe égyptienne. Est-ce qu'il sera aussi bien alimenté en Belgique?"

Service militaire, problème de visa: intox?

Après avoir signé au Standard, Meteb est resté bloqué plusieurs jours en Egypte et n'est revenu à Liège qu'en début de semaine passée. On a évoqué des problèmes de visa et son appel sous les drapeaux. A Al Ahly, on nous dit qu'il y a effectivement eu un problème avec l'armée mais que ça s'est arrangé. El-Sayed: "Une invention des journaux. Meteb m'a confirmé qu'il n'avait jamais eu de souci à ce niveau-là". Notre observateur: "Evidemment qu'il n'y avait pas de problème de service militaire. Et pas non plus de difficulté pour obtenir son visa. Comment peut-on croire ça? Meteb a fait le tour du monde, il a reçu sans problème un visa pour aller se faire opérer en Allemagne. Et on l'empêcherait d'aller en Belgique? N'importe quoi. Aucun international égyptien n'a jamais eu de problème pour obtenir un visa.

La vraie explication, c'est que Meteb continuait à négocier un nouveau contrat avec Al Ahly. Il a fait le forcing jusqu'au dernier moment. Il demandait un million de dollars pour deux ans et Al Ahly explorait toutes les solutions pour le conserver mais n'a jamais trouvé l'argent. Le club et le joueur savaient que tout restait possible car si Meteb avait signé au Standard, il n'avait pas encore passé la visite médicale et elle était indispensable pour que le contrat devienne officiel. Donc, Meteb pouvait encore se rétracter et prolonger à Al Ahly."

Une mentalité difficile?

"Tu peux façonner un Egyptien de 20 ans mais c'est beaucoup plus compliqué avec un gars de 27 ans. Il a tout connu chez lui et il doit subitement se reconstruire en Europe où tout est si différent. Il a froid, il prie cinq fois par jour dans une région du monde où ce n'est pas toujours bien accepté, il n'est pas reconnu directement, il peut irriter le vestiaire par son mode de vie. Il risque toujours de péter un câble pour un oui, pour un non. Un Africain d'un niveau pareil ne se reconvertit pas subitement en Européen."

Stratégie de marchandage?

Selon Inas Mahar, journaliste au quotidien égyptien Al Ahram, "aujourd'hui, tout le monde se perd en conjectures sur les raisons du retour de Meteb au pays. Personnellement, je crois qu'il a voulu se servir du Standard pour obtenir un nouveau contrat plus avantageux chez son employeur égyptien. Dans la mesure où ses dirigeants se sont montrés intraitables, en dépit de longues tractations, il a finalement fini par céder aux arguments des Liégeois, sans savoir vraiment à quoi s'en tenir chez eux. J'ai l'impression que tant sportivement que financièrement, il a été quelque peu déçu par ce qu'il a découvert en Belgique. On prétend en tout cas qu'il a été surpris par la différence entre ce qu'on lui proposait et ce qui allait lui rester en mains, une fois les taxes déduites. Du coup, il s'est sans doute ravisé et je pense, comme beaucoup de personnes ici, qu'il veut faire le forcing pour réintégrer Al Ahly. Bien sûr, il s'expose à des difficultés puisqu'il a signé un contrat de deux ans chez vous".

Le journaliste poursuit: "Mais, d'après certaines rumeurs, il estime que c'est le prix à payer par Al Ahly s'il veut le récupérer. En principe, le club devrait payer un dédommagement à hauteur du contrat de deux ans signé par Emad Meteb au Standard. Sans compter que la FIFA peut sanctionner le joueur aussi pendant une durée de quatre mois s'il signe un nouvel accord avec Al Ahly, après avoir déjà paraphé un bail au Standard. S'il est suspendu, cela ne devrait toutefois pas trop le gêner car il n'avait pas terminé le championnat, pour cause de problèmes au dos. J'ai cru comprendre qu'il n'était toujours pas rétabli et que sa revalidation pourrait durer jusqu'en octobre au moins".

Et que fera le club égyption, alors? "Pour l'heure, les réunions se multiplient là-bas sans que rien ne filtre. Une chose est sûre: le club risque de payer cher s'il veut effectivement récupérer son joueur. Beaucoup plus cher, en tout cas, que s'il lui avait proposé un nouvel accord. Certains responsables la trouvent saumâtre mais d'autres estiment qu'un Emad Meteb rétabli reste d'une valeur inestimable pour le club. Il faut voir à présent quelle tendance l'emportera. Mais une chose me paraît d'ores et déjà claire: Emad Meteb ne retournera pas de sitôt au Standard".

Pierre Danvoye et Bruno Govers

Un observateur averti du foot égyptien, proche d'Al Ahly et de l'équipe nationale, contacté par nos soins la semaine dernière émettait déjà des réserves sur les chances d'Emad Meteb au Standard. Genou en compote?"Il s'est amoché les ligaments en avril 2009, quand il était en Arabie Saoudite. Il est resté six mois sans jouer. Il a refait quelques matches avec Al Ahly et l'équipe nationale après sa convalescence mais on n'a pas encore revu le même joueur. Personne ne peut garantir qu'il a récupéré à 100%. Des clubs anglais de D2 se sont renseignés mais ont laissé tomber après avoir appris qu'il avait été opéré. Si on additionne sa blessure et les derniers mois où il n'a plus rien fait, on peut imaginer qu'il ne soit pas un vrai renfort pour le Standard avant un bon moment. Depuis le mois de mai, il n'a plus pensé à l'entraînement, seulement à son avenir. Il s'est contenté d'un peu d'entretien." Nader El-Sayed est moins pessimiste: "Il a de nouveau marqué avec son club et avec l'Egypte après son retour de blessure. Je n'ai pas l'impression qu'il soit diminué."Aucun effort?"Meteb se poste devant et ne mouillera jamais son maillot pour redescendre. Son apport défensif est proche de zéro. Il presse sur deux ou trois mètres pour la forme, puis il laisse tomber. Tout le jeu d'Al Ahly était basé sur lui, sur ses qualités spécifiques de buteur. Comme le PSG l'a fait pendant des années avec Pauleta. Les scouts des plus grands clubs l'ont vu avec l'Egypte, tout le monde savait qu'il était libre cet été mais il n'a pas reçu d'offres dans un championnat de haut niveau. A part le Standard, les seuls clubs qui le voulaient vraiment sont au Qatar ou en Arabie Saoudite. Son agent n'arrête pas de parler d'intérêts divers en Angleterre mais ce type n'est qu'un comique. Dominique D'Onofrio le compare à Nenad Jestrovic: c'est bien vu, ils ont la même mentalité slave, nonchalante. Meteb marquait énormément à Al Ahly mais il n'avait que des internationaux autour de lui. Car Al Ahly, c'est pour ainsi dire l'équipe égyptienne. Est-ce qu'il sera aussi bien alimenté en Belgique?"Service militaire, problème de visa: intox?Après avoir signé au Standard, Meteb est resté bloqué plusieurs jours en Egypte et n'est revenu à Liège qu'en début de semaine passée. On a évoqué des problèmes de visa et son appel sous les drapeaux. A Al Ahly, on nous dit qu'il y a effectivement eu un problème avec l'armée mais que ça s'est arrangé. El-Sayed: "Une invention des journaux. Meteb m'a confirmé qu'il n'avait jamais eu de souci à ce niveau-là". Notre observateur: "Evidemment qu'il n'y avait pas de problème de service militaire. Et pas non plus de difficulté pour obtenir son visa. Comment peut-on croire ça? Meteb a fait le tour du monde, il a reçu sans problème un visa pour aller se faire opérer en Allemagne. Et on l'empêcherait d'aller en Belgique? N'importe quoi. Aucun international égyptien n'a jamais eu de problème pour obtenir un visa. La vraie explication, c'est que Meteb continuait à négocier un nouveau contrat avec Al Ahly. Il a fait le forcing jusqu'au dernier moment. Il demandait un million de dollars pour deux ans et Al Ahly explorait toutes les solutions pour le conserver mais n'a jamais trouvé l'argent. Le club et le joueur savaient que tout restait possible car si Meteb avait signé au Standard, il n'avait pas encore passé la visite médicale et elle était indispensable pour que le contrat devienne officiel. Donc, Meteb pouvait encore se rétracter et prolonger à Al Ahly."Une mentalité difficile?"Tu peux façonner un Egyptien de 20 ans mais c'est beaucoup plus compliqué avec un gars de 27 ans. Il a tout connu chez lui et il doit subitement se reconstruire en Europe où tout est si différent. Il a froid, il prie cinq fois par jour dans une région du monde où ce n'est pas toujours bien accepté, il n'est pas reconnu directement, il peut irriter le vestiaire par son mode de vie. Il risque toujours de péter un câble pour un oui, pour un non. Un Africain d'un niveau pareil ne se reconvertit pas subitement en Européen."Stratégie de marchandage?Selon Inas Mahar, journaliste au quotidien égyptien Al Ahram, "aujourd'hui, tout le monde se perd en conjectures sur les raisons du retour de Meteb au pays. Personnellement, je crois qu'il a voulu se servir du Standard pour obtenir un nouveau contrat plus avantageux chez son employeur égyptien. Dans la mesure où ses dirigeants se sont montrés intraitables, en dépit de longues tractations, il a finalement fini par céder aux arguments des Liégeois, sans savoir vraiment à quoi s'en tenir chez eux. J'ai l'impression que tant sportivement que financièrement, il a été quelque peu déçu par ce qu'il a découvert en Belgique. On prétend en tout cas qu'il a été surpris par la différence entre ce qu'on lui proposait et ce qui allait lui rester en mains, une fois les taxes déduites. Du coup, il s'est sans doute ravisé et je pense, comme beaucoup de personnes ici, qu'il veut faire le forcing pour réintégrer Al Ahly. Bien sûr, il s'expose à des difficultés puisqu'il a signé un contrat de deux ans chez vous". Le journaliste poursuit: "Mais, d'après certaines rumeurs, il estime que c'est le prix à payer par Al Ahly s'il veut le récupérer. En principe, le club devrait payer un dédommagement à hauteur du contrat de deux ans signé par Emad Meteb au Standard. Sans compter que la FIFA peut sanctionner le joueur aussi pendant une durée de quatre mois s'il signe un nouvel accord avec Al Ahly, après avoir déjà paraphé un bail au Standard. S'il est suspendu, cela ne devrait toutefois pas trop le gêner car il n'avait pas terminé le championnat, pour cause de problèmes au dos. J'ai cru comprendre qu'il n'était toujours pas rétabli et que sa revalidation pourrait durer jusqu'en octobre au moins". Et que fera le club égyption, alors? "Pour l'heure, les réunions se multiplient là-bas sans que rien ne filtre. Une chose est sûre: le club risque de payer cher s'il veut effectivement récupérer son joueur. Beaucoup plus cher, en tout cas, que s'il lui avait proposé un nouvel accord. Certains responsables la trouvent saumâtre mais d'autres estiment qu'un Emad Meteb rétabli reste d'une valeur inestimable pour le club. Il faut voir à présent quelle tendance l'emportera. Mais une chose me paraît d'ores et déjà claire: Emad Meteb ne retournera pas de sitôt au Standard". Pierre Danvoye et Bruno Govers