Inas Mazhar est la First Lady du football égyptien. Journaliste à Al Ahram, elle constitue une référence et est la seule femme du jury appelé à désigner chaque année le Ballon d'Or de la FIFA. Chargée de couvrir les deux grands clubs de la capitale, Al Ahly et Zamalek, elle suit également l'actualité des Pharaons.

"Les gens auraient aimé que les footballeurs les plus emblématiques s'associent au soulèvement populaire. Mais aucun ne s'est montré ou n'a osé prendre position. Seul l'international Mohamed Abou Treika a révélé qu'il s'était mêlé, déguisé, à la masse sur la place Tahrir. Connaissant le bonhomme, avide de publicité, je ne le crois pas un seul instant. Au même titre que ses coéquipiers en équipe nationale, il a toujours joui des largesses du régime et du clan Moubarak en particulier. Les fils du président, surtout, ont toujours été très influents. Au moment de la prise de bec entre Mido et le sélectionneur Hassan Shehata, lors de la demi-finale de la CAN 2006 face au Sénégal, c'étaient eux qui avaient été à la base de leur réconciliation. L'Egypte avait alors remporté la première de ses trois victoires successives dans cette compétition et l'homme fort du pays et sa progéniture avaient été très généreux pour récompenser les joueurs et le staff. Ceux-là auront donc été des fidèles du pouvoir jusqu'au bout. Dommage, car s'ils ont pu compter sur l'argent des plus hautes autorités, ce sont les citoyens, nettement plus démunis, qui les ont poussés d'un bout à l'autre de la compétition vers le succès final.

Ce qui a aussi choqué l'opinion publique, c'est qu'en pleine interruption du championnat, en raison des événements, certains joueurs ont réclamé leur dû ! Voilà des gars grassement payés qui avaient l'audace de demander de l'argent alors que la majorité des supporters éprouvaient toutes les difficultés du monde à nouer les deux bouts. Dans le cadre de l'équipe nationale, le rejet a été manifeste. Cela explique pourquoi les Pharaons sont absents de la phase finale de la CAN 2012. D'accord, ils avaient mal débuté les qualifications à l'automne 2010 avec un point sur six face à la Sierra Leone et au Niger. En principe, ils auraient dû rectifier le tir face à l'Afrique du Sud au printemps 2011 mais les supporters leur ont tourné le dos. Le stade national était déserté pour accueillir les Bafana Bafana. Du jamais vu. Comme le classement final du groupe : l'Egypte dernière derrière le Niger, l'Afrique du Sud et la Sierra Leone, trois formations dont on n'aurait fait qu'une bouchée en temps normal. L'équipe était tombée de haut.

Le seul à échapper à la bronca fut Ahmed Hassan. Il a toujours essayé de faire plaisir à tout le monde. En signant au Zamalek, l'été passé, il a contenté les nombreux inconditionnels de ce club, comme il l'avait fait précédemment en jouant d'abord pour Ismaily, en tout début de carrière, puis en s'engageant à Al Ahly lors de son retour ici en 2008. A l'heure des bilans, il pourra dire qu'il a défendu les intérêts des trois plus grands clubs du pays, sans compter qu'il a amplement servi les Pharaons avec un total de 178 capes. Mais il est sans doute heureux, pour lui, qu'au moment de la révolution, il était en revalidation au Qatar suite à une opération aux ligaments croisés du genou subie en Allemagne. Il n'a jamais été montré du doigt par le public pour son absence d'implication. Même si quelques méchantes langues soutiennent qu'il est resté expressément à l'étranger jusqu'à ce que la situation se décante ici...

Bruno Govers, Sport/Foot Magazine

Inas Mazhar est la First Lady du football égyptien. Journaliste à Al Ahram, elle constitue une référence et est la seule femme du jury appelé à désigner chaque année le Ballon d'Or de la FIFA. Chargée de couvrir les deux grands clubs de la capitale, Al Ahly et Zamalek, elle suit également l'actualité des Pharaons. "Les gens auraient aimé que les footballeurs les plus emblématiques s'associent au soulèvement populaire. Mais aucun ne s'est montré ou n'a osé prendre position. Seul l'international Mohamed Abou Treika a révélé qu'il s'était mêlé, déguisé, à la masse sur la place Tahrir. Connaissant le bonhomme, avide de publicité, je ne le crois pas un seul instant. Au même titre que ses coéquipiers en équipe nationale, il a toujours joui des largesses du régime et du clan Moubarak en particulier. Les fils du président, surtout, ont toujours été très influents. Au moment de la prise de bec entre Mido et le sélectionneur Hassan Shehata, lors de la demi-finale de la CAN 2006 face au Sénégal, c'étaient eux qui avaient été à la base de leur réconciliation. L'Egypte avait alors remporté la première de ses trois victoires successives dans cette compétition et l'homme fort du pays et sa progéniture avaient été très généreux pour récompenser les joueurs et le staff. Ceux-là auront donc été des fidèles du pouvoir jusqu'au bout. Dommage, car s'ils ont pu compter sur l'argent des plus hautes autorités, ce sont les citoyens, nettement plus démunis, qui les ont poussés d'un bout à l'autre de la compétition vers le succès final. Ce qui a aussi choqué l'opinion publique, c'est qu'en pleine interruption du championnat, en raison des événements, certains joueurs ont réclamé leur dû ! Voilà des gars grassement payés qui avaient l'audace de demander de l'argent alors que la majorité des supporters éprouvaient toutes les difficultés du monde à nouer les deux bouts. Dans le cadre de l'équipe nationale, le rejet a été manifeste. Cela explique pourquoi les Pharaons sont absents de la phase finale de la CAN 2012. D'accord, ils avaient mal débuté les qualifications à l'automne 2010 avec un point sur six face à la Sierra Leone et au Niger. En principe, ils auraient dû rectifier le tir face à l'Afrique du Sud au printemps 2011 mais les supporters leur ont tourné le dos. Le stade national était déserté pour accueillir les Bafana Bafana. Du jamais vu. Comme le classement final du groupe : l'Egypte dernière derrière le Niger, l'Afrique du Sud et la Sierra Leone, trois formations dont on n'aurait fait qu'une bouchée en temps normal. L'équipe était tombée de haut. Le seul à échapper à la bronca fut Ahmed Hassan. Il a toujours essayé de faire plaisir à tout le monde. En signant au Zamalek, l'été passé, il a contenté les nombreux inconditionnels de ce club, comme il l'avait fait précédemment en jouant d'abord pour Ismaily, en tout début de carrière, puis en s'engageant à Al Ahly lors de son retour ici en 2008. A l'heure des bilans, il pourra dire qu'il a défendu les intérêts des trois plus grands clubs du pays, sans compter qu'il a amplement servi les Pharaons avec un total de 178 capes. Mais il est sans doute heureux, pour lui, qu'au moment de la révolution, il était en revalidation au Qatar suite à une opération aux ligaments croisés du genou subie en Allemagne. Il n'a jamais été montré du doigt par le public pour son absence d'implication. Même si quelques méchantes langues soutiennent qu'il est resté expressément à l'étranger jusqu'à ce que la situation se décante ici... Bruno Govers, Sport/Foot Magazine