Par Bernard JEUNEJEAN

Le 10 janvier prochain, la fusion sera effective entre le Ballon d'Or de FranceFootball (né en 1956) et le FIFA Player of the Year (né en 1991 à l'initiative d'ESM, dont Sport/Foot Mag fait partie). Depuis 2005, ça doublonnait sec, le même gars se retrouvant couronné par les deux jurys (la presse internationale et les capitaines et sélectionneurs des teams nationaux du monde).

Jasons un peu à propos de la présélection des 23 nominés, les distinctions individuelles en sports collectifs étant de super chouettes supports à cancans! Au fait, le cyclisme est aussi un sport d'équipe et l'individu y est glorifié bien plus encore, non? Avant les nineties, la présélection n'existait pas, chaque votant classait 5 footballeurs selon son coeur: le classement final comprenait ainsi quelques incongruités fantaisistes, mais c'était toujours un king qui émergeait. Depuis qu'il y a présélection, l'arbitraire est forcément là.

Je déplore cette fois les absences de Diego Milito, Dirk Kuijt et Ricardo Carvalho. J'apprécie l'absence totale des Français, trop favorisés dans les présélections précédentes. Je me dis qu'Asamoah Gyan, s'il était super fort, jouerait ailleurs qu'à Sunderland. Je trouve que, dans une liste si restreinte, c'est un peu prématuré d'inclure Mesut Özil. Enfin, sept Espagnols, c'est trop ou trop peu: au Mondial, en quoi Gerard Piqué, Sergi Busquets ou Sergio Ramos ont-ils été moins méritants que Xavi Alonso... voire Cesc Fabregas, réserviste de luxe?

Alors, pourquoi pas deux tours de scrutin: le premier pour laisser les jurés donner libre cours à leurs pulsions, et pour que nous commentions gaîment un premier classement à rallonges; le second pour passer aux choses sérieuses, en revotant pour les 15 ou 20 premiers?

Pronostic 2010? Les plus défensifs seront les derniers, c'est quasi toujours comme ça, c'est à la fois dommage et normal: normal parce que les attaquants sont plus éblouissants techniquement, dommage parce que d'autres gars bossent sur le terrain pour leur permettre d'être éblouissants! Faudrait peut-être créer TROIS Ballons d'Or FIFA: un qui couronnerait le plus fortiche offensivement, un pour le plus fortiche en perte de balle, et un réservé à ces êtres à part que sont les gardiens de but?

Lors d'une année avec Mondial, la figure emblématique de l'équipe championne est la mieux placée pour rafler la floche: on suppute donc logiquement un vainqueur espagnol. Mais qui fut l'emblème de l'Espagne? Xavi le métronome, Andrès Iniesta l'artiste, Iker Casillas le capitaine, David Villa le buteur? A partir de cette année, les nombreux jurés ne pourront classer que trois noms. Et peu d'entre eux iront jusqu'à chérir trois Espagnols! Pour ce Ballon d'Or FIFA, ma boule de cristal se demande donc si l'Espagne ne va pas souffrir d'avoir tant de nominés: car les quatre Ibères ci-dessus seront certes régulièrement cités en premier, mais aussi pas cités du tout à cause d'un des trois autres, voire à cause de Fabregas ou Carles Puyol!

Le comble étant que toutes ces stars se marcheraient sur les pieds, alors qu'elles furent merveilleusement complémentaires en juin! Mais qui sait? Imaginons qu'un même outsider soit cité sur moult bulletins, non pas en premier, mais derrière un Espagnol souvent différent: et que ça fasse émerger au final un Lionel Messi ou un Wesley Sneijder, voire même ce Diego Forlan que tout le monde a aimé! Ce serait peut-être un peu injuste. Mais pareils trophées sont faits pour l'être un peu: Ryan Giggs ne sera jamais Ballon d'Or FIFA et j'en pleurerai toujours.

Voici la liste des 23 nominés:

7 Espagnols: Casillas, Fabregas, Iniesta, Puyol, Villa, Xavi, Xavi Alonso; 5 Allemands: Klose, Lahm, Müller, Özil, Schweinsteiger; 2 Néerlandais: Robben, Sneijder; 1 Portugais: C. Ronaldo; 3 Brésiliens: Alves, Julio Cesar, Maicon; 1 Argentin: Messi; 1 Uruguayen: Forlan; 1 Camerounais: Eto'o; 1 Ghanéen: A. Gyan; 1 Ivoirien: Drogba

Par Bernard JEUNEJEANLe 10 janvier prochain, la fusion sera effective entre le Ballon d'Or de FranceFootball (né en 1956) et le FIFA Player of the Year (né en 1991 à l'initiative d'ESM, dont Sport/Foot Mag fait partie). Depuis 2005, ça doublonnait sec, le même gars se retrouvant couronné par les deux jurys (la presse internationale et les capitaines et sélectionneurs des teams nationaux du monde). Jasons un peu à propos de la présélection des 23 nominés, les distinctions individuelles en sports collectifs étant de super chouettes supports à cancans! Au fait, le cyclisme est aussi un sport d'équipe et l'individu y est glorifié bien plus encore, non? Avant les nineties, la présélection n'existait pas, chaque votant classait 5 footballeurs selon son coeur: le classement final comprenait ainsi quelques incongruités fantaisistes, mais c'était toujours un king qui émergeait. Depuis qu'il y a présélection, l'arbitraire est forcément là.Je déplore cette fois les absences de Diego Milito, Dirk Kuijt et Ricardo Carvalho. J'apprécie l'absence totale des Français, trop favorisés dans les présélections précédentes. Je me dis qu'Asamoah Gyan, s'il était super fort, jouerait ailleurs qu'à Sunderland. Je trouve que, dans une liste si restreinte, c'est un peu prématuré d'inclure Mesut Özil. Enfin, sept Espagnols, c'est trop ou trop peu: au Mondial, en quoi Gerard Piqué, Sergi Busquets ou Sergio Ramos ont-ils été moins méritants que Xavi Alonso... voire Cesc Fabregas, réserviste de luxe? Alors, pourquoi pas deux tours de scrutin: le premier pour laisser les jurés donner libre cours à leurs pulsions, et pour que nous commentions gaîment un premier classement à rallonges; le second pour passer aux choses sérieuses, en revotant pour les 15 ou 20 premiers?Pronostic 2010? Les plus défensifs seront les derniers, c'est quasi toujours comme ça, c'est à la fois dommage et normal: normal parce que les attaquants sont plus éblouissants techniquement, dommage parce que d'autres gars bossent sur le terrain pour leur permettre d'être éblouissants! Faudrait peut-être créer TROIS Ballons d'Or FIFA: un qui couronnerait le plus fortiche offensivement, un pour le plus fortiche en perte de balle, et un réservé à ces êtres à part que sont les gardiens de but?Lors d'une année avec Mondial, la figure emblématique de l'équipe championne est la mieux placée pour rafler la floche: on suppute donc logiquement un vainqueur espagnol. Mais qui fut l'emblème de l'Espagne? Xavi le métronome, Andrès Iniesta l'artiste, Iker Casillas le capitaine, David Villa le buteur? A partir de cette année, les nombreux jurés ne pourront classer que trois noms. Et peu d'entre eux iront jusqu'à chérir trois Espagnols! Pour ce Ballon d'Or FIFA, ma boule de cristal se demande donc si l'Espagne ne va pas souffrir d'avoir tant de nominés: car les quatre Ibères ci-dessus seront certes régulièrement cités en premier, mais aussi pas cités du tout à cause d'un des trois autres, voire à cause de Fabregas ou Carles Puyol! Le comble étant que toutes ces stars se marcheraient sur les pieds, alors qu'elles furent merveilleusement complémentaires en juin! Mais qui sait? Imaginons qu'un même outsider soit cité sur moult bulletins, non pas en premier, mais derrière un Espagnol souvent différent: et que ça fasse émerger au final un Lionel Messi ou un Wesley Sneijder, voire même ce Diego Forlan que tout le monde a aimé! Ce serait peut-être un peu injuste. Mais pareils trophées sont faits pour l'être un peu: Ryan Giggs ne sera jamais Ballon d'Or FIFA et j'en pleurerai toujours. Voici la liste des 23 nominés:7 Espagnols: Casillas, Fabregas, Iniesta, Puyol, Villa, Xavi, Xavi Alonso; 5 Allemands: Klose, Lahm, Müller, Özil, Schweinsteiger; 2 Néerlandais: Robben, Sneijder; 1 Portugais: C. Ronaldo; 3 Brésiliens: Alves, Julio Cesar, Maicon; 1 Argentin: Messi; 1 Uruguayen: Forlan; 1 Camerounais: Eto'o; 1 Ghanéen: A. Gyan; 1 Ivoirien: Drogba