Posée en fin de conférence de presse d'après Allemagne-Belgique, une petite question (que seul Sport/Foot Magazine avait formulée jusqu'à présent) a peut-être marqué la fin d'une époque, celle de Georges Leekens à la tête de l'équipe nationale. L'envoyé spécial du Nieuwsblad n'y a pas été par quatre chemins : - Resterez-vous à votre poste malgré cette élimination ? Leekens a rétorqué qu'il était là pour terminer son travail (tiens, l'Euro 2012 ne constituait-il pas son objectif numéro 1 ?) et que le public belge, nombreux à Düsseldorf, était à fond derrière son équipe.

Le coach fédéral s'est aussi appuyé sur la première demi-heure de jeu pour se défendre. C'est vrai, les Belges ont alors posé le jeu dan le camp de la Mannschaft qui attendait son moment de vérité. Et, en quelques minutes, l'Allemagne a mis à nu les invraisemblances du plan tactique du faible stratège qu'est Leekens. Malgré sa domination, la Belgique n'a pas été présente dans le grand rectangle adverse : était-ce possible avec Ogunjimi en pointe, lui qui bat le beurre depuis le début de la saison à Genk ? Non.

La défense (une des plus mauvaises d'Europe) est une fois de plus passée à côté de son sujet. Si le poisson pourrit par la tête, l'équipe pourrit par sa défense. Sur le but d'ouverture, il y avait une cohorte de Diables Rouges dans le rectangle belge : ils jouaient la zone en oubliant Ozil qui profita de l'aubaine. N'aurait-il pas été plus prudent d'appliquer le marquage individuel sur les corners et autres phases arrêtées ? Simons ne s'était-il pas occupé d'Ozil dans le jeu ? Là, il le laissait seul. Sur le 2-0, le même Simons annula le piège du hors-jeu. Ses vieilles jambes ont été inutiles à Düsseldorf, prouvant qu'il était un joueur du passé et dépassé. Pourquoi ne pas faire confiance à Odjidja ? En début de deuxième mi-temps, Gomez a promené Kompany pour forger le 0-3. Les Belges ne savent plus défendre ni marquer.

Tout est à refaire comme si Leekens n'avait pas bossé. On ne peut pas oublier cette élimination pour l'Euro 2012 en rêvant du Brésil. Ce verdict (avec la collecte d'un point sur douze contre l'imposante Allemagne et une Turquie à prendre) est sans appel. Un autre coach que Leekens aurait-il pu mieux faire ? Le débat a pris de l'ampleur à Düsseldorf. Un succès en Allemagne ? Ce n'était qu'un rêve.

Il y avait bien longtemps que Leekens avait raté sa campagne. A lui d'en tirer les conclusions car tous les médias se posent désormais (enfin ?) des questions sur son coaching et une équipe en chantier.

Pierre Bilic, Sport/Foot Magazine

Posée en fin de conférence de presse d'après Allemagne-Belgique, une petite question (que seul Sport/Foot Magazine avait formulée jusqu'à présent) a peut-être marqué la fin d'une époque, celle de Georges Leekens à la tête de l'équipe nationale. L'envoyé spécial du Nieuwsblad n'y a pas été par quatre chemins : - Resterez-vous à votre poste malgré cette élimination ? Leekens a rétorqué qu'il était là pour terminer son travail (tiens, l'Euro 2012 ne constituait-il pas son objectif numéro 1 ?) et que le public belge, nombreux à Düsseldorf, était à fond derrière son équipe. Le coach fédéral s'est aussi appuyé sur la première demi-heure de jeu pour se défendre. C'est vrai, les Belges ont alors posé le jeu dan le camp de la Mannschaft qui attendait son moment de vérité. Et, en quelques minutes, l'Allemagne a mis à nu les invraisemblances du plan tactique du faible stratège qu'est Leekens. Malgré sa domination, la Belgique n'a pas été présente dans le grand rectangle adverse : était-ce possible avec Ogunjimi en pointe, lui qui bat le beurre depuis le début de la saison à Genk ? Non. La défense (une des plus mauvaises d'Europe) est une fois de plus passée à côté de son sujet. Si le poisson pourrit par la tête, l'équipe pourrit par sa défense. Sur le but d'ouverture, il y avait une cohorte de Diables Rouges dans le rectangle belge : ils jouaient la zone en oubliant Ozil qui profita de l'aubaine. N'aurait-il pas été plus prudent d'appliquer le marquage individuel sur les corners et autres phases arrêtées ? Simons ne s'était-il pas occupé d'Ozil dans le jeu ? Là, il le laissait seul. Sur le 2-0, le même Simons annula le piège du hors-jeu. Ses vieilles jambes ont été inutiles à Düsseldorf, prouvant qu'il était un joueur du passé et dépassé. Pourquoi ne pas faire confiance à Odjidja ? En début de deuxième mi-temps, Gomez a promené Kompany pour forger le 0-3. Les Belges ne savent plus défendre ni marquer. Tout est à refaire comme si Leekens n'avait pas bossé. On ne peut pas oublier cette élimination pour l'Euro 2012 en rêvant du Brésil. Ce verdict (avec la collecte d'un point sur douze contre l'imposante Allemagne et une Turquie à prendre) est sans appel. Un autre coach que Leekens aurait-il pu mieux faire ? Le débat a pris de l'ampleur à Düsseldorf. Un succès en Allemagne ? Ce n'était qu'un rêve. Il y avait bien longtemps que Leekens avait raté sa campagne. A lui d'en tirer les conclusions car tous les médias se posent désormais (enfin ?) des questions sur son coaching et une équipe en chantier. Pierre Bilic, Sport/Foot Magazine