Par Jacques Sys

Avril 2003 : alors qu'après moult hésitations, Marc Wilmots effectue ses débuts d'entraîneur à Schalke 04, les Diables Rouges montent dans l'avion qui va les emmener à Zagreb pour un match crucial de qualification contre la Croatie. L'optimisme est de rigueur, au sein des troupes dirigées par Aimé Anthuenis. On parle même d'un triangle en or (Thomas Buffel, Wesley Sonck et Emile Mpenza) considéré comme la fleur d'une nouvelle génération. Zagreb semble offrir le décor idéal aux Diables Rouges pour afficher leur nouvelle richesse. La ville des Balkans regorge de caractère et d'allure. Elle renaît après la guerre civile qui a dévasté le pays. La cathédrale est en reconstruction, différents bâtiments sentent encore le ciment. Les Diables Rouges débordent d'assurance. Seul le poste de gardien soulève quelques questions : suite au forfait de Geert De Vlieger, blessé, Francky Vandendriessche est appelé à défendre le but. Or, il a déjà encaissé 50 buts à Mouscron.

Le match qui doit entériner la renaissance du football belge tourne au cauchemar : les Diables Rouges sont balayés 4-0 par une Croatie très mobile et techniquement supérieure. Francky Vandendriessche n'est que doutes, la défense est une passoire, l'entrejeu sombre, les avants ne parviennent pas à gicler, le jeu n'est pas lié et l'équipe cherche son salut dans les longs ballons. Moins d'un an après le Mondial asiatique, l'équipe nationale est dans les cordes. Lors du vol retour, la nuit, un Aimé Anthuenis serein explique qu'il est en train de former cette équipe. Il demande de la patience. Mais le processus va s'éterniser. De temps à autre, il sera agrémenté d'une éclaircie mais la grisaille va dominer.

Dix ans après ce cauchemar, Zagreb est à nouveau le théâtre d'un match très important. Depuis lors, Marc Wilmots est le cinquième sélectionneur mais les circonstances sont radicalement différentes. De l'équipe de 2003, seuls quatre internationaux évoluaient à l'étranger. Nico Vaesen était le seul Belge à évoluer parmi l'élite anglaise. Le gardien jouait pour le modeste Birmingham City.

Parmi les 23 joueurs sélectionnés la semaine dernière par Marc Wilmots pour la Croatie, vingt évoluent à l'étranger, dont douze en Angleterre. Les temps ont changé. Il y a dix ans, à Zagreb, pendant le traditionnel dîner de presse, le président fédéral, Jan Peeters, avait encore expliqué que la structure de la Fédération rendait impossible une gestion moderne mais qu'on réfléchissait malgré tout à une politique de communication plus efficace. Mieux même : il avait engagé Louis Croonen, un homme qui avait occupé plusieurs fonctions dirigeantes dans des entreprises de communication. Les journalistes, qui agitent maintenant l'encensoir à tout-va, n'en croyaient pas leurs oreilles.

Si les Diables Rouges survivent à l'enfer de Zagreb et commencent ainsi à vraiment compter sur la carte du football, ils vont déclencher une vague d'euphorie inédite.

Par Jacques SysAvril 2003 : alors qu'après moult hésitations, Marc Wilmots effectue ses débuts d'entraîneur à Schalke 04, les Diables Rouges montent dans l'avion qui va les emmener à Zagreb pour un match crucial de qualification contre la Croatie. L'optimisme est de rigueur, au sein des troupes dirigées par Aimé Anthuenis. On parle même d'un triangle en or (Thomas Buffel, Wesley Sonck et Emile Mpenza) considéré comme la fleur d'une nouvelle génération. Zagreb semble offrir le décor idéal aux Diables Rouges pour afficher leur nouvelle richesse. La ville des Balkans regorge de caractère et d'allure. Elle renaît après la guerre civile qui a dévasté le pays. La cathédrale est en reconstruction, différents bâtiments sentent encore le ciment. Les Diables Rouges débordent d'assurance. Seul le poste de gardien soulève quelques questions : suite au forfait de Geert De Vlieger, blessé, Francky Vandendriessche est appelé à défendre le but. Or, il a déjà encaissé 50 buts à Mouscron. Le match qui doit entériner la renaissance du football belge tourne au cauchemar : les Diables Rouges sont balayés 4-0 par une Croatie très mobile et techniquement supérieure. Francky Vandendriessche n'est que doutes, la défense est une passoire, l'entrejeu sombre, les avants ne parviennent pas à gicler, le jeu n'est pas lié et l'équipe cherche son salut dans les longs ballons. Moins d'un an après le Mondial asiatique, l'équipe nationale est dans les cordes. Lors du vol retour, la nuit, un Aimé Anthuenis serein explique qu'il est en train de former cette équipe. Il demande de la patience. Mais le processus va s'éterniser. De temps à autre, il sera agrémenté d'une éclaircie mais la grisaille va dominer. Dix ans après ce cauchemar, Zagreb est à nouveau le théâtre d'un match très important. Depuis lors, Marc Wilmots est le cinquième sélectionneur mais les circonstances sont radicalement différentes. De l'équipe de 2003, seuls quatre internationaux évoluaient à l'étranger. Nico Vaesen était le seul Belge à évoluer parmi l'élite anglaise. Le gardien jouait pour le modeste Birmingham City. Parmi les 23 joueurs sélectionnés la semaine dernière par Marc Wilmots pour la Croatie, vingt évoluent à l'étranger, dont douze en Angleterre. Les temps ont changé. Il y a dix ans, à Zagreb, pendant le traditionnel dîner de presse, le président fédéral, Jan Peeters, avait encore expliqué que la structure de la Fédération rendait impossible une gestion moderne mais qu'on réfléchissait malgré tout à une politique de communication plus efficace. Mieux même : il avait engagé Louis Croonen, un homme qui avait occupé plusieurs fonctions dirigeantes dans des entreprises de communication. Les journalistes, qui agitent maintenant l'encensoir à tout-va, n'en croyaient pas leurs oreilles. Si les Diables Rouges survivent à l'enfer de Zagreb et commencent ainsi à vraiment compter sur la carte du football, ils vont déclencher une vague d'euphorie inédite.