Tout a commencé un samedi pluvieux. Personne ne s'y attendait. Les Belges, heureux mais encore groggys de s'être fait voler une victoire de prestige face au Brésil lors du huitième de finale de la Coupe du Monde japonaise, se rendaient au stade avec l'espoir d'une nouvelle performance de leurs Diables Rouges. Robert Waseige, pur Liégeois, avait choisi le défi du Standard, sentant peut-être qu'il ne saurait pas faire mieux avec cette équipe nationale et laissant la place à Aimé Anthuenis. Le choix n'avait soulevé aucune discussion. Certes, certains avaient suggéré un rajeunissement des cadres à la tête de la sélection mais l'option Anthuenis ne s'inscrivait-elle pas dans une certaine tradition de sélectionneurs mûrs ( Thijs, Van Himst, Van Moer et Waseige répondaient à ce critère) ? Le brave Aimé avait également son palmarès pour plaider en sa faveur. Il avait décroché trois fois le titre d'Entraîneur de l'année et soulevé trois trophées de champion (deux avec Anderlecht et un avec Genk), offrant de surcroit aux Mauves le plus beau parcours européen de ces vingt dernières années.

Personne (et surtout pas Anthuenis) ne se doutait que pendant quatre ans, le Waeslandien allait passer son temps à se demander comment résoudre les problèmes des Diables. Personne ne se doutait qu'après lui, René Vandereycken, Frankie Vercauteren, Dick Advocaat et Georges Leekens se poseraient la même question. Durant dix ans, le monde du football allait se passer de la vaillance des Diables Rouges. Désormais, ce surnom ferait d'ailleurs plus référence à la Corée du Sud qu'à la Belgique. La faute à la mondialisation, à la malchance ou à un manque de talent, tant au niveau des joueurs que des entraîneurs ? Portrait d'une génération perdue. Une génération qui n'aura jamais vécu un Euro, ni une Coupe du Monde.

Revenons à ce samedi 7 septembre 2002. "Si la Bulgarie n'avait pas eu Krassimir Balakov, on se serait qualifié", clame Anthuenis. "C'est exactement ce genre de joueurs qu'il nous a manqués lors de ces éliminatoires pour l'Euro 2004. Ce jour-là, il a décidé du match à lui tout seul alors que la Bulgarie n'avait pas été fameuse. Nous, on avait dû reconstruire une équipe après la Coupe du Monde. Marc Wilmots, Gert Verheyen et Johan Walem avaient décidé d'arrêter leur carrière internationale et je n'avais pas essayé de les convaincre de revenir sur leur décision car il s'agissait de leur choix. Je n'avais pas à m'en mêler. Je devais le respecter et trouver des solutions de remplacement mais c'est vrai que dans certains moments-clés, il nous a manqué de l'expérience, quelqu'un qui savait s'ériger en leader, en gagneur."

Reconstruction. Le mot est lancé. Il va servir pendant dix ans...


Retrouvez la suite de l'article consacré à la génération perdue des Diables Rouges dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Stéphane Vande Velde, Sport/Foot Magazine

Tout a commencé un samedi pluvieux. Personne ne s'y attendait. Les Belges, heureux mais encore groggys de s'être fait voler une victoire de prestige face au Brésil lors du huitième de finale de la Coupe du Monde japonaise, se rendaient au stade avec l'espoir d'une nouvelle performance de leurs Diables Rouges. Robert Waseige, pur Liégeois, avait choisi le défi du Standard, sentant peut-être qu'il ne saurait pas faire mieux avec cette équipe nationale et laissant la place à Aimé Anthuenis. Le choix n'avait soulevé aucune discussion. Certes, certains avaient suggéré un rajeunissement des cadres à la tête de la sélection mais l'option Anthuenis ne s'inscrivait-elle pas dans une certaine tradition de sélectionneurs mûrs ( Thijs, Van Himst, Van Moer et Waseige répondaient à ce critère) ? Le brave Aimé avait également son palmarès pour plaider en sa faveur. Il avait décroché trois fois le titre d'Entraîneur de l'année et soulevé trois trophées de champion (deux avec Anderlecht et un avec Genk), offrant de surcroit aux Mauves le plus beau parcours européen de ces vingt dernières années. Personne (et surtout pas Anthuenis) ne se doutait que pendant quatre ans, le Waeslandien allait passer son temps à se demander comment résoudre les problèmes des Diables. Personne ne se doutait qu'après lui, René Vandereycken, Frankie Vercauteren, Dick Advocaat et Georges Leekens se poseraient la même question. Durant dix ans, le monde du football allait se passer de la vaillance des Diables Rouges. Désormais, ce surnom ferait d'ailleurs plus référence à la Corée du Sud qu'à la Belgique. La faute à la mondialisation, à la malchance ou à un manque de talent, tant au niveau des joueurs que des entraîneurs ? Portrait d'une génération perdue. Une génération qui n'aura jamais vécu un Euro, ni une Coupe du Monde. Revenons à ce samedi 7 septembre 2002. "Si la Bulgarie n'avait pas eu Krassimir Balakov, on se serait qualifié", clame Anthuenis. "C'est exactement ce genre de joueurs qu'il nous a manqués lors de ces éliminatoires pour l'Euro 2004. Ce jour-là, il a décidé du match à lui tout seul alors que la Bulgarie n'avait pas été fameuse. Nous, on avait dû reconstruire une équipe après la Coupe du Monde. Marc Wilmots, Gert Verheyen et Johan Walem avaient décidé d'arrêter leur carrière internationale et je n'avais pas essayé de les convaincre de revenir sur leur décision car il s'agissait de leur choix. Je n'avais pas à m'en mêler. Je devais le respecter et trouver des solutions de remplacement mais c'est vrai que dans certains moments-clés, il nous a manqué de l'expérience, quelqu'un qui savait s'ériger en leader, en gagneur." Reconstruction. Le mot est lancé. Il va servir pendant dix ans... Retrouvez la suite de l'article consacré à la génération perdue des Diables Rouges dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Stéphane Vande Velde, Sport/Foot Magazine