Dimanche, il y aura dix-sept ans jour pour jour qu'un pilote belge a pris le départ de son GP national : le 28 août 1994, Philippe Adams disputait à Spa-Francorchamps sa première course en F1 au volant d'une Lotus-Mugen.

Depuis, plus rien : le pavillon noir-jaune-rouge est resté désespérément absent dans la discipline reine jusqu'au coup d'envoi de la présente saison à Melbourne où Jérôme D'Ambrosio a relancé la machine.

Sociétaire du team Marussia Virgin, le jeune Brabançon s'efforce d'accumuler de l'expérience au volant d'une monoplace qui ne lui permet pas de jouer les premiers rôles. On le devine aisément, l'étape belge revêt pour lui un lustre tout particulier : "J'en ai rêvé, j'ai travaillé dur pour y arriver et je me prépare à vivre des moments très forts." Ce seront les plus intenses de ta carrière ?

Je ne pourrai le dire qu'après coup... Mais je m'attends effectivement à éprouver durant le week-end des sentiments comparables à ceux que j'ai connus en Australie lorsque j'ai pris place pour la première fois sur une grille de départ F1.

En tant que pilote, gardes-tu un souvenir précis de ta première expérience sur le tracé ardennais ?

C'était en 2003. Je participais au championnat national de Formula Renault 1.6 et je suis monté sur le podium... mais j'ai oublié sur quelle marche. Plus récemment, je m'y suis aligné plusieurs fois en GP2 et ma course en 2010 demeure d'ailleurs un moment-clé dans mon accession à la F1 : il y a douze mois, j'ai montré que je pouvais aller au charbon et que je soutenais la comparaison avec les autres jeunes dont on parlait dans le paddock F1, Pastor Maldonado par exemple. J'avais course gagnée quand mon moteur a lâché à quatre tours du drapeau à damier. N'empêche, ma démonstration a convaincu les sceptiques.

Mais la F1, c'est encore un cran plus haut... J'en ai eu un avant-goût l'an dernier toujours lorsque j'ai piloté la Renault en démonstration à l'occasion des World Series. Certes, j'étais seul en piste et le chrono ne tournait pas mais j'ai découvert les sensations uniques que procure une F1 au Raidillon, dans le Double Gauche ou à Blanchimont... Je confirme, c'est une autre dimension par rapport à la voiture utilisée en GP2 !

Sportivement parlant, es-tu avantagé pour cette épreuve par une meilleure connaissance des lieux ?

Absolument pas ! Tous les pilotes en lice ce week-end connaissent Spa aussi bien voire mieux que moi car ils y ont déjà couvert de très nombreux tours au volant d'une F1. Un exemple : mon équipier Timo Glock en sera à sa quatrième participation effective. Et ce n'est rien à côté d'un Michael Schumacher : il a débuté au plus haut niveau ici même en 1991 et a disputé la manche belge à quatorze reprises, y remportant d'ailleurs six victoires !

On imagine toutefois que ta motivation est décuplée... Là, on touche un autre domaine : il apparaît évident que se produire à domicile constitue un adjuvant car tout sportif veut briller devant son public. En plus, je sens un engouement assez fort dans le pays au fur et à mesure qu'approche l'échéance.

Vu le niveau de ton matériel, ne crains-tu pas que tes fans soient déçus du résultat ?

Je ne redoute pas cette réaction car ils connaissent le contexte dans lequel j'évolue. D'abord, je suis toujours en phase d'apprentissage de mon métier et de la discipline. Ensuite, la Virgin VF02 ne compte pas parmi les monoplaces les plus performantes, il serait stupide de ne pas le reconnaître ; je n'ai pas à me prononcer sur les raisons de ce manque de compétitivité mais le fait est là... Donc, je ne vois pas pourquoi les spectateurs belges seraient déçus s'ils ne me voient pas aux avant-postes. En revanche, ils savent que je me donnerai à 100 % et même un peu plus pour exploiter le potentiel de ma monture.

Précisément, comment peux-tu situer la Virgin sur un tracé comme Spa-Francorchamps ?

Même si je manque de références, je rappelle que l'auto fonctionnait bien à Silverstone, un autre circuit rapide. Ce constat est plutôt encourageant. En fait, la météo peut jouer un rôle important, et plus spécifiquement la température régnant sur l'Ardenne ce prochain week-end : s'il fait chaud, ce sera bon pour moi car un des problèmes majeurs auxquels je me heurte avec la Virgin est de chauffer suffisamment les pneus pour qu'ils offrent leur rendement optimal. Donc, plus le thermomètre grimpera, moins ce souci sera déterminant. Mais tout cela reste théorique et rien ne remplace jamais le verdict de la piste. Donc, attendons vendredi et les premiers essais, puis surtout les qualifs de samedi...

Quels objectifs te fixes-tu ?

Je veux remplir ma mission le mieux possible, c'est tout. Il peut se passer tellement de choses... Imaginez que quelques gouttes de pluie tombent au beau milieu de la course, les cartes seraient redistribuées. Et dieu sait si la pluie s'invite fréquemment à Spa-Francorchamps !

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jérôme D'Ambrosio dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Eric Faure, Sport/Foot Magazine

Dimanche, il y aura dix-sept ans jour pour jour qu'un pilote belge a pris le départ de son GP national : le 28 août 1994, Philippe Adams disputait à Spa-Francorchamps sa première course en F1 au volant d'une Lotus-Mugen. Depuis, plus rien : le pavillon noir-jaune-rouge est resté désespérément absent dans la discipline reine jusqu'au coup d'envoi de la présente saison à Melbourne où Jérôme D'Ambrosio a relancé la machine. Sociétaire du team Marussia Virgin, le jeune Brabançon s'efforce d'accumuler de l'expérience au volant d'une monoplace qui ne lui permet pas de jouer les premiers rôles. On le devine aisément, l'étape belge revêt pour lui un lustre tout particulier : "J'en ai rêvé, j'ai travaillé dur pour y arriver et je me prépare à vivre des moments très forts." Ce seront les plus intenses de ta carrière ? Je ne pourrai le dire qu'après coup... Mais je m'attends effectivement à éprouver durant le week-end des sentiments comparables à ceux que j'ai connus en Australie lorsque j'ai pris place pour la première fois sur une grille de départ F1. En tant que pilote, gardes-tu un souvenir précis de ta première expérience sur le tracé ardennais ? C'était en 2003. Je participais au championnat national de Formula Renault 1.6 et je suis monté sur le podium... mais j'ai oublié sur quelle marche. Plus récemment, je m'y suis aligné plusieurs fois en GP2 et ma course en 2010 demeure d'ailleurs un moment-clé dans mon accession à la F1 : il y a douze mois, j'ai montré que je pouvais aller au charbon et que je soutenais la comparaison avec les autres jeunes dont on parlait dans le paddock F1, Pastor Maldonado par exemple. J'avais course gagnée quand mon moteur a lâché à quatre tours du drapeau à damier. N'empêche, ma démonstration a convaincu les sceptiques. Mais la F1, c'est encore un cran plus haut... J'en ai eu un avant-goût l'an dernier toujours lorsque j'ai piloté la Renault en démonstration à l'occasion des World Series. Certes, j'étais seul en piste et le chrono ne tournait pas mais j'ai découvert les sensations uniques que procure une F1 au Raidillon, dans le Double Gauche ou à Blanchimont... Je confirme, c'est une autre dimension par rapport à la voiture utilisée en GP2 ! Sportivement parlant, es-tu avantagé pour cette épreuve par une meilleure connaissance des lieux ? Absolument pas ! Tous les pilotes en lice ce week-end connaissent Spa aussi bien voire mieux que moi car ils y ont déjà couvert de très nombreux tours au volant d'une F1. Un exemple : mon équipier Timo Glock en sera à sa quatrième participation effective. Et ce n'est rien à côté d'un Michael Schumacher : il a débuté au plus haut niveau ici même en 1991 et a disputé la manche belge à quatorze reprises, y remportant d'ailleurs six victoires ! On imagine toutefois que ta motivation est décuplée... Là, on touche un autre domaine : il apparaît évident que se produire à domicile constitue un adjuvant car tout sportif veut briller devant son public. En plus, je sens un engouement assez fort dans le pays au fur et à mesure qu'approche l'échéance. Vu le niveau de ton matériel, ne crains-tu pas que tes fans soient déçus du résultat ? Je ne redoute pas cette réaction car ils connaissent le contexte dans lequel j'évolue. D'abord, je suis toujours en phase d'apprentissage de mon métier et de la discipline. Ensuite, la Virgin VF02 ne compte pas parmi les monoplaces les plus performantes, il serait stupide de ne pas le reconnaître ; je n'ai pas à me prononcer sur les raisons de ce manque de compétitivité mais le fait est là... Donc, je ne vois pas pourquoi les spectateurs belges seraient déçus s'ils ne me voient pas aux avant-postes. En revanche, ils savent que je me donnerai à 100 % et même un peu plus pour exploiter le potentiel de ma monture. Précisément, comment peux-tu situer la Virgin sur un tracé comme Spa-Francorchamps ? Même si je manque de références, je rappelle que l'auto fonctionnait bien à Silverstone, un autre circuit rapide. Ce constat est plutôt encourageant. En fait, la météo peut jouer un rôle important, et plus spécifiquement la température régnant sur l'Ardenne ce prochain week-end : s'il fait chaud, ce sera bon pour moi car un des problèmes majeurs auxquels je me heurte avec la Virgin est de chauffer suffisamment les pneus pour qu'ils offrent leur rendement optimal. Donc, plus le thermomètre grimpera, moins ce souci sera déterminant. Mais tout cela reste théorique et rien ne remplace jamais le verdict de la piste. Donc, attendons vendredi et les premiers essais, puis surtout les qualifs de samedi... Quels objectifs te fixes-tu ? Je veux remplir ma mission le mieux possible, c'est tout. Il peut se passer tellement de choses... Imaginez que quelques gouttes de pluie tombent au beau milieu de la course, les cartes seraient redistribuées. Et dieu sait si la pluie s'invite fréquemment à Spa-Francorchamps ! Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jérôme D'Ambrosio dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Eric Faure, Sport/Foot Magazine