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Wout van Aert renonce au contre-la-montre des Mondiaux pour se focaliser sur la course en ligne

Deuxième du premier contre-la-montre du Tour et vainqueur du second, Wout van Aert laisse ainsi le champ libre à Remco Evenepoel dans la quête d’un maillot arc-en-ciel dans l’effort en solitaire. Le maillot vert du dernier Tour de France ne veut pas répéter la même erreur qu’aux mondiaux de Louvain où il avait tenté le doublé et s’était montré en-dessous de son niveau habituel lors de la course en ligne du dimanche.

Comme l’année dernière, Wout van Aert aurait pu se mettre en quête d’un doublé inédit – contre-la-montre et course en ligne – aux prochains championnats du monde de cyclisme, qui se dérouleront en Australie dans la deuxième moitié du mois de septembre. Mais le maillot vert du dernier Tour de France ne veut pas répéter les erreurs du passé. Il y a un an, motivé par la perspective d’offrir (un double) arc-en-ciel à la Belgique sur ses terres, il avait déjà tenté le pari, échouant derrière Filippo Ganna lors du chrono avant de finir en dehors du top 10 lors de la course en ligne disputée une semaine plus tard. Tout ça alors qu’il en était l’un des grands favoris avec une équipe belge normalement totalement acquise à cause.

Cette fois, van Aert ne sera donc pas au départ du contre-la-montre le 18 septembre prochain comme l’a annoncé le sélectionneur national Sven Vanthourenhout.

« D’un côté c’est dommage, parce qu’avec Wout Van Aert au départ du chrono, vous avez une grande chance de médaille, mais d’un autre côté je comprends la décision. Un tel contre-la-montre doit être bien préparé, et je comprends que Wout ait préféré faire un choix« , explique le sélectionneur dans des propos rapportés par le quotidien néerlandophone Het Laatste Nieuws.

Le parcours de la course en ligne semble aussi parfaitement convenir à un van Aert qui, à 28 ans (il les aura fêtés 3 jours avant le contre-la-mondre du Mondial), comprend aussi que ses occasions de briller sur cette épreuve en particulier risquent de diminuer avec les années. Il est aussi dépendant des parcours et malgré sa grande polyvalence, rien ne dit qu’il trouvera toujours un terrain en sa faveur.

Un contre-la-montre peut plus facilement se préparer spécifiquement et dépend de moins d’aléas qu’une course classique. Surtout quand on dispose des qualités exceptionnelles de rouleur de WvA. Et l’âge n’a pas toujours été un désavantage pour ceux qui ont revêtu la tunique arc-en-ciel de l’exercice.

Enfin, en raison du décalage horaire, Van Aert devra arriver un certain nombre de jours avant le début des épreuves. Afin de s’acclimater. L’influx nerveux qu’aurait engendré le contre-la-montre aurait risqué de peser sur sa performance lors de la course en ligne. On l’a remarqué cette saison encore, Wout van Aert fait très attention à la récupération pour éviter d’enchaîner trop de courses et de se griller. Ainsi, pour mieux préparer sa saison sur route, il avait sacrifié les Mondiaux de cyclo-cross disputés aux Etats-Unis, afin que les conséquences du décalage horaire ne le dérèglent pas (et qu’il puisse prendre part à un stage en altitude) avant le circuit Het Nieuwsblad disputé pourtant deux semaines plus tard (il s’y imposera d’ailleurs).

Pourtant, un quatrième titre mondial dans les labourés, ce qui lui aurait permis d’égaler son éternel rival Mathieu van der Poel, lui tendait les bras après une saison qu’il avait dominé de la tête et des épaules avec neuf succès en dix courses.

Mais le Campinois comprend aussi qu’il n’est pas une machine infaillible malgré ses énormes qualités de récupération comme on a encore pu le constater sur la dernière Grande Boucle.

Remco Evenepoel lors de sa victoire au championnat de Belgique du contre-la-montre.
Remco Evenepoel lors de sa victoire au championnat de Belgique du contre-la-montre.© iStock

Tout profit pour Remco Evenepoel ?

Ce forfait du Campinois laisse une voie royale pour Remco Evenepoel , qui trouvera un terrain favorable pour exprimer ses qualités de rouleur. Un éventuel titre du citoyen de Schepdaal pourrait aussi le rassasier et le motiver à se mettre au service de van Aert sur la course en ligne.

Si tout se passe bien, il devrait arriver en Australie avec une Vuelta complète, et disputée pour une belle place au classement général, dans les jambes. Il semble dès lors difficile, avec le décalage horaire et au vu des résulats de ces dernières années de ceux qui ont joué les premiers rôles au Tour d’Espagne avant de se présenter au Mondial, qu’Evenepoel puisse avoir de réelles chances de l’emporter sur la course en ligne. Surtout que le terrain n’est peut-être pas spécialement à son avantage, même s’il est toujours capable d’en tirer partie.

Il devra cependant se méfier de Filippo Ganna, le double tenant du titre qui aura sans doute focalisé sa fin de saison sur cet objectif, et de Rohan Dennis. L’Australien, champion du monde de l’exercice en 2019 et coéquipier de van Aert chez Jumbo-Visma, est toujours capable de débouler de nulle part comme il l’avait encore démontré en prenant une médaille olympique à Tokyo. Et nul doute qu’un mondial disputé dans son pays pourrait le surmotiver à venir créer la sensation.

Le deuxième coureur aligné par la Belgique pourrait donc être Yves Lampaert (Quick-Step Alpha Vinyl), lauréat du premier chrono du Tour de France ou Victor Campenaerts (Lotto Soudal), toujours détenteur du record de l’heure pour rappel.

Si d’aventure Evenepoel et van Aert devaient tous deux se parer d’arc-en-ciel dans quelques semaines, on imagine aussi que les frictions nées entre eux après les championnats du monde de Louvain feraient définitivement partie du passé.

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