Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012 : "Ce serait bien (qu'Armstrong passe aux aveux) mais on sait qu'il est têtu et je ne pense pas qu'il avouera. Il a trop à perdre, mais les preuves semblent accablantes. C'est dommage que le cyclisme soit encore plongé là-dedans (dans une affaire de dopage). Mais je ne dis pas que c'est dommage qu'il ait été pris, bien sûr ça devait sortir. Quand on vieillit, on se rend compte que le Père Noël n'existe pas, et c'est le cas avec Lance. C'est dommage que nous les coureurs, on doive ramasser et recoller les morceaux pour convaincre que ce sport a changé."

Contador : "Armstrong a beaucoup fait pour le cyclisme"

Alberto Contador, ancien équipier de Lance Armstrong : "Lance est le coureur qui m'a fait aimer le cyclisme, c'est le coureur qui m'a le plus marqué. Et il y a cette histoire. Pour moi, c'est compliqué. Il est victime d'une attaque en règle, je ne sais pas à quel point c'est mérité. Il a beaucoup fait pour le cyclisme. Grâce à lui, des gens très influents aux Etats-Unis ont enfourché un vélo. Grâce à lui, les gens là-bas savent ce qu'est le Tour de France et il y a de grandes équipes américaines et de grandes courses. Lance a aidé à faire tout ça et cela mérite tout mon respect. (Cependant), l'UCI n'avait pas le choix. C'est la philosophie claire dans le cyclisme ces dernières années, concernant le dopage, très bien, et ça va dans la bonne direction. Je crois que le cyclisme est un très beau sport et les gens le savent, les vrais supporteurs du vélo veulent penser au présent et au futur."

Jean-Marie Leblanc : "Armstrong reste un grand champion"

Jean-Marie Leblanc, ex-patron du Tour de France, dans le Volkskrant : "Il (Armstrong) est le plus grand champion de sa génération : un coureur dominateur qui a su créer une équipe dominatrice ce qui l'a rendu encore meilleur. C'est ce que Laurent Jalabert et Eddy Merckx ont aussi déclaré. (Mais), son usage du dopage est évident. Je n'ai plus de doute."

Jacques Rogge : "la quantité de preuves est choquante"

Jacques Rogge, président du Comité International Olympique (CIO), dans le Daily Telegraph : "L'affaire Armstrong est une grande déception. Tout vient maintenant à la lumière et la quantité de preuves est choquante. Le cyclisme est malheureusement souvent frappé par des grands scandales. L'UCI a toujours pris les devants dans la lutte contre le dopage. C'est une des premières organisations qui a introduit le passeport biologique. Des contrôles sont effectués tout au long de l'année. Il y a dix ans, l'UCI disposait de moyens limités. Aujourd'hui le dépistage de l'EPO est beaucoup plus efficace et les transfusions sanguines peuvent être détectées. De plus, le passeport biologique semble un moyen très efficace. Il serait injuste de pénaliser la grande majorité des athlètes propres si on devait interdire l'UCI des Jeux. Les tricheurs peuvent être écartés de différentes manières. On peut par exemple prendre des sanctions plus strictes ce qui pourrait avoir un effet dissuasif."

Miguel Indurain : "je crois en l'innocence d'Armstrong"

Miguel Indurain, quintuple vainqueur du Tour de France, sur Radio Marca : "Jusque-là, je crois à son innocence, il a toujours satisfait à tous les contrôles. Et tous les procès qu'il a eus, il les a gagnés. Je suis un peu décontenancé. C'est étrange que cela se fasse seulement à partir de témoignages. Des règles étaient en place et maintenant, il semble qu'elles aient changé. Il a toujours été un battant. Ce qui me surprend, c'est qu'il ne continue pas à lutter (...) Je pense qu'il fera appel et tentera de démontrer qu'il a bien travaillé durant toutes ces années."

Merckx : "je suis tombé dans le panneau"

Eddy Merckx, quintuple vainqueur du Tour de France, dans Le Soir : "J'en suis malade, pour mon sport exclusivement. J'ai rencontré Lance à de nombreuses reprises, jamais il ne m'a parlé de dopage, de médecins ou d'autres choses. Il n'avait pas de comptes à me rendre non plus, c'était son problème mais je suis tombé dans le panneau. Je suis étonné de lui, surtout après ce qu'il a vécu. Je suis aussi fâché contre les coureurs qui parlent après auprès des enquêteurs. Bon sang, qu'ils parlent pendant, au moins, cela servirait la cause. Après, c'est trop tard. Si un coureur s'inquiète de pratiques douteuses, il a le devoir de s'exprimer pour le bien des autres."

Andy Schleck : "l'UCI était obligée de sanctionner"

Andy Schleck, vainqueur du Tour de France sur tapis vert, sur RTL Luxembourg : "Je ne pense pas que cela va aider notre sport d'aller rechercher ce qui s'est passé 8, 9, 10 ans auparavant. Nous devons regarder devant. Mais il y aussi tellement de choses qui ne sont pas claires actuellement, donc je pense que l'UCI était obligée de prendre cette décision. Mais je pense que pour les spectateurs qui ont regardés le Tour, c'est qui le gagnant de ce tour, c'est Ullrich ? Mais si on le donne à un autre ce n'est pas beaucoup mieux. On doit tirer une ligne et on doit recommencer à zéro."

Tyler Hamilton : "Pat McQuaid n'a pas sa place dans le cyclisme"

Tyler Hamilton, ex-équipier de Lance Armstrong, dans l'Equipe : "Au lieu de saisir l'occasion d'insuffler l'espoir pour la prochaine génération de cyclistes, il continue à pointer du doigt, attaquer et blâmer ceux qui parlent. Pat McQuaid n'a pas sa place dans le cyclisme". Pat McQuaid avait notamment déclaré lundi à propos de Tyler Hamilton et de Floyd Landis que "tout ce qu'ils ont fait est d'endommager le sport".

Le patron de l'AMA : "tout le monde se dopait durant l'ère Amstrong"

John Fahey, président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), sur une radio australienne : "Il y a eu une période durant laquelle la culture dans le cyclisme voulait que tout le monde se dope. Il n'y a aucun doute là-dessus et les dirigeants (du cyclisme) doivent assumer leurs responsabilités. Les témoignages apportés par ceux qui furent les coéquipiers de Lance Armstrong, les uns après les autres, disent tous la même chose : vous ne pouviez pas être compétitifs sans recours au dopage. A la question de savoir si cette période est terminée, on peut toujours s'interroger et je crois que l'UCI se réunit vendredi pour étudier un certain nombre de questions, y compris comment aller de l'avant dans ce domaine", a-t-il ajouté.

"Le seul verdict logique"

Tom Van Damme, président de la Ligue Vélocipédique Belge (RLVB), à la VRT : "Si l'on a lu le dossier, c'est le seul verdict logique dans cette affaire Armstrong. Depuis un bon bout de temps, l'UCI est accusée de toutes parts, sans doute à tort. Il est à présent important qu'elle retrouve la confiance de tous. De nouvelles mesures contre le dopage sont également nécessaires. Certains médecins dans le peloton doivent être bannis. De cette manière le cyclisme pourra prendre un nouveau départ."

"Armstrong, quoi qu'il en soit, c'est un immense champion"

Laurent Jalabert, sélectionneur français et ancien coureur cycliste, sur la radio RTL : "Armstrong, quoi qu'il en soit, c'est un immense champion. Il a pu prendre quoi que ce soit, des coureurs de son niveau, il n'y en avait pas tant que cela. C'est quand même quelqu'un qui avait un talent énorme et qui a toujours un talent énorme. Il a un mental énorme. Il a fauté, il a été attrapé, il est suspendu pour ça, mais quoi qu'il en soit c'était quelqu'un qui était hors norme au niveau de ses capacités. Je n'oublie pas que depuis son plus jeune âge c'est un garçon qui a un parcours atypique, qui a quand même des qualités physiques et mentales qui sont au-dessus de la moyenne. On ne peut pas le nier. Après, il a été certainement très attiré par le pouvoir, et cela l'a poussé à la faute. L'issue devait être celle-là. Il était difficile pour l'UCI de réagir autrement. (...) La question que je me pose aujourd'hui c'est 'Comment a-t-il pu gagner 7 Tour de France pour qu'on apprenne maintenant que ce n'était pas normal ?'."

"Déjà passés à un autre cyclisme"

Javier Guillen, organisateur du Tour d'Espagne : "Nous sommes déjà passés à un autre cyclisme. Des faits aussi graves que ceux-là ne peuvent qu'avoir ce genre de conséquence. Donc je pense que la réaction de l'UCI est en accord avec la gravité des faits. Il faut continuer dans cette voie, mais je crois que oui, le cyclisme peut survivre à cette affaire parce que nous sommes déjà passés à un autre cyclisme. Le cyclisme peut et doit se relever de cette affaire. Nous sommes en train de parler d'une situation qui, bien que récente dans le temps, appartient déjà au cyclisme du passé. Quant au fait de réattribuer les victoires annulées d'Armstrong ou de laisser le palmarès vierge, la solution n'est pas facile. Mais je ne crois pas que ce soit le débat à l'heure actuelle.

"L'UCI doit tirer toutes les leçons de cette affaire"

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France : "L'Union cycliste internationale doit tirer toutes les leçons. C'est une crise mondiale, l'aura d'Armstrong touche tout le monde, pas seulement la France mais absolument partout dans le monde. Le règlement de l'UCI est clair. Quand un coureur perd la place qui lui a donné un prix, il doit rembourser. Nous souhaitons qu'il n'y ait pas de lauréat sur ces éditions. La décision formelle doit être prise par l'UCI (vendredi) mais pour nous, très clairement, il doit y avoir un palmarès en blanc. Dans le rapport de l'Usada, il y a une double mise en cause, d'un système et d'une époque. Cette époque doit être marquée par l'absence de vainqueurs. On est dans le système mafieux au-delà du dopage et même du monde du sport, d'une certaine manière.

Sportfootmagazine.be, avec Belga