Avec seulement deux côtes de 4e catégorie au programme, la Côte de Rosières à 92 km et de l'arrivée et la Côte de Maron à 15 km de la ligne, l'étape semblait propice aux sprinteurs. Le scénario attendu, à savoir une échappée au long cours, s'est dessiné dès les premiers mètres de course avec l'attaque de deux Wanty-Gobert, Frederik Backaert et le Français Yoann Offredo, et d'un CCC, le Suisse Michael Schär. Ils ont compté jusqu'à 3:40 d'avance. A 29 km de l'arrivée, alors que le peloton était à 30 secondes, Schär a attaqué.

Seul Backaert a pu le suivre. Le Belge devait cependant lâcher prise à 18 km de la ligne, laissant Schär seul devant. Le Suisse était repris durant l'ascension de la Côte de Maron (3,2 km à 5%) où la formation Sunweb de Michael Matthews faisait le forcing pour mettre les purs sprinteurs en difficulté.

Lancé par le maillot jaune Alaphilippe en personne et par l'Argentin Maximiliano Richeze, Viviani se montrait intraitable au sprint. Il laissait derrière lui Kristoff et Ewan. Le maillot vert Peter Sagan (BORA-hansgrohe) échouait à la quatrième place, devant les Néerlandais de Jumbo-Visma Dylan Groenewegen et Mike Teunissen, vainqueur de la première étape. Stuyven finissait à une belle huitième place, s'offrant un troisième top-10 en quatre étapes.

Viviani, 30 ans, décroche le 74e succès de sa carrière, le 7e de sa saison. Il entre dans le cercle fermé des vainqueurs d'étapes sur les trois Grands Tours, avec aussi cinq succès au Giro et trois à la Vuelta.

Alaphilippe conserve son maillot jaune avec 20 secondes d'avance sur Wout van Aert (Jumbo-Visma) et 25 sur le Néerlandais Steven Kruisjwijk (Jumbo-Visma).

L'étape de mercredi entre Saint-Dié-des-Vosges et Colmar (175,5 km) devrait inspirer les baroudeurs. Quatre côtes sont répertoriées: la Côte de Grendelbruch (3e catégorie, 3,4 km à 4,9%), la Côte du Haut-Koenigsbourg (2e catégorie, 5,9 km à 5,9%), la Côte des Trois-Epis (2e catégorie, 5 km à 6,7%) et la Côte des Cinq Châteaux (3e catégorie, 4,6 km à 6,1%) dont le sommet est situé à 19 km de l'arrivée.

"C'est la victoire qui me manquait", a savouré l'Italien Elia Viviani (Deceuninck), vainqueur mardi de sa première étape sur le Tour de France, à Nancy, après avoir déjà levé les bras sur les deux autres Grands Tours.

Cette victoire est-elle une consécration ?

"C'est la victoire qui me manquait, elle est arrivée. Elle n'était pas arrivée le premier jour mais on ne peut pas tout avoir dans la vie. Maintenant, je veux surtout rallier Paris, car c'est une arrivée prestigieuse. On va aussi penser à la septième étape et on a également un maillot jaune à défendre. On a vécu de grandes émotions depuis hier. Voir les visages des membres du staff (heureux), cela fait vraiment plaisir, c'est vraiment motivant et cela vient en plus de nos émotions personnelles."

Pouvez-vous décrire vos premiers sentiments une fois la ligne d'arrivée franchie ?

"Mon premier sentiment, ça a été de me dire, +enfin!+ J'ai enfin réussi ce que je voulais. Je suis resté incrédule un petit moment, mais en réalité j'avais compris dès le franchissement de la ligne que j'avais gagné. Dès la flamme rouge, je sentais que j'allais gagner: vu le positionnement de mon équipe, sur une arrivée aussi rapide cela aurait été très difficile pour les autres de me remonter."

Êtes-vous plus à l'aise avec cette équipe-là, plutôt que celle du Giro, pour vous emmener dans les sprints ?

"Je savais que l'équipe serait plus tournée autour de moi. Mais la différence se fait surtout avec la présence de Michael Morkov. Il nous dit comment rouler, son expérience fait la différence. S'il y a une erreur, cela ne peut être que de mon ressort. Sur le Giro, on ne peut pas dire que l'équipe était mauvaise, elle était juste peut-être un peu moins forte. Michael est l'homme qui fait tout. Je crois en lui à 200%. J'ai dit à l'équipe de l'écouter, je savais qu'il nous emmènerait à la victoire. Son timing pour faire ses choix, son expérience, sa puissance dans les jambes, cela fait la différence. Quand il demande à Julian (Alaphilippe) de prendre le relais, il supporte une grosse responsabilité mais il sait ce qu'il fait. Le seul souci que j'ai eu, c'était le vent de face, mais le sprint était tellement rapide que cela ne m'a pas dérangé."