Deux millions d'habitants seulement pour produire les deux meilleurs grimpeurs dans les Pyrénées: l'équation slovène est la demi-surprise de cette première semaine du Tour.

"C'est pas vraiment nouveau, plaisante le journaliste de RTV Slovénie, David Crmelj. Aux Jeux olympiques d'hiver, on est à chaque fois l'un des pays avec le plus de médailles par tête".

L'envolée de Primoz Roglic et de Tadej Pogacar pour arracher les bonifications dans les derniers mètres des pentes sévères de Marie-Blanque ont ôté les derniers doutes: l'ex-sauteur à ski de 30 ans et la pépite de 21 ans sont une jambe au-dessus des autres. Au moins sur cette première partie de la Grande boucle.

Mais leurs trajectoires sont différentes: le leader de Jumbo s'est mis au vélo à 23 ans passés quand le jeune loup d'UAE a fait toutes ses gammes dans le cyclisme.

Coïncidence

Et le consultant de RTV (diffuseur du Tour de France en Slovénie) Martin Hvastija, lui-même ancien coureur ayant disputé deux fois la Grande boucle, a une formule pour résumer leurs trajectoires: "Il dit que Primoz est tombé du ciel, rapporte son collège David Crmelj. Personne ne pouvait le prévoir, il est arrivé au cyclisme tard. Mais Tadej est passé par toutes les catégories des écoles de cyclisme. Il a commencé à 9 ans. C'est le produit du cyclisme slovénien".

Un sport où la république montagneuse n'avait pas particulièrement brillé jusqu'ici. "Le cyclisme slovène a toujours été là mais pas au niveau des tout meilleurs", reconnaît Matej Mohoric (Bahrain) sacré champion du monde juniors (2012) et espoirs (2013) sous les couleurs de la Slovénie.

"On a toujours eu des coureurs qui finissaient à l'avant dans les courses World Tour mais jamais deux grands champions en même temps comme maintenant", concède-t-il.

Le retraité Simon Spilak avait bien réussi quelques places par exemple à Paris-Nice (4e en 2012, 3e en 2015) mais rien de bien notable. Malgré sa grande tradition sportive et ses résultats en ski alpin, judo ou encore athlétisme, la Slovénie n'avait jamais produit de tels coursiers.

"Je pense que c'est seulement une coïncidence, Primoz et Tadej arrivent en même temps", analyse Mohoric, sans vraiment d'explications.

Ombre au tableau

Même sentiment chez son compatriote Jan Polanc, coéquipier de Pogacar chez UAE Emirates: "C'est possible d'avoir de bons coureurs mais c'est très rare d'avoir deux champions comme ça en position de gagner le Tour", constate-t-il. "J'ai toujours dit qu'on avait de bonnes écoles de cyclisme en Slovénie. Mais quand tu es un champion, tu es un champion et ces gars, à l'évidence, en sont", observe Polanc.

L'ombre à ce tableau idyllique réside dans les affaires de dopage qui ont secoué le cyclisme slovène à une époque récente.

Maillot rose éphémère du Giro 2019, Polanc avait évoqué un "moment triste pour le cyclisme slovène" quand l'affaire Aderlass avait éclaté en plein Tour d'Italie l'an passé.

Dans le cadre de ce réseau de dopage sanguin, deux de ses compatriotes, Kristijan Koren et Borut Bozic, ont été depuis suspendus chacun deux ans "pour des violations du règlement antidopage commises en 2011 et 2012" par la fédération internationale (UCI).

Au printemps 2019, l'UCI a aussi diligenté une enquête sur un autre Slovène, un homme de l'ombre, Milan Erzen, un ancien recruteur/entraîneur qui est toujours dans l'encadrement de l'équipe Bahrain. A cause de soupçons portant sur ses liens avec le médecin allemand Mark Schmidt, au coeur de l'affaire Aderlass.

Deux millions d'habitants seulement pour produire les deux meilleurs grimpeurs dans les Pyrénées: l'équation slovène est la demi-surprise de cette première semaine du Tour."C'est pas vraiment nouveau, plaisante le journaliste de RTV Slovénie, David Crmelj. Aux Jeux olympiques d'hiver, on est à chaque fois l'un des pays avec le plus de médailles par tête".L'envolée de Primoz Roglic et de Tadej Pogacar pour arracher les bonifications dans les derniers mètres des pentes sévères de Marie-Blanque ont ôté les derniers doutes: l'ex-sauteur à ski de 30 ans et la pépite de 21 ans sont une jambe au-dessus des autres. Au moins sur cette première partie de la Grande boucle.Mais leurs trajectoires sont différentes: le leader de Jumbo s'est mis au vélo à 23 ans passés quand le jeune loup d'UAE a fait toutes ses gammes dans le cyclisme.Et le consultant de RTV (diffuseur du Tour de France en Slovénie) Martin Hvastija, lui-même ancien coureur ayant disputé deux fois la Grande boucle, a une formule pour résumer leurs trajectoires: "Il dit que Primoz est tombé du ciel, rapporte son collège David Crmelj. Personne ne pouvait le prévoir, il est arrivé au cyclisme tard. Mais Tadej est passé par toutes les catégories des écoles de cyclisme. Il a commencé à 9 ans. C'est le produit du cyclisme slovénien".Un sport où la république montagneuse n'avait pas particulièrement brillé jusqu'ici. "Le cyclisme slovène a toujours été là mais pas au niveau des tout meilleurs", reconnaît Matej Mohoric (Bahrain) sacré champion du monde juniors (2012) et espoirs (2013) sous les couleurs de la Slovénie."On a toujours eu des coureurs qui finissaient à l'avant dans les courses World Tour mais jamais deux grands champions en même temps comme maintenant", concède-t-il.Le retraité Simon Spilak avait bien réussi quelques places par exemple à Paris-Nice (4e en 2012, 3e en 2015) mais rien de bien notable. Malgré sa grande tradition sportive et ses résultats en ski alpin, judo ou encore athlétisme, la Slovénie n'avait jamais produit de tels coursiers. "Je pense que c'est seulement une coïncidence, Primoz et Tadej arrivent en même temps", analyse Mohoric, sans vraiment d'explications. Même sentiment chez son compatriote Jan Polanc, coéquipier de Pogacar chez UAE Emirates: "C'est possible d'avoir de bons coureurs mais c'est très rare d'avoir deux champions comme ça en position de gagner le Tour", constate-t-il. "J'ai toujours dit qu'on avait de bonnes écoles de cyclisme en Slovénie. Mais quand tu es un champion, tu es un champion et ces gars, à l'évidence, en sont", observe Polanc.L'ombre à ce tableau idyllique réside dans les affaires de dopage qui ont secoué le cyclisme slovène à une époque récente.Maillot rose éphémère du Giro 2019, Polanc avait évoqué un "moment triste pour le cyclisme slovène" quand l'affaire Aderlass avait éclaté en plein Tour d'Italie l'an passé.Dans le cadre de ce réseau de dopage sanguin, deux de ses compatriotes, Kristijan Koren et Borut Bozic, ont été depuis suspendus chacun deux ans "pour des violations du règlement antidopage commises en 2011 et 2012" par la fédération internationale (UCI).Au printemps 2019, l'UCI a aussi diligenté une enquête sur un autre Slovène, un homme de l'ombre, Milan Erzen, un ancien recruteur/entraîneur qui est toujours dans l'encadrement de l'équipe Bahrain. A cause de soupçons portant sur ses liens avec le médecin allemand Mark Schmidt, au coeur de l'affaire Aderlass.