En s'imposant à Châteauroux pour la troisième fois de sa carrière, jeudi, Mark Cavendish a porté à 32 victoires son nombre de bouquets sur le Tour de France. Soit deux de moins que le record d'Eddy Merckx, dont il se rapproche à grands pas. "Ne prononce pas son nom", a souri le Britannique de Deceuninck-Quick Step lors de l'interview flash d'après-course. "Je veux juste gagner des étapes."

Il y a 10 ans, Mark Cavendish s'imposait déjà à Châteauroux sur le Tour de France. Autre maillot, même célébration., iStock
Il y a 10 ans, Mark Cavendish s'imposait déjà à Châteauroux sur le Tour de France. Autre maillot, même célébration. © iStock

CHÂTEAUROUX DIX ANS PLUS TARD

Cavendish s'était déjà imposé à Châteauroux en 2008, pour son premier succès sur les routes du Tour, et 2011. "On dirait qu'à chaque fois qu'on termine ici, c'est une ligne différente", a commenté Cavendish. "En 2008, c'était une légère montée, en 2011 c'était aussi une légère montée, mais moins longue. Je ne peux pas croire que cela fait dix ans que j'avais gagné ici. C'est spécial. C'est arrivé aujourd'hui d'une manière un peu semblable. Nous avions discuté ce matin de ce que nous devions faire dans le final. Il y a tellement d'équipes fortes qui veulent rouler à l'avant avec leur train. Donc c'est dur de rester devant, on est toujours débordé. Surtout par certaines équipes qui viennent ici avec toute une équipe pour un seul sprinteur, mais qui ne roule pas à l'avant.", raconte le maillot vert.

"Quand l'échappée avec Kasper Asgreen et beaucoup d'équipes de sprinteurs était devant, Groupama-FDJ et Arkéa Samsic ont soudainement commencé à rouler", a poursuivi Cavendish. "Des équipes françaises, en France, elles ont paniqué. Mais après, elles n'ont plus collaboré. Comme toujours, Alpecin-Fenix est venu travailler avec nous. Ils ont aussi le train le plus fort. Michael Morkov a laissé le côté gauche ouvert pour que j'accélère. Mais je voulais rester dans la roue encore une fraction de seconde et j'ai dû changer de train."

Avec 32 victoires sur les routes du Tour, le 'Manx Express' se rapproche un peu plus du record de 34 succès d'Eddy Merckx "Ne prononce pas son nom, ne prononce pas son nom", a lancé dans un éclat de rire le Britannique. "Je viens de gagner une étape au Tour, c'est pour ça que les gens roulent toute leur vie. Je ne pense pas au record ni à rien. Je veux juste gagner des étapes du Tour de France. Si je suis assez bon pour en gagner 50, c'est super. Et si je n'en gagne plus une seule, tout ira bien aussi." Les larmes de tristesse du Britannique l'automne dernier lorsqu'il pensait effectuer ses derniers tours de roue sur Gand-Wevelgem semblent loin. Le Cav'a réussi le pari impossible de retrouver une équipe, mais surtout les sommets. Plus détendu, son visage semble s'être rajeuni avec ce deuxième souffle. Dix après avoir ramené le maillot vert à Paris, Mark Cavendish porte de nouveau la précieuse tunique. Mais sans rêver pour autant d'aller jusqu'au bout avec. Le Britannique a décidé d'en finir avec la pression, sans doute le meilleur moyen de repousser ses limites.

Toujours fair-play, Mathieu van der Poel fut l'un des premiers à féliciter Cavendish mardi. Malgré le fait qu'il ait battu un de ses partenaires., iStock
Toujours fair-play, Mathieu van der Poel fut l'un des premiers à féliciter Cavendish mardi. Malgré le fait qu'il ait battu un de ses partenaires. © iStock

VAN DER POEL IMPRESSIONNÉ PAR SON AÎNÉ CAVENDISH

Cavendish a remporté sa deuxième étape au sprint. "Incroyable. Normalement, il ne devait même pas participer et le voilà déjà avec deux victoires d'étapes à son actif. Il est vraiment de retour. Et cela pour quelqu'un qui a dix ans de plus que moi. Est-ce que cela me donne envie de courir encore? On en est encore loin.", a conclu Mathieu van der Poel qui n'est pas le seul à être impressionné par le retour au premier plan du ManXpress.

En larmes lors de sa victoire d'étape à Fougères, Mark Cavendish a pu compter sur son fidèle équipier Tim De Clercq pour réaliser qu'il ne rêvait pas., iStock
En larmes lors de sa victoire d'étape à Fougères, Mark Cavendish a pu compter sur son fidèle équipier Tim De Clercq pour réaliser qu'il ne rêvait pas. © iStock

UNE VICTOIRE ENCORE PLUS FORTE POUR TIM DECLERCQ

Tim Declercq s'est à nouveau transformé en coéquipier idéal pour Mark Cavendish jeudi. Il a roulé en tête pendant plusieurs heures et a permis de maîtriser l'avance des échappés. "Je considère cette victoire encore plus forte que la première."

Cette deuxième victoire de Cavendish sur le Tour ne représente pas une surprise mais n'était pas non plus une formalité, a expliqué le coureur de l'équipe Deceuninck-Quick Step. "Beaucoup d'autres coureurs auraient eu une décompression après la victoire de mardi, surtout si vous n'avez pas gagné depuis longtemps au plus haut niveau. Il avait déjà prouvé ce qu'il voulait prouver, mais Mark est un grand champion et ça le distingue des autres. Il voulait recommencer, il voulait encore gagner." Cavendish compte désormais 32 victoires sur le Tour, deux de moins que le record de Merckx. "C'est magnifique mais ce n'est qu'une statistique", ajoute Tim Declercq. "Cav' est quelqu'un qui vit d'émotions, plus que de records. S'il l'égale ou le dépasse, cela ne signifie pas qu'il est un meilleur coureur que Merckx. Il a maintenant prouvé dans ce Tour qu'il est toujours présent après toutes ces années. Mark a la mentalité pour frapper lors d'un nouveau sprint.", estime Declercq.

"UN LION NE MEURT JAMAIS"

Cavendish bénéficie d'un capital sympathie dans le peloton qui n'a pas oublié le spleen qu'il traversait ces dernières années. Les réactions positives n'ont pas manqué depuis sa première victoire, mardi. "Souvenez-vous: un lion ne meurt jamais" avait twitté Michal Kwiatkowski qui a connu le citoyen de l'île de Man pendant 3 saisons au sein de l'équipe Quick.Step.

Même dans le clan des battus, la défaite passe quand même quand elle est l'oeuvre de Mark Cavendish. Jasper Philipsen, devancé à deux reprises par le Britannique, a félicité son rival à chaque reprise. "C'est toujours chouette de disputer des sprints à la loyale contre une vraie légende comme Mark Cavendish", avait-il commenté après l'étape terminant à Fougères.

"Si génial de voir Mark Cavendish prouver à ceux qui doutaient de lui qu'ils avaient tort", a pour sa part écrit sur Twitter Christopher Froome. Le quadruple vainqueur du Tour qui traverse une période très compliquée depuis sa lourde chute au Dauphiné Libéré de 2019 voudra certainement chercher dans l'exemple de son compatriote du même âge l'espoir de retrouver lui aussi les sommets.

Son ancien coéquipier chez Ineos, vainqueur du Tour en 2018, Geraint Thomas a aussi souligné le parcours de revenant de Cavendish. "J'ai vu Cav à son meilleur niveau et je l'ai vu travailler très dur dans ses moments les plus difficiles. Malgré cela, je ne m' attendais pas à ce qu'il réalise cela aujourd'hui. Ce sport vous assomme encore et encore, mais si vous continuez à vous relever, il peut vous récompenser de manière incroyable. Cav se relève toujours. Fier de toi mon pote." , a commenté le sympathique Gallois.

"Le missile de Man l'a fait", a réagiFred Wright, le coureur de l'équipe Bahrain sur son compte alors Ivan Garcia Cortina qui a connu Cavendish chez Bahrain avant de rejoindre Movistar cette année écrivait sur Twitter que le "cyclisme avait gagné aujourd'hui" avant de féliciter le vainqueur.

Belga et F.Chl.

En s'imposant à Châteauroux pour la troisième fois de sa carrière, jeudi, Mark Cavendish a porté à 32 victoires son nombre de bouquets sur le Tour de France. Soit deux de moins que le record d'Eddy Merckx, dont il se rapproche à grands pas. "Ne prononce pas son nom", a souri le Britannique de Deceuninck-Quick Step lors de l'interview flash d'après-course. "Je veux juste gagner des étapes."CHÂTEAUROUX DIX ANS PLUS TARDCavendish s'était déjà imposé à Châteauroux en 2008, pour son premier succès sur les routes du Tour, et 2011. "On dirait qu'à chaque fois qu'on termine ici, c'est une ligne différente", a commenté Cavendish. "En 2008, c'était une légère montée, en 2011 c'était aussi une légère montée, mais moins longue. Je ne peux pas croire que cela fait dix ans que j'avais gagné ici. C'est spécial. C'est arrivé aujourd'hui d'une manière un peu semblable. Nous avions discuté ce matin de ce que nous devions faire dans le final. Il y a tellement d'équipes fortes qui veulent rouler à l'avant avec leur train. Donc c'est dur de rester devant, on est toujours débordé. Surtout par certaines équipes qui viennent ici avec toute une équipe pour un seul sprinteur, mais qui ne roule pas à l'avant.", raconte le maillot vert."Quand l'échappée avec Kasper Asgreen et beaucoup d'équipes de sprinteurs était devant, Groupama-FDJ et Arkéa Samsic ont soudainement commencé à rouler", a poursuivi Cavendish. "Des équipes françaises, en France, elles ont paniqué. Mais après, elles n'ont plus collaboré. Comme toujours, Alpecin-Fenix est venu travailler avec nous. Ils ont aussi le train le plus fort. Michael Morkov a laissé le côté gauche ouvert pour que j'accélère. Mais je voulais rester dans la roue encore une fraction de seconde et j'ai dû changer de train."Avec 32 victoires sur les routes du Tour, le 'Manx Express' se rapproche un peu plus du record de 34 succès d'Eddy Merckx "Ne prononce pas son nom, ne prononce pas son nom", a lancé dans un éclat de rire le Britannique. "Je viens de gagner une étape au Tour, c'est pour ça que les gens roulent toute leur vie. Je ne pense pas au record ni à rien. Je veux juste gagner des étapes du Tour de France. Si je suis assez bon pour en gagner 50, c'est super. Et si je n'en gagne plus une seule, tout ira bien aussi." Les larmes de tristesse du Britannique l'automne dernier lorsqu'il pensait effectuer ses derniers tours de roue sur Gand-Wevelgem semblent loin. Le Cav'a réussi le pari impossible de retrouver une équipe, mais surtout les sommets. Plus détendu, son visage semble s'être rajeuni avec ce deuxième souffle. Dix après avoir ramené le maillot vert à Paris, Mark Cavendish porte de nouveau la précieuse tunique. Mais sans rêver pour autant d'aller jusqu'au bout avec. Le Britannique a décidé d'en finir avec la pression, sans doute le meilleur moyen de repousser ses limites.VAN DER POEL IMPRESSIONNÉ PAR SON AÎNÉ CAVENDISHCavendish a remporté sa deuxième étape au sprint. "Incroyable. Normalement, il ne devait même pas participer et le voilà déjà avec deux victoires d'étapes à son actif. Il est vraiment de retour. Et cela pour quelqu'un qui a dix ans de plus que moi. Est-ce que cela me donne envie de courir encore? On en est encore loin.", a conclu Mathieu van der Poel qui n'est pas le seul à être impressionné par le retour au premier plan du ManXpress.UNE VICTOIRE ENCORE PLUS FORTE POUR TIM DECLERCQTim Declercq s'est à nouveau transformé en coéquipier idéal pour Mark Cavendish jeudi. Il a roulé en tête pendant plusieurs heures et a permis de maîtriser l'avance des échappés. "Je considère cette victoire encore plus forte que la première." Cette deuxième victoire de Cavendish sur le Tour ne représente pas une surprise mais n'était pas non plus une formalité, a expliqué le coureur de l'équipe Deceuninck-Quick Step. "Beaucoup d'autres coureurs auraient eu une décompression après la victoire de mardi, surtout si vous n'avez pas gagné depuis longtemps au plus haut niveau. Il avait déjà prouvé ce qu'il voulait prouver, mais Mark est un grand champion et ça le distingue des autres. Il voulait recommencer, il voulait encore gagner." Cavendish compte désormais 32 victoires sur le Tour, deux de moins que le record de Merckx. "C'est magnifique mais ce n'est qu'une statistique", ajoute Tim Declercq. "Cav' est quelqu'un qui vit d'émotions, plus que de records. S'il l'égale ou le dépasse, cela ne signifie pas qu'il est un meilleur coureur que Merckx. Il a maintenant prouvé dans ce Tour qu'il est toujours présent après toutes ces années. Mark a la mentalité pour frapper lors d'un nouveau sprint.", estime Declercq."UN LION NE MEURT JAMAIS"Cavendish bénéficie d'un capital sympathie dans le peloton qui n'a pas oublié le spleen qu'il traversait ces dernières années. Les réactions positives n'ont pas manqué depuis sa première victoire, mardi. "Souvenez-vous: un lion ne meurt jamais" avait twitté Michal Kwiatkowski qui a connu le citoyen de l'île de Man pendant 3 saisons au sein de l'équipe Quick.Step.Même dans le clan des battus, la défaite passe quand même quand elle est l'oeuvre de Mark Cavendish. Jasper Philipsen, devancé à deux reprises par le Britannique, a félicité son rival à chaque reprise. "C'est toujours chouette de disputer des sprints à la loyale contre une vraie légende comme Mark Cavendish", avait-il commenté après l'étape terminant à Fougères."Si génial de voir Mark Cavendish prouver à ceux qui doutaient de lui qu'ils avaient tort", a pour sa part écrit sur Twitter Christopher Froome. Le quadruple vainqueur du Tour qui traverse une période très compliquée depuis sa lourde chute au Dauphiné Libéré de 2019 voudra certainement chercher dans l'exemple de son compatriote du même âge l'espoir de retrouver lui aussi les sommets.Son ancien coéquipier chez Ineos, vainqueur du Tour en 2018, Geraint Thomas a aussi souligné le parcours de revenant de Cavendish. "J'ai vu Cav à son meilleur niveau et je l'ai vu travailler très dur dans ses moments les plus difficiles. Malgré cela, je ne m' attendais pas à ce qu'il réalise cela aujourd'hui. Ce sport vous assomme encore et encore, mais si vous continuez à vous relever, il peut vous récompenser de manière incroyable. Cav se relève toujours. Fier de toi mon pote." , a commenté le sympathique Gallois."Le missile de Man l'a fait", a réagiFred Wright, le coureur de l'équipe Bahrain sur son compte alors Ivan Garcia Cortina qui a connu Cavendish chez Bahrain avant de rejoindre Movistar cette année écrivait sur Twitter que le "cyclisme avait gagné aujourd'hui" avant de féliciter le vainqueur.Belga et F.Chl.