• C'est la dernière fois de ce Tour que les coureurs verront la mer, car ils vont désormais prendre la route de l'est. Aujourd'hui, le peloton rallie Poitiers, où se situe l'arrivée de cette onzième étape, la plus longue de ce Tour 2020 avec 218 kilomètres. Poitiers est également le point le plus septentrional du parcours avant que les coureurs, qui vont se diriger vers le sud-est pour traverser le Massif Central et les Alpes, n'atteignent la Franche-Comté, lors du dernier vendredi de course.
  • Nous avons droit aujourd'hui à ce qui est probablement la plus pure étape de sprinteurs de ce Tour. "Une respiration pour les coureurs", comme l'a qualifiée Thierry Gouvenou, le directeur technique du Tour, lors de la présentation du parcours. Une étape qui comporte de nombreux tronçons en ligne droite et peu propice aux bordures. Au départ de l'étape, les coureurs passeront notamment par le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, où ils seront à l'abri du vent. L'arrivée à Poitiers, connue pour ses batailles historiques en 732 et 1356, se fait sur la large avenue John Fitzgerald Kennedy, avec une dernière ligne droite d'1,6 km, taillée sur mesure des sprinteurs. À noter toutefois, une légère montée (3%) entre les kilomètres trois et deux avant l'arrivée. On recense également deux virages serrés à 90°. Le positionnement sera donc une nouvelle fois crucial.
Le profil de cette onzième étape., belga
Le profil de cette onzième étape. © belga
  • Poitiers a déjà accueilli trois arrivées d'étape du Tour : en 1955, Jean Forestier y a remporté l'un de ses quatre succès. Plus tôt dans l'année, il s'était déjà montré le plus fort à Paris-Roubaix. Aujourd'hui âgé de nonante ans, le Français est le plus vieux des vainqueurs de l'Enfer du Nord toujours en vie. Une "performance" qu'il détient également sur le Tour des Flandres, qu'il a gagné en 1956, depuis le décès, fin mai, de Roger De Cock. En 1971, c'est Jean-Piere Danguillaume qui s'était montré le plus véloce durant le sprint sur la piste d'athlétisme du Stade Paul Rébeilleau de Poitiers. Et en 1978, c'est un jeune débutant de 22 ans qui remportait sa première étape du Tour à Poitiers : un certain Sean Kelly. L'Irlandais ne remportera encore "que" quatre autres bouquets sur la Grande Boucle, ce qui ne l'empêcha pas de ramener le maillot vert en Irlande à quatre reprises. Il y est surtout parvenu grâce à ses 22 (!) deuxièmes places, un record qu'il partage avec Erik Zabel et Peter Sagan, d'autres spécialistes du classement par points qu'ils ont respectivement remporté six et sept fois.
Sean Kelly., belga
Sean Kelly. © belga
  • Hier, le compatriote de Kelly, Sam Bennett, a remporté sa première victoire d'étape sur le Tour, auquel il participe pour la troisième fois, grâce notamment à l'excellent travail de son coéquipier chez Deceuninck-Quick-Step, le Danois Michael Morkov. Il y a quatre ans, lors du Tour 2016, ils avaient chuté ensemble lors de la première étape à Utah Beach. Morkov, alors chez Katusha, avait poursuivi jusqu'à la première étape de montagne, mais avait ensuite dû abandonner. Bennett, à l'époque dans l'équipe Bora-Argon 18, avait quant à lui terminé le Tour comme lanterne rouge, à environ cinq heures du vainqueur, Chris Froome.
  • Peter Sagan a terminé hier à la troisième place. C'est son premier podium de ce Tour, après dix étapes. Depuis qu'il a débuté sur le Tour, en 2012, jamais il n'avait dû attendre aussi longtemps avant de signer un top 3. Son pourcentage phénoménal de podiums sur les étapes du Tour (45 top 3 en 136 étapes en ligne, soit 33%) a donc légèrement baissé (46 sur 146, soit 31,5%. Le Slovaque court après la victoire, toutes courses confondues, depuis un bon bout de temps : son dernier succès remonte au 10 juillet 2019, lors de la cinquième étape du Tour, à Colmar. Jamais il n'a dû patienter aussi longtemps entre deux succès depuis qu'il est passé professionnel.