• La dernière arrivée à Bourg-en-Bresse, ville-départ du jour, date de 2007. Tom Boonen y avait remporté le sprint massif de la sixième étape, devançant Oscar Freire et Erik Zabel. C'était un grand soulagement pour le coureur de chez Quick-Step, après une semaine de frustration et d'incompréhensions avec son poisson-pilote, Gert Steegmans. Plus tard, Boonen remportera encore la douzième étape, à Castres, et décrochera le maillot vert final à Paris, 19 ans après Eddy Planckaert. C'est le dernier grand Tour qu'a achevé Boonen, performance que le Campinois n'a réussi que trois fois en quatorze participations.
Bradley Wiggins., belga
Bradley Wiggins. © belga
  • Le jour de la victoire de Boonen à Bourg-en-Bresse, Bradley Wiggins, frustré après avoir seulement terminé quatrième du prologue à Londres, s'est lancé dans un solo de pas moins de 192 kilomètres. Ce n'était évidemment pas prévu comme tel, mais quand il a démarré, après deux kilomètres, personne n'a pris son sillage. Et donc le Britannique a persisté. Malgré une avance maximale de 17 minutes et 20 secondes, Wiggins, alors toujours chez Cofidis, a été repris en vue de la ligne, en partie à cause d'un vent de face. Wiggins a néanmoins passé une bonne journée. "J'ai bavardé et plaisanté un peu avec le directeur sportif Bernard Quilfen en cours de route. Et j'ai pu apprécier le public et les paysages." Détail piquant : cinq ans plus tard, Wiggins a remporté le chrono du Dauphiné à Bourg-en-Bresse. Un succès qui a posé les bases de la victoire finale du Londonien, qui remportera également le Tour, un mois plus tard.
  • Wiggins a perdu énormément de kilos pour passer du gabarit de cycliste contre-la-montre à celui d'un vainqueur du Tour. Selon certains, Wout van Aert devrait suivre le même chemin et se concentrer sur le classement final dans le Tour. Mais pour un coureur de 77 kilos, avec déjà un pourcentage de graisse de 6 à 7%, ce serait préjudiciable. Van Aert est déjà un phénomène. Après avoir déjà remporté deux sprints massifs, le Campinois a terminé troisième de l'étape d'hier, qui comptait pourtant un dénivelé positif de 5.000 mètres. Le dernier Belge capable d'une telle polyvalence (gagner un sprint massif et terminer au moins sur le podium d'une étape de montagne) ? Eddy Merckx en 1974. Le Cannibale avait alors, en plus de deux chronos et de trois étapes de montagne, remporté un sprint massif sur la piste de La Cipale, à Paris. Avec la nuance que Merckx n'était pas le plus rapide dans ce sprint tumultueux, car il est passé de la deuxième à la première place, en raison de la disqualification de Patrick Sercu.
  • Le parcours du jour, à travers le Jura, n'est pas plat : il compte 2.208 mètres de dénivelé positif. Il y a même un "col" sur le parcours, immédiatement après le départ à Bourg-en-Bresse : le Col de France, haut de 372 mètres. C'est en fait une simple côte, qui ne mérite pas le nom de "col". Plus tard dans l'étape, on trouve plusieurs montées : principalement entre les kilomètres 60 et 135, dont une ascension de quatrième catégorie, la Côte de Château-Chalon. La suite du parcours est accidentée, même si les trente derniers kilomètres sont principalement en descente. À Champagnole, la dernière ligne droite fait 1,1 kilomètre, rue Léon Blum, avec une dernière centaine de mètres en très légère montée. Crucial en cas de sprint massif : un grand virage en épingle à gauche, suivi d'un virage serré à droite, juste avant le dernier kilomètre.
  • Cette étape pourrait être la dernière chance pour Peter Sagan de tenter quelque chose en vue du maillot vert. Le sprint intermédiaire du jour prend place après 117 kilomètres, dont quelques-uns en montée. Tactique envisageable : tenter de faire exploser Sam Bennett grâce à ses équipiers de chez BORA-hansgrohe, puis filer vers l'arrivée, comme ils l'ont fait vers Lavaur. Mais BORA-hansgrohe doit alors tenter de garder le peloton groupé jusqu'au sprint intermédiaire, ou ne laisser partir qu'un petit groupe. Les équipiers de Sagan ont-ils encore suffisamment d'énergie pour ça ?