• Après la course meurtrière d'hier jusqu'au Col de la Loze, le peloton a droit à une autre étape alpestre difficile avec près de 5000 mètres de dénivelé et six montées. Et ça monte directement, ce qui est favorable au développement d'échappées. Le premier col est l'un des plus beaux de France en terme de décor : le Cormet de Roselend, un col de 18,6 kilomètres à 6,1%, avec un sommet juste en dessous de 2000 mètres. Une ascension qui restera à jamais liée à Johan Bruyneel, tombé dans un ravin lors du Tour 1996. Heureusement, sa chute a été ralentie par des arbres et il a même pu reprendre la route, avant de devoir toutefois abandonner trois jours plus tard.
  • Lors du Tour de l'année dernière, le Cormet de Roselend a été supprimé de l'avant-dernière étape après un glissement de terrain dans la descente. Il a donc également fallu faire une croix sur la Côte de Longefroy suivante et les coureurs n'ont eu qu'à terminer la montée finale vers Val Thorens. Le trajet a donc été raccourci de 130 à 59,5 kilomètres.
Mario Aerts avec Dario Frigo et Giuseppe Guerini., belga
Mario Aerts avec Dario Frigo et Giuseppe Guerini. © belga
  • Le Cormet de Roselend est suivi du duo classique Col des Saisies-Col des Aravis. En 2002, Mario Aerts est passé en tête des deux sommets lors d'une échappée en compagnie de Dario Frigo et Giuseppe Guerini. C'est finalement Frigo qui s'est imposé à Cluses. Une deuxième place d'honneur pour Aerts qui s'était déjà classé deuxième derrière le Colombien Santiago Botero, trois jours plus tôt, aux Deux Alpes. Le Flandrien qui achèvera également le classement du maillot à pois à la deuxième place, derrière Laurent Jalabert. Tout comme Thomas De Gendt, deuxième du classement de la montagne derrière Rafal Majka en 2016. Le baroudeur était également passé en tête du Col des Aravis, mais contrairement à Aerts, il avait remporté une étape, celle du Mont Ventoux.
  • La Montée du Plateau des Glières est le clou de cette étape. Elle est super raide : six kilomètres à 11,2%, avec même deux km au-dessus de 12% - encore plus pentu que la dernière partie du col de la Loze, hier. Cette ascension a été introduite lors du Tour de France 2018, alors qu'elle figurait déjà sur la liste des cols "ignorés par le Tour" des sites spécialisés. L'impulsion est finalement venue de Jean-François Pescheux, directeur de course du Tour, retraité depuis 2013, qui a de la famille dans la région. La montée n'était toutefois pas complètement inconnue : elle a été le théâtre d'une arrivée du Tour des Pays de Savoie, remportée par Louis Vervaeke en 2014. Et en 2013, Julian Alaphilippe y a remporté une étape du Tour de l'Avenir. Ce n'est pas un hasard si Alaphilippe a été le premier à franchir le sommet lors du Tour en 2018, avant de lever les bras sur la ligne d'arrivée au Grand Bornand.
La montée du Plateau des Glières.
  • La descente qui suit est interrompue par le Col des Fleuries, une montée de 5,5 kilomètres à 4,6% qui, curieusement, ne permet pas de grappiller des points pour le classement de la montagne. La descente vers l'arrivée à La-Roche-sur-Foron est très technique et non sans danger, car dans les cinq derniers kilomètres, il y a une succession de virages et de ronds-points. La dernière ligne droite de 500 mètres sur le boulevard du Maquis des Glières remonte légèrement (4%). C'est la toute première fois que La-Roche-sur-Foron, où l'éclairage public électrique a été utilisé pour la première fois en Europe en 1885, reçoit le Tour, même si la commune avait été traversée en 2018, lors de la victoire d'Alaphilippe. Après deux jours à l'attaque, le Français pourra-t-il rééditer son exploit ? Ou assistera-t-on à une bagarre entre les coureurs de classement pour la victoire d'étape ?