• Grenoble, théâtre du départ du jour, est la ville de naissance de Nans Peters, vainqueur plus tôt dans le Tour de l'étape de Loudenvielle. Malgré sa riche histoire sur le Tour de France (Merckx y a gagné une étape il y a cinquante ans), la capitale des Alpes, n'avait plus accueilli la caravane depuis 2014 et un départ vers Risoul. Ce jour-là, c'est le Polonais Rafal Majka qui s'était imposé. Pour la dernière arrivée à Grenoble, il faut remonter à 2011. Tony Martin y avait remporté le chrono qui avait notamment permis à Cadel Evans de s'assurer définitivement du maillot jaune.
  • Selon le Cycling Cols Index, qui détermine la difficulté des étapes de montagne, celle du jour est la plus dure de l'édition 2020. C'est toutefois de la petite bière en comparaison avec les trois étapes de montagne de la dernière semaine du Giro à venir. Cela aurait pu être plus difficile puisqu'initialement, le Grand Cucheron devait également être escaladé. Le responsable du parcours, Thierry Gouvenou, a finalement trouvé que l'étape était déjà suffisament compliquée pour une troisième semaine.
  • Le deuxième obstacle de cette étape, le Col de la Loze où est jugée l'arrivée, est nouveau dans le Tour. Du moins la partie finale, car la section entre Brides-les-Bains et le mini-aéroport de Méribel, quatre kilomètres au-dessus de la station de ski, a été le décor d'une étape alpestre en 1973. En l'absence d'Eddy Merckx, Bernard Thévenet avait profité de la rivalité entre Luis Ocaña et José Manuel Fuente pour s'imposer.
  • Thierry Monin, le maire de Méribel essayait depuis longtemps d'y attirer le Tour, mais il essuyait sans cesse des refus : la montée vers Méribel n'était pas assez difficile, pas assez spéciale. Jusqu'à ce que le patron du Tour, Christian Prudhomme, reçoive des informations sur la nouvelle ascension et qu'il dîne avec Monin lors du Tour l'année dernière, après l'étape arrivant à Val Thorens. Cependant, un accord n'a été conclu que lorsque Prudhomme a reçu un coup de fil de Bernard Hinault un bon mois plus tard. Il avait assisté à l'étape du Tour de l'Avenir, sur le nouveau Col de la Loze, long de 21,5 kilomètres. L'Australien Alexander Evans, désormais professionnel chez Circus-Wanty Gobert, s'y était montré le meilleur grimpeur en 1 heure, 2 minutes et 45 secondes. Malgré le parcours ultra-court, le spectacle était omniprésent et Hinault a donc exhorté Prudhomme à venir jeter un oeil à la montée le plus tôt possible. Le patron du Tour a suivi ses conseils et a été stupéfait : c'était encore plus spectaculaire que ce qu'il imaginait. En partie à cause du fabuleux décor à 360 degrés avec vue sur tous les sommets du Massif de la Vanoise, y compris le Mont Blanc, qui brille en arrière-plan. "Un cadeau que nous n'aurions jamais osé demander au Père Noël et qui s'est soudainement retrouvé sous un sapin à Méribel", dixit Prudhomme.
  • Le patron du Tour a qualifié la montée de "prototype d'une ascension du XXIe siècle". Un grand rendez-vous dans le Tour des décennies à venir. Lui et le concepteur du parcours, Thierry Gouvenou, recherchent depuis des années de nouveaux cols emblématiques, en plus du Galibier ou du Tourmalet. En 2018, le Plateau des Glières a vu le jour et, en 2019 l'ascension inédite du Prat d'Albis a été introduite. Et maintenant le Col de la Loze, donc. Une montée en toboggan, très atypique pour les Alpes. Irrégulier tel un col espagnol arraché à la Vuelta : des étendues de faux plats entrecoupées de bandes très abruptes de plus de 10% et d'un pic de 20%.