Le directeur de course Thierry Gouvenou garde le secret sur le tracé de juillet prochain. Il consent cependant à donner à l'AFP le fil rouge de l'épreuve, à la veille de la présentation à Paris: "On ne va quasiment pas quitter la montagne, moyenne ou haute, c'est l'esprit général de ce Tour."

L'homme qui recherche les nouveautés sur le terrain et surtout qui met en musique les grandes lignes tracées par le directeur du Tour Christian Prudhomme, est le mieux placé pour évoquer les différences entre 2019 et 2020: "En termes de difficulté générale, ce sera quasiment identique. En dénivelé total, on sera même au-dessus."

N'en déplaise toutefois aux passionnés de data et de statistiques, le dénivelé n'est pas la valeur ultime. "C'est un indice parmi d'autres", rappelle Thierry Gouvenou. "En 2020, on va accumuler beaucoup de dénivelé sur des étapes qui ne sont pas des parcours de haute montagne".

L'année passée, le total atteignait (avant modification des étapes de Tignes et Val Thorens) 54.000 mètres. Beaucoup plus que l'édition 2018 et ses quelque 45.000 mètres. Le prochain Tour est-il une nouvelle étape dans la course aux records ?

"Deux années qui sortent de l'ordinaire"

"C'est seulement l'opportunité du départ dans le sud de la France", corrige Thierry Gouvenou. "Dès le deuxième jour, on propose quelque chose de costaud". Deux cols importants (la Colmiane, Turini) d'une longueur dépassant ou approchant les 15 kilomètres, à distance certes de l'arrivée, un autre sensiblement plus court (Eze) dans le final: aucun Tour contemporain n'a présenté pareille entrée en matière.

Est-ce de nature à décourager les sprinteurs ? "Non, même s'il y a très peu de véritables étapes de plaine", répond le directeur de course. "Il y en aura d'autres où les sprinteurs pourront aller jusqu'au bout et jouer la gagne. Mais ce ne sera jamais facile".

Dans douze mois, quand le Tour 2021 sera présenté, les grimpeurs feront un peu plus la grimace. Car la part accordée à la montagne ne pourra que se réduire, si l'on comprend bien Thierry Gouvenou: "Ce n'est pas une tendance lourde."

"2019 et 2020 sont clairement deux années qui sortent de l'ordinaire, avec deux Tours très au sud, dit-il. L'an prochain, on va passer à une nouvelle séquence. On sait très bien qu'on va retourner sur des parcours plus classiques, dans la plaine et sur des terrains moyennement vallonnés".

La raison ? le site du Grand départ, fixé d'ores et déjà à Copenhague. Or, souligne le directeur de course, "le départ du Danemark, c'est trois jours de plat".