C'est une étape typique des Vosges, avec six cols, mais comme le Grand Ballon, l'ultime ascension, se trouve à 40 kilomètres de l'arrivée, les coureurs de classement ne se fatigueront sans doute pas, ne serait-ce qu'à cause de l'étape suivante, avec arrivée à La Planche des Belles Filles. Un outsider qui aurait perdu beaucoup de temps sur les pavés pourrait filer. Des coureurs comme Greg Van Avermaet et Sylvain Chavanel sont également susceptibles de tenter leur chance dans une longue échappée.

En 2009, Chavanel s'est détaché dans une étape similaire des Vosges, en compagnie d'Heinrich Haussler, mais le Germano-Australien l'a lâché. C'était la grande saison de Haussler, qui avait également terminé deuxième de Milan-Sanremo et du Tour des Flandres. Après, il a retrouvé l'anonymat. Certes, il a été blessé mais est-ce la seule explication ? En mai, il a gagné une étape du Tour de Bavière, mais je serais surpris de le revoir au premier plan dans ce Tour, même dans cette étape.

Les Planckaert

L'arrivée se situe à Mulhouse, connue pour le plus grand musée du train et de l'automobile du monde. C'est aussi la ville où Jules Buysse a gagné une étape du Tour, en 1926, et enfilé le maillot jaune, porté par son frère Lucien à Paris.

Les frères Eddy et Walter Planckaert conservent des souvenirs particuliers de Mulhouse aussi. Au Tour 1981, ils sont rentrés chez eux, à Nevele, après les étapes de Zolder, gagnée par Eddy, alors débutant, et de Hasselt, enlevée par Freddy Maertens. Leur abandon était prémédité, à cause des lourdes étapes alpestres qui se profilaient. Mais avant qu'ils soient arrivés chez eux, Felix Lévitan, le directeur du Tour, a menacé le directeur d'équipe Berten De Kimpe d'une suspension à vie. De Kimpe a téléphoné à Gusta, la mère: "Ils doivent revenir !" Après une petite pause chez sa femme Christa (Francesco aurait été conçu à ce moment), Eddy a foncé en auto, avec Walter, jusqu'à Muhouse, en pleine nuit. 600 kilomètres.

Ils ont failli gagner le Tour ! Le reste du peloton avait pris l'avion mais celui-ci a été pris dans un violent orage. Le pilote est parvenu à atterrir sans casse mais il a ensuite expliqué aux coureurs, terrorisés, qu'il s'en était fallu de peu. Et les Planckaert ? Ils ont roulé le contre-la-montre de Mulhouse puis ont calé le lendemain, dans les Alpes. Epuisés.

Boycott allemand

Mulhouse est proche de la frontière allemande mais ce n'est pas une raison, aux yeux de l'ARD et de la ZDF, pour retransmettre à nouveau le Tour, malgré la percée de Degenkolb, Greipel, Kittel et Martin. Incompréhensible... La radio allemande est présente mais le journaliste ne fait presque pas de commentaires sans prononcer le mot dopage. Je lui ai demandé pourquoi, l'année dernière, et il m'a dit qu'en Allemagne, l'opinion publique était convaincue que tant que d'anciens dopés seraient directeurs sportifs ou managers, le cyclisme ne changerait pas. Pourtant, en interviewant Tony Martin après sa victoire dans le contre-la-montre, il était aux anges... Je trouve ça hypocrite car si jamais un nouveau Jan Ullrich émerge, ils seront des dizaines à suivre le Tour.

Attention, je ne dis pas qu'il faut taire le dopage. Non, il faut faire des remarques critiques mais sans exagération. On ne peut pas demander à un journaliste de commenter une étape sèchement, sans élever la voix ni afficher d'émotion, comme la direction de la NOS en a prié ses commentateurs après l'affaire Lance Armstrong. Ils n'ont d'ailleurs tenu que trois jours. A juste titre car les auditeurs auraient lâché leur poste de radio, ce qui n'était pas l'objectif.

L'analyste

Christophe Vandegoor (42 ans) s'est distingué une première fois à la fin des années 80 en remportant une course pour Débutants. Ses professeurs en sociologie ont sauté en l'air quand il a demandé à faire sa thèse sur le cyclisme des jeunes. Après ses études, il débute à la rédaction sportive de la VRT-radio, sous la direction de Jan Wauters. Durant ses premières années, il présente Wat is er van de Sport, Open Doel, Sportmarathon et Radio Tour. A partir de 2004, Vandegoor travaille également pour Sporza-TV et commente des matches de football quelques années durant. En 2007, il succède à Luc Vanlangenhove comme commentateur en cyclisme à la radio.

Le Limbourgeois, qui vit à Scherpenheuvel-Zichem, a suivi deux éditions des Jeux Olympiques - Pékin et Londres, durant lesquels il a commenté les épreuves de cyclisme, de basketball et de hockey. Vandegoor a présenté quelques programmes musicaux sur Radio 1 et en 2006, et il a écrit la biographie de Stefan Everts.

C'est une étape typique des Vosges, avec six cols, mais comme le Grand Ballon, l'ultime ascension, se trouve à 40 kilomètres de l'arrivée, les coureurs de classement ne se fatigueront sans doute pas, ne serait-ce qu'à cause de l'étape suivante, avec arrivée à La Planche des Belles Filles. Un outsider qui aurait perdu beaucoup de temps sur les pavés pourrait filer. Des coureurs comme Greg Van Avermaet et Sylvain Chavanel sont également susceptibles de tenter leur chance dans une longue échappée.En 2009, Chavanel s'est détaché dans une étape similaire des Vosges, en compagnie d'Heinrich Haussler, mais le Germano-Australien l'a lâché. C'était la grande saison de Haussler, qui avait également terminé deuxième de Milan-Sanremo et du Tour des Flandres. Après, il a retrouvé l'anonymat. Certes, il a été blessé mais est-ce la seule explication ? En mai, il a gagné une étape du Tour de Bavière, mais je serais surpris de le revoir au premier plan dans ce Tour, même dans cette étape.Les PlanckaertL'arrivée se situe à Mulhouse, connue pour le plus grand musée du train et de l'automobile du monde. C'est aussi la ville où Jules Buysse a gagné une étape du Tour, en 1926, et enfilé le maillot jaune, porté par son frère Lucien à Paris.Les frères Eddy et Walter Planckaert conservent des souvenirs particuliers de Mulhouse aussi. Au Tour 1981, ils sont rentrés chez eux, à Nevele, après les étapes de Zolder, gagnée par Eddy, alors débutant, et de Hasselt, enlevée par Freddy Maertens. Leur abandon était prémédité, à cause des lourdes étapes alpestres qui se profilaient. Mais avant qu'ils soient arrivés chez eux, Felix Lévitan, le directeur du Tour, a menacé le directeur d'équipe Berten De Kimpe d'une suspension à vie. De Kimpe a téléphoné à Gusta, la mère: "Ils doivent revenir !" Après une petite pause chez sa femme Christa (Francesco aurait été conçu à ce moment), Eddy a foncé en auto, avec Walter, jusqu'à Muhouse, en pleine nuit. 600 kilomètres.Ils ont failli gagner le Tour ! Le reste du peloton avait pris l'avion mais celui-ci a été pris dans un violent orage. Le pilote est parvenu à atterrir sans casse mais il a ensuite expliqué aux coureurs, terrorisés, qu'il s'en était fallu de peu. Et les Planckaert ? Ils ont roulé le contre-la-montre de Mulhouse puis ont calé le lendemain, dans les Alpes. Epuisés.Boycott allemandMulhouse est proche de la frontière allemande mais ce n'est pas une raison, aux yeux de l'ARD et de la ZDF, pour retransmettre à nouveau le Tour, malgré la percée de Degenkolb, Greipel, Kittel et Martin. Incompréhensible... La radio allemande est présente mais le journaliste ne fait presque pas de commentaires sans prononcer le mot dopage. Je lui ai demandé pourquoi, l'année dernière, et il m'a dit qu'en Allemagne, l'opinion publique était convaincue que tant que d'anciens dopés seraient directeurs sportifs ou managers, le cyclisme ne changerait pas. Pourtant, en interviewant Tony Martin après sa victoire dans le contre-la-montre, il était aux anges... Je trouve ça hypocrite car si jamais un nouveau Jan Ullrich émerge, ils seront des dizaines à suivre le Tour.Attention, je ne dis pas qu'il faut taire le dopage. Non, il faut faire des remarques critiques mais sans exagération. On ne peut pas demander à un journaliste de commenter une étape sèchement, sans élever la voix ni afficher d'émotion, comme la direction de la NOS en a prié ses commentateurs après l'affaire Lance Armstrong. Ils n'ont d'ailleurs tenu que trois jours. A juste titre car les auditeurs auraient lâché leur poste de radio, ce qui n'était pas l'objectif.