Un coureur doit pouvoir se mesurer à tous les types de parcours, y compris au Tour. Il ne faut évidemment pas le muer en Paris-Roubaix mais 15,4 kilomètres, une fois de temps en temps, ce n'est pas exagéré. On nous sert l'argument des chutes mais le danger ne guette-t-il pas partout, dans l'Hexagone ? Pourquoi les coureurs de classement se jettent-ils dans les descentes comme des pierres ? Pourquoi veulent-ils se placer dans les sprints massifs, en risquant une chute, comme Jurgen Van den Broeck l'année dernière ?

Un favori peut faire une bonne affaire Il faut voir les choses sous un angle différent : un favori peut faire une bonne affaire dans cette étape. Rappelez-vous la dernière étape pavée d'Arenberg, en 2010. Qui figurait dans le peloton de tête, avec Cancellara, Hushovd et Geraint Thomas, prenant ainsi un temps précieux à Contador et Cie ? Cadel Evans et Andy Schleck! Pourtant, je ne les associe pas aux pavés, a priori. En plus, Froome, Contador et Nibali - ce dernier en compagnie de Peter Van Petegem - ont reconnu tous les tronçons. Ils ne seront donc pas surpris. En 2008, Froome a couru Paris-Roubaix et il aura en Thomas un guide parfait qui ne le lâchera pas d'une semelle.

Le spectacle est garanti. Pour les Belges, faute de sprinters et de grimpeurs, ce sera peut-être la seule chance de victoire d'étape, certainement pour Sep Vanmarcke et Greg Van Avermaet. Vanmarcke affirme que Belkin va lui donner l'occasion de tenter sa chance, malgré la présence de Bauke Mollema. Il rêve depuis des semaines de cette étape et même du maillot jaune. C'est sans doute excessif, qu'il ne gagne des minutes sur les pavés. Je lui gréerais bien ça car il est un coureur comme je les aime, de même que Van Avermaet. Ils font toujours la course, sans attendre.

Souvenirs de Knetemann En 1980, Bernard Hinault n'a pas tergiversé dans l'étape Bruxelles-Lille, qui est sans doute la plus belle étape pavée du Tour. Un an plus tôt, il avait perdu près de quatre minutes sur son principal rival, Joop Zoetemelk, qui avait profité de sa crevaison. L'orgueilleux Breton a pris sa revanche en lançant une grande offensive avec Hennie Kuiper et Ludo Delcroix, sous une pluie battante - un enfer. Ils ont remballé toute l'équipe TI-Raleigh de Zoetemelk, qui a terminé à deux minutes, alors que Jan Raas est arrivé cinq minutes plus tard et Gerrie Knetemann à huit minutes. Le maillot jaune semblait dans la poche mais Hinault s'est occasionné une tendinite et Zoetemelk a finalement gagné le Tour.

Ça me rappelle mon idole de jeunesse, Gerrie Knetemann, qui a enlevé sa neuvième étape du Tour en 1992 à Mouscron, où passe la caravane cette année. Je me revois, gamin, aller lui demander un autographe avant le Tour du Limbourg. J'avais beaucoup hésité. Je n'oublierai jamais sa réponse: "Mais oui, tu as une chouette casquette." Par la suite, je l'ai souvent interviewé pendant le Tour. Un type bien, toujours agréable, empli d'humour, avec des avis fondés. Quand il est subitement décédé, en 2004, j'ai laissé couler une larme. Je garde un autocollant Panini de lui en 1982 dans mon portefeuille. J'en ai aussi de Raas et de Zoetemelk car, habitant à Tongres, j'étais proche de la frontière néerlandaise et je regardais souvent la chaîne néerlandaise NOS. J'adorais l'équipe TI-Raleigh. Le roux Bert Oosterbosch, les favoris de Henk Lubberding... Ma femme se moque de mes stickers mais je ne les jetterai pas. Pas plus que je ne vendrais mon maillot TI-Raleigh des années '70 pour tout l'or du monde. C'est beau, la nostalgie...

L'analyste

Christophe Vandegoor (42 ans) s'est distingué une première fois à la fin des années 80 en remportant une course pour Débutants. Ses professeurs en sociologie ont sauté en l'air quand il a demandé à faire sa thèse sur le cyclisme des jeunes. Après ses études, il débute à la rédaction sportive de la VRT-radio, sous la direction de Jan Wauters. Durant ses premières années, il présente Wat is er van de Sport, Open Doel, Sportmarathon et Radio Tour. A partir de 2004, Vandegoor travaille également pour Sporza-TV et commente des matches de football quelques années durant. En 2007, il succède à Luc Vanlangenhove comme commentateur en cyclisme à la radio.

Le Limbourgeois, qui vit à Scherpenheuvel-Zichem, a suivi deux éditions des Jeux Olympiques - Pékin et Londres, durant lesquels il a commenté les épreuves de cyclisme, de basketball et de hockey. Vandegoor a présenté quelques programmes musicaux sur Radio 1 et en 2006, et il a écrit la biographie de Stefan Everts.

Un coureur doit pouvoir se mesurer à tous les types de parcours, y compris au Tour. Il ne faut évidemment pas le muer en Paris-Roubaix mais 15,4 kilomètres, une fois de temps en temps, ce n'est pas exagéré. On nous sert l'argument des chutes mais le danger ne guette-t-il pas partout, dans l'Hexagone ? Pourquoi les coureurs de classement se jettent-ils dans les descentes comme des pierres ? Pourquoi veulent-ils se placer dans les sprints massifs, en risquant une chute, comme Jurgen Van den Broeck l'année dernière ? Un favori peut faire une bonne affaire Il faut voir les choses sous un angle différent : un favori peut faire une bonne affaire dans cette étape. Rappelez-vous la dernière étape pavée d'Arenberg, en 2010. Qui figurait dans le peloton de tête, avec Cancellara, Hushovd et Geraint Thomas, prenant ainsi un temps précieux à Contador et Cie ? Cadel Evans et Andy Schleck! Pourtant, je ne les associe pas aux pavés, a priori. En plus, Froome, Contador et Nibali - ce dernier en compagnie de Peter Van Petegem - ont reconnu tous les tronçons. Ils ne seront donc pas surpris. En 2008, Froome a couru Paris-Roubaix et il aura en Thomas un guide parfait qui ne le lâchera pas d'une semelle. Le spectacle est garanti. Pour les Belges, faute de sprinters et de grimpeurs, ce sera peut-être la seule chance de victoire d'étape, certainement pour Sep Vanmarcke et Greg Van Avermaet. Vanmarcke affirme que Belkin va lui donner l'occasion de tenter sa chance, malgré la présence de Bauke Mollema. Il rêve depuis des semaines de cette étape et même du maillot jaune. C'est sans doute excessif, qu'il ne gagne des minutes sur les pavés. Je lui gréerais bien ça car il est un coureur comme je les aime, de même que Van Avermaet. Ils font toujours la course, sans attendre. Souvenirs de Knetemann En 1980, Bernard Hinault n'a pas tergiversé dans l'étape Bruxelles-Lille, qui est sans doute la plus belle étape pavée du Tour. Un an plus tôt, il avait perdu près de quatre minutes sur son principal rival, Joop Zoetemelk, qui avait profité de sa crevaison. L'orgueilleux Breton a pris sa revanche en lançant une grande offensive avec Hennie Kuiper et Ludo Delcroix, sous une pluie battante - un enfer. Ils ont remballé toute l'équipe TI-Raleigh de Zoetemelk, qui a terminé à deux minutes, alors que Jan Raas est arrivé cinq minutes plus tard et Gerrie Knetemann à huit minutes. Le maillot jaune semblait dans la poche mais Hinault s'est occasionné une tendinite et Zoetemelk a finalement gagné le Tour. Ça me rappelle mon idole de jeunesse, Gerrie Knetemann, qui a enlevé sa neuvième étape du Tour en 1992 à Mouscron, où passe la caravane cette année. Je me revois, gamin, aller lui demander un autographe avant le Tour du Limbourg. J'avais beaucoup hésité. Je n'oublierai jamais sa réponse: "Mais oui, tu as une chouette casquette." Par la suite, je l'ai souvent interviewé pendant le Tour. Un type bien, toujours agréable, empli d'humour, avec des avis fondés. Quand il est subitement décédé, en 2004, j'ai laissé couler une larme. Je garde un autocollant Panini de lui en 1982 dans mon portefeuille. J'en ai aussi de Raas et de Zoetemelk car, habitant à Tongres, j'étais proche de la frontière néerlandaise et je regardais souvent la chaîne néerlandaise NOS. J'adorais l'équipe TI-Raleigh. Le roux Bert Oosterbosch, les favoris de Henk Lubberding... Ma femme se moque de mes stickers mais je ne les jetterai pas. Pas plus que je ne vendrais mon maillot TI-Raleigh des années '70 pour tout l'or du monde. C'est beau, la nostalgie...