C'est la première fois, du moins avec le Tour, que je viens au Touquet, cette cité balnéaire mondaine connue pour ses courses d'enduro mais, côté belge, plutôt pour l'enlèvement de Paul Vanden Boeynants il y a 25 ans, en janvier 1989. La bande de Patrick Haemers avait détenu l'ancien Premier ministre dans une villa et ne l'avait libéré qu'au bout d'un mois, en échange d'une rançon. Le Touquet n'a encore accueilli le Tour que deux fois. La dernière, c'était en 1976 et Freddy Maertens avait gagné le contre-la-montre.

Le lendemain, le peloton mettait le cap sur Bornem, une étape de 258 kilomètres. Cette année, les coureurs n'en roulent que 163,5. Ils s'arrêtent au stade de football de Lille, qui porte le nom de Pierre Mauroy, ancien Premier ministre, bourgmestre de la ville pendant trente ans. Le stade, inauguré en août 2012, peut accueillir 50.186 personnes. Il a coûté 613 millions. J'aimerais visiter cette perle si j'en trouve le temps le matin. C'est une tradition. J'ai déjà vu les stades de Lyon, Saint-Étienne, Montpellier et Marseille. Je trouve les vieilles photos des catacombes fascinantes : la carte d'affiliation du jeune Michel Platini à Saint-Étienne, les photos de Raymond Goethals et de Bernard Tapie à Marseille...

Malheureusement, pour des raisons logistiques, depuis quelques années, le départ a souvent lieu en-dehors de la ville, près des grands parkings, des zones industrielles et autres commodités. C'est dommage car nous ne pouvons plus humer l'ambiance des villes de départ. Il est pourtant chouette de se balader une demi-heure au centre -nous n'avons pas davantage de temps.

Sans oreillettes, ces étapes plates connaîtraient un tout autre déroulement

Les sprinters vont apprécier cette étape car ils ont une troisième grosse chance de succès à Lille. Ce sera sans doute une étape stéréotypée, avec un groupe de trois ou quatre hommes qui s'échappera pour être rattrapé à une dizaine de kilomètres de l'arrivée.

Pour moi, c'est un argument en faveur de l'abolition des oreillettes. Ces étapes plates connaîtraient un tout autre déroulement : les équipes de sprinters courraient moins de risques de se tromper. On voit de plus en plus de coureurs échappés qui adaptent leur rythme à celui du peloton une fois qu'ils ont gagné assez de terrain. Ils ralentissent pour économiser leurs forces et tromper les équipes de sprinters, puis mettent les gaz dans la dernière demi-heure.

En ne communiquant les noms des échappés sur Radio Tour que quand ils ont plus d'une demi-minute d'avance, ASO essaie d'animer le début des étapes : les formations du maillot jaune et des sprinters restent dans l'incertitude et ne mettent pas tout de suite le frein à main quand les auteurs des échappées sont inoffensifs.

Pour rendre la course plus passionnante pour les téléspectateurs, il faudrait aussi afficher plus de données : les pourcentages des cols, comme dans le dernier Giro, mais aussi la vitesse car à la maison, les gens n'en ont pas la moindre idée. "Pff, c'est embêtant, ils n'attaquent pas." Mais s'ils savaient que le peloton roule à 55 km/h à ce moment, ils comprendraient que c'est tout sauf évident.

L'avenir, ce sont les images prises du vélo, comme le superbe film de John Degenkolb au Tour de Californie. Comme ça, on comprend vraiment l'agitation et la tension qui accompagnent la préparation d'un sprint. Ça augmenterait l'attrait des émissions TV et l'admiration qu'on peut porter à ces acrobates que sont les coureurs.

L'analyste

Christophe Vandegoor (42 ans) s'est distingué une première fois à la fin des années 80 en remportant une course pour Débutants. Ses professeurs en sociologie ont sauté en l'air quand il a demandé à faire sa thèse sur le cyclisme des jeunes. Après ses études, il débute à la rédaction sportive de la VRT-radio, sous la direction de Jan Wauters. Durant ses premières années, il présente Wat is er van de Sport, Open Doel, Sportmarathon et Radio Tour. A partir de 2004, Vandegoor travaille également pour Sporza-TV et commente des matches de football quelques années durant. En 2007, il succède à Luc Vanlangenhove comme commentateur en cyclisme à la radio.

Le Limbourgeois, qui vit à Scherpenheuvel-Zichem, a suivi deux éditions des Jeux Olympiques - Pékin et Londres, durant lesquels il a commenté les épreuves de cyclisme, de basketball et de hockey. Vandegoor a présenté quelques programmes musicaux sur Radio 1 et en 2006, et il a écrit la biographie de Stefan Everts.

C'est la première fois, du moins avec le Tour, que je viens au Touquet, cette cité balnéaire mondaine connue pour ses courses d'enduro mais, côté belge, plutôt pour l'enlèvement de Paul Vanden Boeynants il y a 25 ans, en janvier 1989. La bande de Patrick Haemers avait détenu l'ancien Premier ministre dans une villa et ne l'avait libéré qu'au bout d'un mois, en échange d'une rançon. Le Touquet n'a encore accueilli le Tour que deux fois. La dernière, c'était en 1976 et Freddy Maertens avait gagné le contre-la-montre. Le lendemain, le peloton mettait le cap sur Bornem, une étape de 258 kilomètres. Cette année, les coureurs n'en roulent que 163,5. Ils s'arrêtent au stade de football de Lille, qui porte le nom de Pierre Mauroy, ancien Premier ministre, bourgmestre de la ville pendant trente ans. Le stade, inauguré en août 2012, peut accueillir 50.186 personnes. Il a coûté 613 millions. J'aimerais visiter cette perle si j'en trouve le temps le matin. C'est une tradition. J'ai déjà vu les stades de Lyon, Saint-Étienne, Montpellier et Marseille. Je trouve les vieilles photos des catacombes fascinantes : la carte d'affiliation du jeune Michel Platini à Saint-Étienne, les photos de Raymond Goethals et de Bernard Tapie à Marseille... Malheureusement, pour des raisons logistiques, depuis quelques années, le départ a souvent lieu en-dehors de la ville, près des grands parkings, des zones industrielles et autres commodités. C'est dommage car nous ne pouvons plus humer l'ambiance des villes de départ. Il est pourtant chouette de se balader une demi-heure au centre -nous n'avons pas davantage de temps. Sans oreillettes, ces étapes plates connaîtraient un tout autre déroulement Les sprinters vont apprécier cette étape car ils ont une troisième grosse chance de succès à Lille. Ce sera sans doute une étape stéréotypée, avec un groupe de trois ou quatre hommes qui s'échappera pour être rattrapé à une dizaine de kilomètres de l'arrivée. Pour moi, c'est un argument en faveur de l'abolition des oreillettes. Ces étapes plates connaîtraient un tout autre déroulement : les équipes de sprinters courraient moins de risques de se tromper. On voit de plus en plus de coureurs échappés qui adaptent leur rythme à celui du peloton une fois qu'ils ont gagné assez de terrain. Ils ralentissent pour économiser leurs forces et tromper les équipes de sprinters, puis mettent les gaz dans la dernière demi-heure. En ne communiquant les noms des échappés sur Radio Tour que quand ils ont plus d'une demi-minute d'avance, ASO essaie d'animer le début des étapes : les formations du maillot jaune et des sprinters restent dans l'incertitude et ne mettent pas tout de suite le frein à main quand les auteurs des échappées sont inoffensifs. Pour rendre la course plus passionnante pour les téléspectateurs, il faudrait aussi afficher plus de données : les pourcentages des cols, comme dans le dernier Giro, mais aussi la vitesse car à la maison, les gens n'en ont pas la moindre idée. "Pff, c'est embêtant, ils n'attaquent pas." Mais s'ils savaient que le peloton roule à 55 km/h à ce moment, ils comprendraient que c'est tout sauf évident. L'avenir, ce sont les images prises du vélo, comme le superbe film de John Degenkolb au Tour de Californie. Comme ça, on comprend vraiment l'agitation et la tension qui accompagnent la préparation d'un sprint. Ça augmenterait l'attrait des émissions TV et l'admiration qu'on peut porter à ces acrobates que sont les coureurs.