Pour la première fois, le départ de cette étape plate est donné dans le patelin de Maubourguet, au nord-est de Pau. Son nom signifie mauvais village. Les habitants ont sciemment choisi ce nom au 12e siècle pour effaroucher d'éventuels attaquants. Aujourd'hui, il sera difficile d'effrayer ceux qui veulent s'échapper car ils ont une dernière grande chance d'enlever une étape. Après trois jours en montagne, les équipes de sprinters n'auront sans doute pas envie d'attaquer. Les aventuriers doivent franchir la Côte de Monbazillac (1,3 kilomètre à 7,6 %) à treize kilomètres de l'arrivée. Dans les vergers du château du même nom, ils auront le tremplin rêvé pour se défaire de leurs concurrents avant l'arrivée à Bergerac, au sud de la Dordogne.

La région est réputée pour sa gastronomie et se donne toujours beaucoup de mal pour régaler les journalistes de ses produits locaux. Malheureusement, ils ne sont servis que dans la salle de presse, qui est souvent loin des cabines des commentateurs et n'ouvre qu'après midi. Comme mon émission commence à 13 heures, je dois compter sur mon consultant, Frank Hoste, pour amener un morceau de pain. Exceptionnellement, comme à l'Alpe d'Huez, on offre un buffet-salade aux commentateurs mais généralement, je dois tenir à coups de café très sucré et d'eau toute la journée, après le petit déjeuner. Le soir, nous pouvons dîner à l'hôtel mais le repas est généralement léger, avec du poisson. Aller dormir avec un steak sur l'estomac n'est pas marrant - je parle par expérience. Il faut également limiter l'alcool, souvent du vin, car il n'est pas question d'avoir la gueule de bois le lendemain matin. Il faut de la discipline. Je suis au lit à 23.30 heures au plus tard.

Twitter

Avant de me coucher, je contrôle les comptes Twitter des coureurs et des directeurs de course. Depuis deux ou trois ans, c'est devenu une source d'informations. On en apprend souvent plus en 140 signes que dans les déclarations mâchées faites après la ligne d'arrivée ou même dans les journaux du lendemain. Les tweets arrivent après l'arrivée et se poursuivent jusqu'au lendemain matin. Parfois, on peut apprendre des choses de manière détournée : par exemple, si Mark Cavendish ne twitte pas ou le fait très tard, c'est qu'il est très frustré - souvent après une défaite. Pendant l'étape, j'apprends des informations cruciales sur la météo, les côtes, le revêtement, des directeurs techniques partis en reconnaissance. C'est toujours pratique à glisser dans un commentaire, surtout pendant des étapes aussi monotones que celle d'aujourd'hui.

Il y a d'autres sources d'inspiration, comme les magazines spéciaux édités à l'occasion du Tour. Le matin, en me rendant au départ, je lis les pages cyclisme des quotidiens belges, que la rédaction de la VRT me faxe tous les jours, sans oublier L'Équipe. Elle travaille avec un énorme staff de journalistes. Certains ne suivent qu'un favori pendant trois semaines. On y lit aussi des analyses très intéressantes, même sur le dopage, et des interviews de Philippe Brunel, le journaliste qui a sans doute les meilleurs contacts dans le peloton.

Le programme vespéral de RTL-radio est très chouette. Cyrille Guimard et Luc Leblanc analysent l'étape dans ses moindres détails et réagissent aux avis des auditeurs. On ne tolérerait pas pareille émission ici mais les avis sont très fondés.

Les commentateurs peuvent également puiser dans l'abondante documentation fournie par ASO. Il y a des centaines de pages d'informations touristiques et culinaires sur la région que traverse l'étape. Elle est réunie par Jean-Paul Ollivier, un ancien journaliste qui inspire tous les commentateurs chaque fois qu'on aperçoit un château ou un monument historique. Ollivier commence alors à déclamer : "Eh bien, il s'agit d'un château du treizième siècle..." Ces images sont captées à l'avance, par ailleurs, et montées entres les images prises en direct. Le Tour est un instrument en or pour montrer la France au monde et il le sait très bien".

Pour la première fois, le départ de cette étape plate est donné dans le patelin de Maubourguet, au nord-est de Pau. Son nom signifie mauvais village. Les habitants ont sciemment choisi ce nom au 12e siècle pour effaroucher d'éventuels attaquants. Aujourd'hui, il sera difficile d'effrayer ceux qui veulent s'échapper car ils ont une dernière grande chance d'enlever une étape. Après trois jours en montagne, les équipes de sprinters n'auront sans doute pas envie d'attaquer. Les aventuriers doivent franchir la Côte de Monbazillac (1,3 kilomètre à 7,6 %) à treize kilomètres de l'arrivée. Dans les vergers du château du même nom, ils auront le tremplin rêvé pour se défaire de leurs concurrents avant l'arrivée à Bergerac, au sud de la Dordogne. La région est réputée pour sa gastronomie et se donne toujours beaucoup de mal pour régaler les journalistes de ses produits locaux. Malheureusement, ils ne sont servis que dans la salle de presse, qui est souvent loin des cabines des commentateurs et n'ouvre qu'après midi. Comme mon émission commence à 13 heures, je dois compter sur mon consultant, Frank Hoste, pour amener un morceau de pain. Exceptionnellement, comme à l'Alpe d'Huez, on offre un buffet-salade aux commentateurs mais généralement, je dois tenir à coups de café très sucré et d'eau toute la journée, après le petit déjeuner. Le soir, nous pouvons dîner à l'hôtel mais le repas est généralement léger, avec du poisson. Aller dormir avec un steak sur l'estomac n'est pas marrant - je parle par expérience. Il faut également limiter l'alcool, souvent du vin, car il n'est pas question d'avoir la gueule de bois le lendemain matin. Il faut de la discipline. Je suis au lit à 23.30 heures au plus tard. Twitter Avant de me coucher, je contrôle les comptes Twitter des coureurs et des directeurs de course. Depuis deux ou trois ans, c'est devenu une source d'informations. On en apprend souvent plus en 140 signes que dans les déclarations mâchées faites après la ligne d'arrivée ou même dans les journaux du lendemain. Les tweets arrivent après l'arrivée et se poursuivent jusqu'au lendemain matin. Parfois, on peut apprendre des choses de manière détournée : par exemple, si Mark Cavendish ne twitte pas ou le fait très tard, c'est qu'il est très frustré - souvent après une défaite. Pendant l'étape, j'apprends des informations cruciales sur la météo, les côtes, le revêtement, des directeurs techniques partis en reconnaissance. C'est toujours pratique à glisser dans un commentaire, surtout pendant des étapes aussi monotones que celle d'aujourd'hui. Il y a d'autres sources d'inspiration, comme les magazines spéciaux édités à l'occasion du Tour. Le matin, en me rendant au départ, je lis les pages cyclisme des quotidiens belges, que la rédaction de la VRT me faxe tous les jours, sans oublier L'Équipe. Elle travaille avec un énorme staff de journalistes. Certains ne suivent qu'un favori pendant trois semaines. On y lit aussi des analyses très intéressantes, même sur le dopage, et des interviews de Philippe Brunel, le journaliste qui a sans doute les meilleurs contacts dans le peloton. Le programme vespéral de RTL-radio est très chouette. Cyrille Guimard et Luc Leblanc analysent l'étape dans ses moindres détails et réagissent aux avis des auditeurs. On ne tolérerait pas pareille émission ici mais les avis sont très fondés. Les commentateurs peuvent également puiser dans l'abondante documentation fournie par ASO. Il y a des centaines de pages d'informations touristiques et culinaires sur la région que traverse l'étape. Elle est réunie par Jean-Paul Ollivier, un ancien journaliste qui inspire tous les commentateurs chaque fois qu'on aperçoit un château ou un monument historique. Ollivier commence alors à déclamer : "Eh bien, il s'agit d'un château du treizième siècle..." Ces images sont captées à l'avance, par ailleurs, et montées entres les images prises en direct. Le Tour est un instrument en or pour montrer la France au monde et il le sait très bien".