Au menu du jour, le mythique Tourmalet, un col que j'associerai toujours à la première arrivée à son sommet, en 2010. Mémorable ! Pas seulement parce que Alberto Contador et Andy Schleck s'y sont livrés un terrible duel mais aussi parce que le bon déroulement de l'étape a relevé du miracle. Une catastrophe, cette organisation ! Tous les techniciens devaient, comme à chaque étape de montagne, se présenter à cinq heures du matin, pour se rendre par petits groupes au sommet. Le staff de la VRT, parti de l'hôtel à 4.30 heures, a poireauté à La Mongie, à mi-chemin du Tourmalet, jusqu'à huit heures.

Le chaos ! Encore plus au sommet car le parking était dévasté par un violent orage. Toutes les autos étaient enfoncées dans vingt centimètres de boue. Il fallait encore tirer les câbles jusqu'aux boxes des commentateurs, 200 mètres plus haut. Des boxes qui étaient à 40 centimètres du ravin. Un faux-pas et c'était la chute. Je n'ai jamais compris comment les chauffeurs des camions avaient pu déposer ces cabines dans l'obscurité.

L'éclaircie survenue l'après-midi tient aussi du miracle car le matin, quand Frank Hoste et moi sommes montés en funiculaire, c'était exceptionnel, l'orage n'avait pas encore cessé et il neigeait même un peu. Nous sommes arrivés trempés jusqu'aux os et à chaque bulletin, j'ai parlé des conditions météorologiques apocalyptiques. Ce fut une journée agitée mais bon, c'est ça aussi, le Tour.

À l'attaque

Dans cette étape, on peut s'attendre à du spectacle - pourvu qu'il ne soit que sportif. Malheureusement, le sommet du Tourmalet se situe à 36 kilomètres du pied de l'ascension finale, ce qui rend moins attrayante une attaque dans le premier col, bien qu'on ne sache jamais.

Sinon tout se décidera au Hautacam, un col hors-catégorie de 13,6 kilomètres à une moyenne de 7,8%, avec trois kilomètres à plus de 10% au milieu. Encouragé par les milliers de fans qui auront franchi la frontière, les Espagnols en forme risquent de se déchaîner.

Les dopés

J'espère que cette fois, le Hautacam n'aura pas de vainqueur dopé car, malgré la proximité de Lourdes, ce col n'a pas bonne réputation. Les anciens vainqueurs : en 1994 Luc Leblanc, qui a avoué avoir eu recours à l'EPO au terme de sa carrière, en 1999, Monsieur 60% Bjarne Riis, en 2000 Javier Oxtoa, qui a contenu de justesse un Lance Armstrong déchaîné, sans parler du top dix de l'étape 2008, qui était sans doute le plus sale de l'histoire du Tour. Leonardo Piepoli, alors âgé de 36 ans, a franchi la ligne d'arrivée en premier, avec son coéquipier Juan José Cobo, suivi de Fränk Schleck (4e), Bernhard Kohl (5e), Riccardo Ricco (6e), Denis Menshov (9e) et Christian Vande Velde (10e). Seuls Carlos Sastre (7e) et Cadel Evans (8e), qui a enfilé le maillot jaune au terme de l'étape, en larmes, sont - jusqu'à présent - exempts de casier.

Je me souviens d'un cas de dopage à Pau, où se donne le départ. Lors de mon tout premier Tour, en 2007, l'équipe de la VRT dînait à l'hôtel quand on a annoncé qu'Alexandre Vinokourov avait été contrôlé positif. Nous avons tout laissé tomber pour travailler jusqu'à minuit : suivre l'évolution de la situation, téléphoner à la rédaction... Non, je n'ai pas maudit le Kazakh. J'ai trouvé la saga passionnante, comme toutes les histoires de dopage, en fait. Les trucs qu'imaginent les coureurs pour ne pas se faire pincer sont fascinants. C'est parfois dingue - comme US Postal qui s'arrête dans la descente pour qu'Armstrong et Cie puissent faire le plein de sang frais - mais c'est malheureusement la réalité. Le reflet de la vraie vie, comme l'ensemble du Tour.

L'analyste

Christophe Vandegoor (42 ans) s'est distingué une première fois à la fin des années 80 en remportant une course pour Débutants. Ses professeurs en sociologie ont sauté en l'air quand il a demandé à faire sa thèse sur le cyclisme des jeunes. Après ses études, il débute à la rédaction sportive de la VRT-radio, sous la direction de Jan Wauters. Durant ses premières années, il présente Wat is er van de Sport, Open Doel, Sportmarathon et Radio Tour. A partir de 2004, Vandegoor travaille également pour Sporza-TV et commente des matches de football quelques années durant. En 2007, il succède à Luc Vanlangenhove comme commentateur en cyclisme à la radio.

Le Limbourgeois, qui vit à Scherpenheuvel-Zichem, a suivi deux éditions des Jeux Olympiques - Pékin et Londres, durant lesquels il a commenté les épreuves de cyclisme, de basketball et de hockey. Vandegoor a présenté quelques programmes musicaux sur Radio 1 et en 2006, et il a écrit la biographie de Stefan Everts.

Au menu du jour, le mythique Tourmalet, un col que j'associerai toujours à la première arrivée à son sommet, en 2010. Mémorable ! Pas seulement parce que Alberto Contador et Andy Schleck s'y sont livrés un terrible duel mais aussi parce que le bon déroulement de l'étape a relevé du miracle. Une catastrophe, cette organisation ! Tous les techniciens devaient, comme à chaque étape de montagne, se présenter à cinq heures du matin, pour se rendre par petits groupes au sommet. Le staff de la VRT, parti de l'hôtel à 4.30 heures, a poireauté à La Mongie, à mi-chemin du Tourmalet, jusqu'à huit heures. Le chaos ! Encore plus au sommet car le parking était dévasté par un violent orage. Toutes les autos étaient enfoncées dans vingt centimètres de boue. Il fallait encore tirer les câbles jusqu'aux boxes des commentateurs, 200 mètres plus haut. Des boxes qui étaient à 40 centimètres du ravin. Un faux-pas et c'était la chute. Je n'ai jamais compris comment les chauffeurs des camions avaient pu déposer ces cabines dans l'obscurité. L'éclaircie survenue l'après-midi tient aussi du miracle car le matin, quand Frank Hoste et moi sommes montés en funiculaire, c'était exceptionnel, l'orage n'avait pas encore cessé et il neigeait même un peu. Nous sommes arrivés trempés jusqu'aux os et à chaque bulletin, j'ai parlé des conditions météorologiques apocalyptiques. Ce fut une journée agitée mais bon, c'est ça aussi, le Tour. À l'attaque Dans cette étape, on peut s'attendre à du spectacle - pourvu qu'il ne soit que sportif. Malheureusement, le sommet du Tourmalet se situe à 36 kilomètres du pied de l'ascension finale, ce qui rend moins attrayante une attaque dans le premier col, bien qu'on ne sache jamais. Sinon tout se décidera au Hautacam, un col hors-catégorie de 13,6 kilomètres à une moyenne de 7,8%, avec trois kilomètres à plus de 10% au milieu. Encouragé par les milliers de fans qui auront franchi la frontière, les Espagnols en forme risquent de se déchaîner. Les dopés J'espère que cette fois, le Hautacam n'aura pas de vainqueur dopé car, malgré la proximité de Lourdes, ce col n'a pas bonne réputation. Les anciens vainqueurs : en 1994 Luc Leblanc, qui a avoué avoir eu recours à l'EPO au terme de sa carrière, en 1999, Monsieur 60% Bjarne Riis, en 2000 Javier Oxtoa, qui a contenu de justesse un Lance Armstrong déchaîné, sans parler du top dix de l'étape 2008, qui était sans doute le plus sale de l'histoire du Tour. Leonardo Piepoli, alors âgé de 36 ans, a franchi la ligne d'arrivée en premier, avec son coéquipier Juan José Cobo, suivi de Fränk Schleck (4e), Bernhard Kohl (5e), Riccardo Ricco (6e), Denis Menshov (9e) et Christian Vande Velde (10e). Seuls Carlos Sastre (7e) et Cadel Evans (8e), qui a enfilé le maillot jaune au terme de l'étape, en larmes, sont - jusqu'à présent - exempts de casier. Je me souviens d'un cas de dopage à Pau, où se donne le départ. Lors de mon tout premier Tour, en 2007, l'équipe de la VRT dînait à l'hôtel quand on a annoncé qu'Alexandre Vinokourov avait été contrôlé positif. Nous avons tout laissé tomber pour travailler jusqu'à minuit : suivre l'évolution de la situation, téléphoner à la rédaction... Non, je n'ai pas maudit le Kazakh. J'ai trouvé la saga passionnante, comme toutes les histoires de dopage, en fait. Les trucs qu'imaginent les coureurs pour ne pas se faire pincer sont fascinants. C'est parfois dingue - comme US Postal qui s'arrête dans la descente pour qu'Armstrong et Cie puissent faire le plein de sang frais - mais c'est malheureusement la réalité. Le reflet de la vraie vie, comme l'ensemble du Tour.