Après les Vosges, voici la première étape alpestre, avec deux cols peu connus dans les 60 derniers kilomètres. Le Col de Palaquit effectue sa grande entrée au Tour et l'ascension de Chamrousse n'a servi de décor qu'une fois, en 2001, dans un contre-la-montre remporté avec panache par Lance Armstrong. Si on y ajoute La Planche des Belles Filles, ASO est manifestement à la recherche de nouvelles pentes et quand elle conserve les cols classiques, elle leur ajoute un trait spécial, comme la première arrivée au sommet du Tourmalet en 2010 et du Galibier en 2011 ou la double ascension de l'Alpe d'Huez l'année dernière.

Des cols pénibles

En France, Chamrousse n'est pas inconnu. C'est la station de ski par excellence des habitants des parages de Grenoble. C'est là que le skieur Jean-Claude Killy, qui a plus tard intégré la direction du Tour, a gagné trois médailles d'or aux JO de 1968. Thierry Claveyrolat, le grimpeur français qui a enlevé deux étapes et le prix de la montagne au début des années '90, habitait d'ailleurs Vizille, un petit village proche du col. Après sa carrière, il a été impliqué dans un terrible accident de la circulation qui a coûté la vie à deux personnes. Il n'a pu vivre avec cette pensée et s'est suicidé en 1999. Tragique...

Ce n'est pas parce que ces cols sont moins connus qu'ils ne sont pas durs. Le Palaquit fait 14,1 kilomètres, certes à seulement 6% de moyenne mais l'inclinaison est très irrégulière. Il y a cinq kilomètres à 9,9% et même un passage à 11,7 %. Après le sommet, il reste 25 kilomètres jusqu'à Grenoble et le début de l'ascension de Chamrousse. Celle-ci n'est pas négligeable : 18,2 kilomètres à 7,3%, avec les deux premiers kilomètres à plus de 11%. Les meilleurs grimpeurs vont-ils attaquer là ou attendre les cinq derniers kilomètres ?

A signaler, le sprint intermédiaire se situe entre le Palaquit et Chamrousse. L'organisation veut sans doute inciter les candidats au maillot vert à participer à une échappée. S'il a un avantage suffisant au pied du Palaquit, un coureur comme Peter Sagan est sans doute capable de résister et de glaner des points précieux après la descente.

Les arrivées en montagne ne sont pas une mince affaire pour les journalistes non plus. Ça commence le matin, quand nous slalomons entre des milliers de supporters en délire et des cyclotouristes en nage pour rejoindre le sommet.

Foire d'empoigne en descente

Toutefois, le véritable calvaire commence à l'issue de l'étape, quand le circuit entame la descente. Pour les coureurs et les directeurs d'équipes, ça va encore car ils sont escortés par la gendarmerie, de même que les véhicules d'ASO. Ensuite, c'est le tour de la caravane du Tour, que les journalistes essaient de suivre, pour profiter de la brèche réalisée dans la circulation. C'est un chaos. Des analystes comme Sean Kelly, Richard Virenque et Jacky Durand retrouvent leurs sensations de coureurs et se lancent dans des slaloms sur la bande de gauche, entre les cyclotouristes et les piétons. Quand ils aperçoivent la police, ils se rabattent sèchement, provoquant la colère de leurs collègues.

Il faut conserver son calme, même si ce n'est pas évident, surtout quand on est coincé entre des milliers de campeurs. Après la victoire de Jelle Vanendert au Plateau de Beille, Frank Hoste, mon analyste, et moi sommes descendus plus tard. Nous sommes arrivés en bas à 22.45 heures alors que Jelle était ramené en hélicoptère. Nous devions encore rouler 150 kilomètres jusqu'à notre hôtel, proche de l'arrivée de l'étape suivante, comme tous les jours. A deux reprises, nous avons introduit le bon nom de l'hôtel mais le mauvais département ou la mauvaise bourgade dans le GPS pour nous entendre dire, à 23 heures : "Non, Monsieur, pas de réservation pour la VRT." Dans des moments pareils, on a envie de maudire le Tour. Surtout quand il faut encore rouler 100 kilomètres pour arriver au bon hôtel...

L'analyste

Christophe Vandegoor (42 ans) s'est distingué une première fois à la fin des années 80 en remportant une course pour Débutants. Ses professeurs en sociologie ont sauté en l'air quand il a demandé à faire sa thèse sur le cyclisme des jeunes. Après ses études, il débute à la rédaction sportive de la VRT-radio, sous la direction de Jan Wauters. Durant ses premières années, il présente Wat is er van de Sport, Open Doel, Sportmarathon et Radio Tour. A partir de 2004, Vandegoor travaille également pour Sporza-TV et commente des matches de football quelques années durant. En 2007, il succède à Luc Vanlangenhove comme commentateur en cyclisme à la radio.

Le Limbourgeois, qui vit à Scherpenheuvel-Zichem, a suivi deux éditions des Jeux Olympiques - Pékin et Londres, durant lesquels il a commenté les épreuves de cyclisme, de basketball et de hockey. Vandegoor a présenté quelques programmes musicaux sur Radio 1 et en 2006, et il a écrit la biographie de Stefan Everts.

Après les Vosges, voici la première étape alpestre, avec deux cols peu connus dans les 60 derniers kilomètres. Le Col de Palaquit effectue sa grande entrée au Tour et l'ascension de Chamrousse n'a servi de décor qu'une fois, en 2001, dans un contre-la-montre remporté avec panache par Lance Armstrong. Si on y ajoute La Planche des Belles Filles, ASO est manifestement à la recherche de nouvelles pentes et quand elle conserve les cols classiques, elle leur ajoute un trait spécial, comme la première arrivée au sommet du Tourmalet en 2010 et du Galibier en 2011 ou la double ascension de l'Alpe d'Huez l'année dernière.Des cols pénibles En France, Chamrousse n'est pas inconnu. C'est la station de ski par excellence des habitants des parages de Grenoble. C'est là que le skieur Jean-Claude Killy, qui a plus tard intégré la direction du Tour, a gagné trois médailles d'or aux JO de 1968. Thierry Claveyrolat, le grimpeur français qui a enlevé deux étapes et le prix de la montagne au début des années '90, habitait d'ailleurs Vizille, un petit village proche du col. Après sa carrière, il a été impliqué dans un terrible accident de la circulation qui a coûté la vie à deux personnes. Il n'a pu vivre avec cette pensée et s'est suicidé en 1999. Tragique... Ce n'est pas parce que ces cols sont moins connus qu'ils ne sont pas durs. Le Palaquit fait 14,1 kilomètres, certes à seulement 6% de moyenne mais l'inclinaison est très irrégulière. Il y a cinq kilomètres à 9,9% et même un passage à 11,7 %. Après le sommet, il reste 25 kilomètres jusqu'à Grenoble et le début de l'ascension de Chamrousse. Celle-ci n'est pas négligeable : 18,2 kilomètres à 7,3%, avec les deux premiers kilomètres à plus de 11%. Les meilleurs grimpeurs vont-ils attaquer là ou attendre les cinq derniers kilomètres ? A signaler, le sprint intermédiaire se situe entre le Palaquit et Chamrousse. L'organisation veut sans doute inciter les candidats au maillot vert à participer à une échappée. S'il a un avantage suffisant au pied du Palaquit, un coureur comme Peter Sagan est sans doute capable de résister et de glaner des points précieux après la descente. Les arrivées en montagne ne sont pas une mince affaire pour les journalistes non plus. Ça commence le matin, quand nous slalomons entre des milliers de supporters en délire et des cyclotouristes en nage pour rejoindre le sommet.Foire d'empoigne en descenteToutefois, le véritable calvaire commence à l'issue de l'étape, quand le circuit entame la descente. Pour les coureurs et les directeurs d'équipes, ça va encore car ils sont escortés par la gendarmerie, de même que les véhicules d'ASO. Ensuite, c'est le tour de la caravane du Tour, que les journalistes essaient de suivre, pour profiter de la brèche réalisée dans la circulation. C'est un chaos. Des analystes comme Sean Kelly, Richard Virenque et Jacky Durand retrouvent leurs sensations de coureurs et se lancent dans des slaloms sur la bande de gauche, entre les cyclotouristes et les piétons. Quand ils aperçoivent la police, ils se rabattent sèchement, provoquant la colère de leurs collègues. Il faut conserver son calme, même si ce n'est pas évident, surtout quand on est coincé entre des milliers de campeurs. Après la victoire de Jelle Vanendert au Plateau de Beille, Frank Hoste, mon analyste, et moi sommes descendus plus tard. Nous sommes arrivés en bas à 22.45 heures alors que Jelle était ramené en hélicoptère. Nous devions encore rouler 150 kilomètres jusqu'à notre hôtel, proche de l'arrivée de l'étape suivante, comme tous les jours. A deux reprises, nous avons introduit le bon nom de l'hôtel mais le mauvais département ou la mauvaise bourgade dans le GPS pour nous entendre dire, à 23 heures : "Non, Monsieur, pas de réservation pour la VRT." Dans des moments pareils, on a envie de maudire le Tour. Surtout quand il faut encore rouler 100 kilomètres pour arriver au bon hôtel...