Le peloton peut-il s'offrir une étape de transition en direction d'Albi ? C'est difficile à dire et certaines équipes dresseront peut-être un premier bilan à l'approche des Pyrénées et des randonnées en haute montagne. Qui a gagné quoi ? Quels sprinters n'ont pas encore pu assouvir leurs ambitions ? Les directeurs en mal de succès opteront-ils pour l'attaque ou pour la prudence ? Il y a un coup à jouer sur les chemins qui mènent vers Albi, une ville magnifique de près de 50.000 habitants. La ville rouge, comme les briques de ses maisons, est le chef-lieu du département du Tarn et accueille pour la neuvième fois une arrivée du Tour de France.

Certains de ces "arrêts" ont marqué les imaginations ou carrément l'histoire. Vainqueur en 2007, Alexandre Vinokourov a été déclassé plus tard et c'est Cadel Evans qui figure au palmarès de l'étape. En 1975, Michel Pollentier a remporté l'étape Albi-Super-Lioran. Mais Albi, c'est encore autre chose, la suite des moments de haute tension entre Eddy Merckx et Luis Ocaña à Orcières-Merlette, la réaction du Cannibale sur la route de Marseille. La direction du Tour de France préférait visiblement que le champion belge ne monte pas sur la première marche du podium à Paris. Et, dans L'Equipe, l'excellent Pierre Chany prévoit un Tour difficile pour Merckx. Après le triomphe d'Ocaña à Orcières-Merlette, Jacques Goddet écrit, toujours dans L'Equipe, que "rien ne sera plus jamais comme avant : Merckx ne se situe plus hors du temps". Goddet se trompe largement. Comme Marseille, Albi fait partie du plan de redressement du champion belge. Il domine le contre-la-montre de 16,5 km : Ocaña garde le maillot jaune. Plus pour longtemps. Les photographes avaient suivi attentivement cette étape contre le chrono.

Ce ne fut pas le cas à Villard-de-Lans en 1985. Parti très tôt, Eric Vanderaerden réalisa un temps canon qui ne fut plus battu. Aucun photographe ne l'avait suivi durant son raid. A la demande d'Aldo Tonnoir de Sport 80, il accepta, après son arrivée, de remonter à vélo durant quelques kilomètres pour immortaliser son succès. Inimaginable, non ? A Albi, pas de contre-la-montre comme en 1971. Le parcours est vallonné mais cela n'a pas empêché des sprinters de s'y imposer : André Darrigade en 1953, Gerrie Knetemann en 1975, Moreno Argentin en 1991.

Les organisateurs du Tour de France estiment que le classement du maillot vert pourrait être définitivement joué à Albi. Et ce sera probablement le cas si Cavendish est chaque fois emmené tranquillement vers la dernière ligne droite. Il y a de quoi piéger les sprinters car il y a quand même quatre belles bosses réparties tout au long de la journée. Les favoris pour la victoire finale, eux, en garderont sous la pédale avant la haute montagne. S'il y a un détenteur inattendu du maillot à pois, il tentera peut-être de grappiller assez de points pour garder sa tunique dans les Pyrénées. Dommage que Gianni Meersman ne soit pas là. Pour les Belges, il est désormais plus facile de gagner à l'Alpe d'Huez que de remporter une étape au sprint.

Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens

Le peloton peut-il s'offrir une étape de transition en direction d'Albi ? C'est difficile à dire et certaines équipes dresseront peut-être un premier bilan à l'approche des Pyrénées et des randonnées en haute montagne. Qui a gagné quoi ? Quels sprinters n'ont pas encore pu assouvir leurs ambitions ? Les directeurs en mal de succès opteront-ils pour l'attaque ou pour la prudence ? Il y a un coup à jouer sur les chemins qui mènent vers Albi, une ville magnifique de près de 50.000 habitants. La ville rouge, comme les briques de ses maisons, est le chef-lieu du département du Tarn et accueille pour la neuvième fois une arrivée du Tour de France. Certains de ces "arrêts" ont marqué les imaginations ou carrément l'histoire. Vainqueur en 2007, Alexandre Vinokourov a été déclassé plus tard et c'est Cadel Evans qui figure au palmarès de l'étape. En 1975, Michel Pollentier a remporté l'étape Albi-Super-Lioran. Mais Albi, c'est encore autre chose, la suite des moments de haute tension entre Eddy Merckx et Luis Ocaña à Orcières-Merlette, la réaction du Cannibale sur la route de Marseille. La direction du Tour de France préférait visiblement que le champion belge ne monte pas sur la première marche du podium à Paris. Et, dans L'Equipe, l'excellent Pierre Chany prévoit un Tour difficile pour Merckx. Après le triomphe d'Ocaña à Orcières-Merlette, Jacques Goddet écrit, toujours dans L'Equipe, que "rien ne sera plus jamais comme avant : Merckx ne se situe plus hors du temps". Goddet se trompe largement. Comme Marseille, Albi fait partie du plan de redressement du champion belge. Il domine le contre-la-montre de 16,5 km : Ocaña garde le maillot jaune. Plus pour longtemps. Les photographes avaient suivi attentivement cette étape contre le chrono. Ce ne fut pas le cas à Villard-de-Lans en 1985. Parti très tôt, Eric Vanderaerden réalisa un temps canon qui ne fut plus battu. Aucun photographe ne l'avait suivi durant son raid. A la demande d'Aldo Tonnoir de Sport 80, il accepta, après son arrivée, de remonter à vélo durant quelques kilomètres pour immortaliser son succès. Inimaginable, non ? A Albi, pas de contre-la-montre comme en 1971. Le parcours est vallonné mais cela n'a pas empêché des sprinters de s'y imposer : André Darrigade en 1953, Gerrie Knetemann en 1975, Moreno Argentin en 1991. Les organisateurs du Tour de France estiment que le classement du maillot vert pourrait être définitivement joué à Albi. Et ce sera probablement le cas si Cavendish est chaque fois emmené tranquillement vers la dernière ligne droite. Il y a de quoi piéger les sprinters car il y a quand même quatre belles bosses réparties tout au long de la journée. Les favoris pour la victoire finale, eux, en garderont sous la pédale avant la haute montagne. S'il y a un détenteur inattendu du maillot à pois, il tentera peut-être de grappiller assez de points pour garder sa tunique dans les Pyrénées. Dommage que Gianni Meersman ne soit pas là. Pour les Belges, il est désormais plus facile de gagner à l'Alpe d'Huez que de remporter une étape au sprint. Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens