Bien que l'arrivée ne soit pas jugée au sommet, c'est peut-être l'étape reine de ce Tour : 204km, dont 66,8 d'ascension officiels, soit 24 de plus que lors de l'étape pyrénéenne menant à Bagnères-de-Bigorre. Après le contre-la-montre, après la double ascension de l'Alpe d'Huez et au terme de près de trois semaines de Tour, c'est à celui qui sera le plus frais. Dommage que les deux cols hors catégorie, le Glandon et la Madeleine, soient situés dans les 83 premiers kilomètres. C'est trop tôt pour voir les cadors s'y déclarer la guerre. Ils ne jetteront sans doute leurs atouts que dans le Col de la Croix Fry, une ascension de première catégorie dont le sommet se situe à 13km de l'arrivée. En soi, elle n'a rien de mortel (11,3km à 7% de moyenne) mais elle est suffisamment dure pour celui qui veut lâcher ses rivaux. Et si ça ne marche pas là, ça pourrait se passer au Grand Bornand, où les 500 derniers mètres grimpent.

Je me demande si les candidats au classement final se battront pour cette étape qui, pour moi, est propice à une longue échappée de coureurs visant le maillot à pois. Peut-être Thomas De Gendt s'y mettra-t-il en évidence, comme l'an dernier dans le Stelvio. Evidemment, maintenant, tout le monde le connaît et il ne jouira pas de beaucoup de liberté. Claude Criquielion a connu cela à son époque : il n'a jamais remporté d'étape du Tour parce qu'il n'était pas suffisamment costaud pour suivre les meilleurs en haute montagne et qu'il était souvent trop proche au classement pour qu'on le laisse filer comme ça.

Le Grand Bornand a déjà accueilli cinq fois le Tour. De nombreuses personnes se rappellent sans doute encore l'étape de 2004, dont le parcours était quasi identique à celle-ci, avec le Glandon, la Madeleine et la Croix de Fry. C'était l'époque où Lance Armstrong et Floyd Landis étaient encore amis. Le Mormon roulait au service du Boss et il imposa un tel rythme dans la Croix de Fry, avec Armstrong dans sa roue, que seuls Jan Ullrich, Andreas Klöden et Ivan Basso purent suivre. Dans la descente vers Le Grand Bornand, Armstrong se hissa à la hauteur de son équipier et lui demanda à quel point il voulait gagner l'étape. Et il lui conseilla de rouler aussi vite que s'il avait volé quelque chose. Landis s'exécuta mais Ullrich le rappela vite à l'ordre.

A cinq cents mètres de la ligne, Klöden se dit que le moment d'attaquer était venu, il fila vers la victoire mais Armstrong, dans un dernier sursaut, parvint encore à le dépasser avant la ligne. Comme si c'était lui le voleur. Le leader de l'équipe US Postal dédia alors sa victoire à Landis : -L'homme du jour, c'est Floyd. Je voulais vraiment qu'il gagne mais les circonstances en ont décidé autrement. L'an dernier, on a compris qu'Armstrong savait très bien ce qu'il faisait...

Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens

Bien que l'arrivée ne soit pas jugée au sommet, c'est peut-être l'étape reine de ce Tour : 204km, dont 66,8 d'ascension officiels, soit 24 de plus que lors de l'étape pyrénéenne menant à Bagnères-de-Bigorre. Après le contre-la-montre, après la double ascension de l'Alpe d'Huez et au terme de près de trois semaines de Tour, c'est à celui qui sera le plus frais. Dommage que les deux cols hors catégorie, le Glandon et la Madeleine, soient situés dans les 83 premiers kilomètres. C'est trop tôt pour voir les cadors s'y déclarer la guerre. Ils ne jetteront sans doute leurs atouts que dans le Col de la Croix Fry, une ascension de première catégorie dont le sommet se situe à 13km de l'arrivée. En soi, elle n'a rien de mortel (11,3km à 7% de moyenne) mais elle est suffisamment dure pour celui qui veut lâcher ses rivaux. Et si ça ne marche pas là, ça pourrait se passer au Grand Bornand, où les 500 derniers mètres grimpent. Je me demande si les candidats au classement final se battront pour cette étape qui, pour moi, est propice à une longue échappée de coureurs visant le maillot à pois. Peut-être Thomas De Gendt s'y mettra-t-il en évidence, comme l'an dernier dans le Stelvio. Evidemment, maintenant, tout le monde le connaît et il ne jouira pas de beaucoup de liberté. Claude Criquielion a connu cela à son époque : il n'a jamais remporté d'étape du Tour parce qu'il n'était pas suffisamment costaud pour suivre les meilleurs en haute montagne et qu'il était souvent trop proche au classement pour qu'on le laisse filer comme ça. Le Grand Bornand a déjà accueilli cinq fois le Tour. De nombreuses personnes se rappellent sans doute encore l'étape de 2004, dont le parcours était quasi identique à celle-ci, avec le Glandon, la Madeleine et la Croix de Fry. C'était l'époque où Lance Armstrong et Floyd Landis étaient encore amis. Le Mormon roulait au service du Boss et il imposa un tel rythme dans la Croix de Fry, avec Armstrong dans sa roue, que seuls Jan Ullrich, Andreas Klöden et Ivan Basso purent suivre. Dans la descente vers Le Grand Bornand, Armstrong se hissa à la hauteur de son équipier et lui demanda à quel point il voulait gagner l'étape. Et il lui conseilla de rouler aussi vite que s'il avait volé quelque chose. Landis s'exécuta mais Ullrich le rappela vite à l'ordre. A cinq cents mètres de la ligne, Klöden se dit que le moment d'attaquer était venu, il fila vers la victoire mais Armstrong, dans un dernier sursaut, parvint encore à le dépasser avant la ligne. Comme si c'était lui le voleur. Le leader de l'équipe US Postal dédia alors sa victoire à Landis : -L'homme du jour, c'est Floyd. Je voulais vraiment qu'il gagne mais les circonstances en ont décidé autrement. L'an dernier, on a compris qu'Armstrong savait très bien ce qu'il faisait... Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens