Deux fois l'Alpe d'Huez ! 42 virages ! Jean-François Pescheux, le directeur de course, trouve ça légendaire mais selon moi, ça ne l'est absolument pas. C'est du pur show, du commerce. Peut-être devrait-il prévoir trois passages, l'année prochaine, et installer des loges VIP le long du col... C'est ridicule ! Le cyclisme, c'est rouler du point A au point B, pas tournicoter, hormis au Mondial. Quand les gens me demandent quelle est la plus belle classique à commenter, je réponds : c'était le Tour des Flandres. Avec trois passages au Vieux Quaremont et au Paterberg, c'est devenu une course attentiste, comme l'Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne, avec respectivement quatre et trois ascensions du Cauberg et du Mur de Huy.

On peut s'attendre à ce que les favoris ne bougent guère pendant le premier passage, même si après, il y a une petite prolongation de 3 kilomètres à 7,8 % avec le Col de Sarenne, qui culmine à 1.999 mètres. Ensuite, le peloton emprunte une descente en virages - heureusement réasphaltée - en direction de Bourg-d'Oisans, au pied de l'Alpe. C'est sans doute là que les ténors vont déclencher les hostilités, à moins que ce ne soit que dans les derniers kilomètres.

Ce phénomène est de plus en plus fréquent, de même que les contre-la-montre en côte sont plus lents qu'il y a vingt ou trente ans. L'ascension la plus rapide de l'Alpe d'Huez durant la dernière arrivée du Tour en 2011 - 41'45'', des oeuvres de Samuel Sanchez - n'est que la 24e de tous les temps. C'est nettement plus lent que le chrono-record de Marco Pantani, même si son temps suscite la polémique : 36'50'' en 1995 ou 37'35'' en 1997. Mais à l'époque, il roulait à un autre carburant, comme tant d'autres...

Aucun Belge n'a triomphé à l'Alpe d'Huez, même pas Lucien Van Impe, qui a pourtant baptisé sa villa du nom du col.

Si j'aime commenter l'événement sportif, je n'aime pas me rendre à l'Alpe d'Huez, dans cette agitation. En hiver, pour skier, oui, mais pendant le Tour ? Pff... J'arrive généralement le soir précédent, très tard et à moitié affamé mais je ne trouve place dans aucun restaurant et comme il est impossible de réserver, il faut faire la file longtemps avant de se mettre au lit bien après minuit et être sans cesse éveillé par le boucan que font les Néerlandais en état d'ébriété - comme s'ils avaient gagné la Coupe du Monde de football. Par ailleurs, c'est un demi-miracle qu'il n'y ait pas plus d'accidents lors du passage des coureurs, à l'exception de la collision de Giuseppe Guerini avec un spectateur en 1999. Touchons du bois pour que le miracle se prolonge pendant ces deux ascensions, qui attireront sans doute encore plus de monde.

Le pire, c'est après l'arrivée, quand tout le monde doit redescendre et fait la file pendant des heures. Si je gagne au Lotto un jour, je sais ce que j'achèterai en premier : un hélicoptère...

Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens

Deux fois l'Alpe d'Huez ! 42 virages ! Jean-François Pescheux, le directeur de course, trouve ça légendaire mais selon moi, ça ne l'est absolument pas. C'est du pur show, du commerce. Peut-être devrait-il prévoir trois passages, l'année prochaine, et installer des loges VIP le long du col... C'est ridicule ! Le cyclisme, c'est rouler du point A au point B, pas tournicoter, hormis au Mondial. Quand les gens me demandent quelle est la plus belle classique à commenter, je réponds : c'était le Tour des Flandres. Avec trois passages au Vieux Quaremont et au Paterberg, c'est devenu une course attentiste, comme l'Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne, avec respectivement quatre et trois ascensions du Cauberg et du Mur de Huy. On peut s'attendre à ce que les favoris ne bougent guère pendant le premier passage, même si après, il y a une petite prolongation de 3 kilomètres à 7,8 % avec le Col de Sarenne, qui culmine à 1.999 mètres. Ensuite, le peloton emprunte une descente en virages - heureusement réasphaltée - en direction de Bourg-d'Oisans, au pied de l'Alpe. C'est sans doute là que les ténors vont déclencher les hostilités, à moins que ce ne soit que dans les derniers kilomètres. Ce phénomène est de plus en plus fréquent, de même que les contre-la-montre en côte sont plus lents qu'il y a vingt ou trente ans. L'ascension la plus rapide de l'Alpe d'Huez durant la dernière arrivée du Tour en 2011 - 41'45'', des oeuvres de Samuel Sanchez - n'est que la 24e de tous les temps. C'est nettement plus lent que le chrono-record de Marco Pantani, même si son temps suscite la polémique : 36'50'' en 1995 ou 37'35'' en 1997. Mais à l'époque, il roulait à un autre carburant, comme tant d'autres... Aucun Belge n'a triomphé à l'Alpe d'Huez, même pas Lucien Van Impe, qui a pourtant baptisé sa villa du nom du col. Si j'aime commenter l'événement sportif, je n'aime pas me rendre à l'Alpe d'Huez, dans cette agitation. En hiver, pour skier, oui, mais pendant le Tour ? Pff... J'arrive généralement le soir précédent, très tard et à moitié affamé mais je ne trouve place dans aucun restaurant et comme il est impossible de réserver, il faut faire la file longtemps avant de se mettre au lit bien après minuit et être sans cesse éveillé par le boucan que font les Néerlandais en état d'ébriété - comme s'ils avaient gagné la Coupe du Monde de football. Par ailleurs, c'est un demi-miracle qu'il n'y ait pas plus d'accidents lors du passage des coureurs, à l'exception de la collision de Giuseppe Guerini avec un spectateur en 1999. Touchons du bois pour que le miracle se prolonge pendant ces deux ascensions, qui attireront sans doute encore plus de monde. Le pire, c'est après l'arrivée, quand tout le monde doit redescendre et fait la file pendant des heures. Si je gagne au Lotto un jour, je sais ce que j'achèterai en premier : un hélicoptère... Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens