Saint-Amand-Montrond a déjà accueilli deux étapes du Tour de France. Deux contre-la-montre remportés par des tricheurs : Lance Armstrong en 2001 et Stefan Schumacher en 2008. La seule différence étant que l'Allemand allait déjà se faire prendre au CERA en octobre de cette année-là tandis que l'Américain n'allait être cloué au pilori que bien plus tard.

Mais le plus intéressant, en 2008, c'était la lutte pour le maillot jaune que se livraient Cadel Evans et Carlos Sastre. L'Espagnol s'était emparé de la première place à l'Alpe d'Huez, où l'Australien, trop préoccupé par Fränk Schleck, n'avait pas vu que Sastre était en train de gagner le Tour. Une erreur que tout le monde le croyait capable de réparer lors du contre-la-montre vers Saint-Amand-Montrond. A l'occasion de la première étape contre le chrono de ce Tour, il avait en effet relégué Sastre à 1'33'' sur 29,5 km. Ici, il devait refaire 1'34'' sur 53 bornes.

C'était sans compter avec le stress et une démonstration ridicule avant le départ. L'équipe Silence-Lotto avait loué une maison afin qu'Evans puisse s'échauffer dans le jardin plutôt que près du bus, toujours très animé. Tous les volets étaient clos et même les fenêtres du grenier étaient fermées afin de laisser l'Australien se concentrer au mieux. Mais en vain puisqu'il ne reprit que 29 secondes à Sastre, qui remporta le Tour, Cadel devant à nouveau se contenter de la deuxième place.

Cette fois, les coureurs n'arriveront pas en solitaire dans cette petite localité de 12.000 habitants. Ils risquent même d'arriver tous ensemble car, hormis une côte de quatrième catégorie, l'étape ne compte aucune difficulté notoire. Un sprint massif ne me dérangerait pourtant pas, au contraire: ces derniers kilomètres me procurent autant d'adrénaline qu'un but décisif des Diables Rouges lors d'un match de coupe du monde. Il n'y a rien de plus fort que de pouvoir donner le nom des dix premiers dans l'ordre sans se tromper. Mon record est même de douze.

Pour cela, il faut être concentré et savoir reconnaître les hommes forts. J'y passe beaucoup de temps. Je m'informe auprès des directeurs sportifs quant à l'ordre des coureurs dans le train, je les note et je répète ma leçon dans mon lit : le coureur X jusqu'à la flamme rouge, le coureur Y jusqu'à 600 mètres de la ligne, le Z jusqu'à 300 mètres puis le sprinter. Tout le monde connaît le train d'André Greipel chez Lotto-Belisol mais savez-vous qui est l'avant-dernier wagon de Marcel Kittel ou de Nacer Bouhanni? Tout était plus facile à l'époque de Mario Cipollini: son équipe toute puissante se plaçait devant et personne ne passait. Maintenant, ça plonge de partout et il faut pouvoir dire en un coup d'oeil quel coureur passe en tête.

Cette préparation ne se limite pas aux serviteurs des sprinters. Avant le Tour, j'essaye de savoir quel sera le rôle de chaque coureur et à quel moment. Cela m'aide beaucoup pendant le direct : si, au départ d'une étape de montagne, un coureur de RadioShack attaque, je n'ai pas besoin de réfléchir pour savoir qu'il s'agit de Jens Voigt. C'était la même chose par le passé avec les Lotto. Je n'avais pas besoin d'un gros plan pour détecter un démarrage de Peter De Clercq. Et neuf fois sur dix, j'avais raison. (il rit)

Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens

Saint-Amand-Montrond a déjà accueilli deux étapes du Tour de France. Deux contre-la-montre remportés par des tricheurs : Lance Armstrong en 2001 et Stefan Schumacher en 2008. La seule différence étant que l'Allemand allait déjà se faire prendre au CERA en octobre de cette année-là tandis que l'Américain n'allait être cloué au pilori que bien plus tard. Mais le plus intéressant, en 2008, c'était la lutte pour le maillot jaune que se livraient Cadel Evans et Carlos Sastre. L'Espagnol s'était emparé de la première place à l'Alpe d'Huez, où l'Australien, trop préoccupé par Fränk Schleck, n'avait pas vu que Sastre était en train de gagner le Tour. Une erreur que tout le monde le croyait capable de réparer lors du contre-la-montre vers Saint-Amand-Montrond. A l'occasion de la première étape contre le chrono de ce Tour, il avait en effet relégué Sastre à 1'33'' sur 29,5 km. Ici, il devait refaire 1'34'' sur 53 bornes. C'était sans compter avec le stress et une démonstration ridicule avant le départ. L'équipe Silence-Lotto avait loué une maison afin qu'Evans puisse s'échauffer dans le jardin plutôt que près du bus, toujours très animé. Tous les volets étaient clos et même les fenêtres du grenier étaient fermées afin de laisser l'Australien se concentrer au mieux. Mais en vain puisqu'il ne reprit que 29 secondes à Sastre, qui remporta le Tour, Cadel devant à nouveau se contenter de la deuxième place. Cette fois, les coureurs n'arriveront pas en solitaire dans cette petite localité de 12.000 habitants. Ils risquent même d'arriver tous ensemble car, hormis une côte de quatrième catégorie, l'étape ne compte aucune difficulté notoire. Un sprint massif ne me dérangerait pourtant pas, au contraire: ces derniers kilomètres me procurent autant d'adrénaline qu'un but décisif des Diables Rouges lors d'un match de coupe du monde. Il n'y a rien de plus fort que de pouvoir donner le nom des dix premiers dans l'ordre sans se tromper. Mon record est même de douze. Pour cela, il faut être concentré et savoir reconnaître les hommes forts. J'y passe beaucoup de temps. Je m'informe auprès des directeurs sportifs quant à l'ordre des coureurs dans le train, je les note et je répète ma leçon dans mon lit : le coureur X jusqu'à la flamme rouge, le coureur Y jusqu'à 600 mètres de la ligne, le Z jusqu'à 300 mètres puis le sprinter. Tout le monde connaît le train d'André Greipel chez Lotto-Belisol mais savez-vous qui est l'avant-dernier wagon de Marcel Kittel ou de Nacer Bouhanni? Tout était plus facile à l'époque de Mario Cipollini: son équipe toute puissante se plaçait devant et personne ne passait. Maintenant, ça plonge de partout et il faut pouvoir dire en un coup d'oeil quel coureur passe en tête. Cette préparation ne se limite pas aux serviteurs des sprinters. Avant le Tour, j'essaye de savoir quel sera le rôle de chaque coureur et à quel moment. Cela m'aide beaucoup pendant le direct : si, au départ d'une étape de montagne, un coureur de RadioShack attaque, je n'ai pas besoin de réfléchir pour savoir qu'il s'agit de Jens Voigt. C'était la même chose par le passé avec les Lotto. Je n'avais pas besoin d'un gros plan pour détecter un démarrage de Peter De Clercq. Et neuf fois sur dix, j'avais raison. (il rit) Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens