Après l'Ile de Beauté corse, la télévision française va à nouveau nous montrer des paysages à couper le souffle: ceux du Mont-Saint-Michel. Le contre-la-montre individuel qui s'y déroulera vous donnera l'occasion de découvrir la baie sous toutes ses coutures. Le Mont Saint-Michel fait partie du Patrimoine Mondial de l'UNESCO et est, après la Tour Eiffel, le site touristique le plus visité de France, avec plus de trois millions de visiteurs par an. Et cela alors que l'endroit ne compte que 43 habitants. L'île et son abbaye se situent à un kilomètre de la côte mais la marée haute n'arrive qu'à 21h54 tandis que la marée basse est annoncée pour 15h44. Les coureurs garderont donc les pieds au sec.

C'est un contre-la-montre pour les spécialistes, le long de la côte, face au vent. On le dirait taillé sur mesure pour Tony Martin. Le champion du monde, pratiquement invincible contre-la-montre cette année, est l'incontestable favori. Seul le Bradley Wiggins de 2012 aurait pu éventuellement le menacer. Mais le grand gagnant de la journée pourrait bien être Christopher Froome. Va-t-il tuer tout suspense dès aujourd'hui ? Heureusement pour les autres prétendants à la victoire à Paris, la distance n'est que de 33km, soit respectivement 5 et 20km de moins que les deux longs contre-la-montre individuels de l'an dernier, ce qui devrait leur laisser une petite chance de limiter la casse.

En 2012, le directeur de course, Jean-François Pescheux, avait dessiné un parcours qui, avec deux contre-la-montre, était taillé sur mesure pour Wiggins - on était à quelques semaines des JO de Londres. Cette fois, afin d'éviter la monotonie, d'autres options ont été prises. On a déjà assisté plusieurs fois à ce phénomène par le passé, lorsque tout était fait (moins de contre-la-montre et plus de cols) pour empêcher Eddy Merckx de gagner. A l'inverse, à l'époque de Jacques Anquetil, on multipliait à l'envi les étapes contre-le-chrono. Mais bon, c'était un Français...

Etrangement, ce n'est que la deuxième fois que le Tour arrive au pied du Mont-Saint-Michel. C'est là qu'en 1990, Johan Museeuw avait fêté son premier succès d'étape au Tour, devant Olaf Ludwig et Guido Bontempi. Museeuw s'était imposé au sprint alors que le peloton avait été décimé par le vent dans les derniers kilomètres. C'est un moment que je n'oublierai jamais car c'était la première fois qu'un Belge remportait une étape depuis que je commentais. Un petit plus car j'avais sympathisé avec les coureurs de l'équipe Lotto lors d'un stage à Combloux. Museeuw, qui avait moins de cheveux que maintenant, était un peu introverti mais nous avons quand même eu de bonnes relations. Pour lui qui, l'année précédente, était encore le porteur d'eau de Greg Le-Mond chez ADR, cette victoire fut synonyme de déclic sur le plan international. D'autant que, plus tard, il remporta l'étape finale sur les Champs-Elysées, devant Adriano Baffi. De la même façon, d'ailleurs: un sprint lancé de loin, tout en puissance, sans se retourner et au finish. C'est aussi de la sorte qu'il fut champion du monde l'année suivante à Zürich.

Museeuw garde également de bons souvenirs d'Avranches, d'où l'étape du jour partira. En 1993, il y avait remporté le contre-la-montre par équipes avec l'équipe GB-MG. Son équipier, Mario Cipollini, y avait décroché le maillot jaune. Deux jours plus tard, à Châlon-sur-Marne, il passait sur les épaules de Johan qui, à l'époque, n'était déjà plus un sprinter mais plutôt un coureur de classiques puisque, plus tôt dans l'année, il avait remporté le Tour des Flandres. Plus tard, Tom Boonen allait connaître la même évolution. La seule différence, c'est que Museeuw s'est toujours mis au service de Cipollini, le grand sprinter de l'époque. Boonen, lui, ne fait rien pour Mark Cavendish.

Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens

Après l'Ile de Beauté corse, la télévision française va à nouveau nous montrer des paysages à couper le souffle: ceux du Mont-Saint-Michel. Le contre-la-montre individuel qui s'y déroulera vous donnera l'occasion de découvrir la baie sous toutes ses coutures. Le Mont Saint-Michel fait partie du Patrimoine Mondial de l'UNESCO et est, après la Tour Eiffel, le site touristique le plus visité de France, avec plus de trois millions de visiteurs par an. Et cela alors que l'endroit ne compte que 43 habitants. L'île et son abbaye se situent à un kilomètre de la côte mais la marée haute n'arrive qu'à 21h54 tandis que la marée basse est annoncée pour 15h44. Les coureurs garderont donc les pieds au sec. C'est un contre-la-montre pour les spécialistes, le long de la côte, face au vent. On le dirait taillé sur mesure pour Tony Martin. Le champion du monde, pratiquement invincible contre-la-montre cette année, est l'incontestable favori. Seul le Bradley Wiggins de 2012 aurait pu éventuellement le menacer. Mais le grand gagnant de la journée pourrait bien être Christopher Froome. Va-t-il tuer tout suspense dès aujourd'hui ? Heureusement pour les autres prétendants à la victoire à Paris, la distance n'est que de 33km, soit respectivement 5 et 20km de moins que les deux longs contre-la-montre individuels de l'an dernier, ce qui devrait leur laisser une petite chance de limiter la casse. En 2012, le directeur de course, Jean-François Pescheux, avait dessiné un parcours qui, avec deux contre-la-montre, était taillé sur mesure pour Wiggins - on était à quelques semaines des JO de Londres. Cette fois, afin d'éviter la monotonie, d'autres options ont été prises. On a déjà assisté plusieurs fois à ce phénomène par le passé, lorsque tout était fait (moins de contre-la-montre et plus de cols) pour empêcher Eddy Merckx de gagner. A l'inverse, à l'époque de Jacques Anquetil, on multipliait à l'envi les étapes contre-le-chrono. Mais bon, c'était un Français... Etrangement, ce n'est que la deuxième fois que le Tour arrive au pied du Mont-Saint-Michel. C'est là qu'en 1990, Johan Museeuw avait fêté son premier succès d'étape au Tour, devant Olaf Ludwig et Guido Bontempi. Museeuw s'était imposé au sprint alors que le peloton avait été décimé par le vent dans les derniers kilomètres. C'est un moment que je n'oublierai jamais car c'était la première fois qu'un Belge remportait une étape depuis que je commentais. Un petit plus car j'avais sympathisé avec les coureurs de l'équipe Lotto lors d'un stage à Combloux. Museeuw, qui avait moins de cheveux que maintenant, était un peu introverti mais nous avons quand même eu de bonnes relations. Pour lui qui, l'année précédente, était encore le porteur d'eau de Greg Le-Mond chez ADR, cette victoire fut synonyme de déclic sur le plan international. D'autant que, plus tard, il remporta l'étape finale sur les Champs-Elysées, devant Adriano Baffi. De la même façon, d'ailleurs: un sprint lancé de loin, tout en puissance, sans se retourner et au finish. C'est aussi de la sorte qu'il fut champion du monde l'année suivante à Zürich. Museeuw garde également de bons souvenirs d'Avranches, d'où l'étape du jour partira. En 1993, il y avait remporté le contre-la-montre par équipes avec l'équipe GB-MG. Son équipier, Mario Cipollini, y avait décroché le maillot jaune. Deux jours plus tard, à Châlon-sur-Marne, il passait sur les épaules de Johan qui, à l'époque, n'était déjà plus un sprinter mais plutôt un coureur de classiques puisque, plus tôt dans l'année, il avait remporté le Tour des Flandres. Plus tard, Tom Boonen allait connaître la même évolution. La seule différence, c'est que Museeuw s'est toujours mis au service de Cipollini, le grand sprinter de l'époque. Boonen, lui, ne fait rien pour Mark Cavendish. Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens