Voilà une étape très spéciale où un directeur sportif songera peut-être à tenter un coup fumant, une offensive à l'ancienne sur les routes de Bretagne. Cette étape survient après le passage des Pyrénées, un transfert et une journée de repos à Saint-Nazaire qui ne sont jamais faciles à digérer. Mais, très important aussi, elle précède le premier contre-la-montre-individuel : les favoris se ménagent généralement avant cet exercice de vérité. Les Pyrénées ont mieux fixé le classement général. Et on change de braquet en Bretagne. Dans la montagne, le peloton était passé brutalement du grand au petit développement : ici, c'est un peu le contraire et cela peut faire mal aussi. En début de Tour de France, le peloton n'accorde généralement des bons de sortie qu'à un petit groupe de quatre ou cinq coureurs. Il devrait en être autrement en Bretagne où une échappée de 10 ou 12 coureurs peut tirer profit du vent, organiser une bordure en longeant la côte bretonne.

Saint-Gildas-des-Bois n'avait jamais accueilli le grand barnum en jaune et son gigantisme. Mais, là comme ailleurs dans ces belles contrées, le cyclisme est roi : ainsi, Saint-Gildas-des-Bois a déjà fêté l'arrivée du Tour de Bretagne. Si certains ne sont pas contents des résultats dans les Pyrénées, la Bretagne offre des possibilités de se refaire. Saint-Malo est la ville des corsaires d'autrefois. A notre époque, elle reste une ville d'aventuriers comme le prouve la Route du Rhum. Des sprinters belges y ont imposé leur pointe de vitesse : Emile Daems en 1962, Walter Godefroot en 1967, Patrick Sercu en 1974. Le décor y est évidemment splendide.

Les traditions seront au rendez-vous et deux grands champions cyclistes bretons seront honorés : Bernard Hinault et Louison Bobet. A deux, ils ont gagné huit Tours de France, cinq pour le Blaireau, trois pour Bobet, le Boulanger de Saint-Méen. Née en 1925, décédée à 58 ans, cette légende du cyclisme qu'est Bobet repose là-bas. La caravane y passe au 98e kilomètre de la journée. Bobet a gagné le Tour de France en 1953, 54 et 55, et il égala ainsi le record jusqu'alors détenu par un Belge, Philippe Thijs. Bobet mena aussi brillamment sa reconversion au terme de sa carrière sportive. Il avait noté combien l'eau de mer lui avait fait du bien pour se remettre des suites d'un accident de la circulation au retour de Bruxelles. Il participe au succès du centre de thalassothérapie de Quiberon. Beaucoup se souviendront de lui et d'Hinault, bien sûr, qu'on ne présente plus, en accueillant le vainqueur de cette 10e étape, devant les remparts de Saint-Malo. Les organisateurs prévoient une étape de transition et une arrivée au sprint : c'est possible mais il y a toujours moyen d'étonner son monde en Bretagne.

Par Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens

Voilà une étape très spéciale où un directeur sportif songera peut-être à tenter un coup fumant, une offensive à l'ancienne sur les routes de Bretagne. Cette étape survient après le passage des Pyrénées, un transfert et une journée de repos à Saint-Nazaire qui ne sont jamais faciles à digérer. Mais, très important aussi, elle précède le premier contre-la-montre-individuel : les favoris se ménagent généralement avant cet exercice de vérité. Les Pyrénées ont mieux fixé le classement général. Et on change de braquet en Bretagne. Dans la montagne, le peloton était passé brutalement du grand au petit développement : ici, c'est un peu le contraire et cela peut faire mal aussi. En début de Tour de France, le peloton n'accorde généralement des bons de sortie qu'à un petit groupe de quatre ou cinq coureurs. Il devrait en être autrement en Bretagne où une échappée de 10 ou 12 coureurs peut tirer profit du vent, organiser une bordure en longeant la côte bretonne. Saint-Gildas-des-Bois n'avait jamais accueilli le grand barnum en jaune et son gigantisme. Mais, là comme ailleurs dans ces belles contrées, le cyclisme est roi : ainsi, Saint-Gildas-des-Bois a déjà fêté l'arrivée du Tour de Bretagne. Si certains ne sont pas contents des résultats dans les Pyrénées, la Bretagne offre des possibilités de se refaire. Saint-Malo est la ville des corsaires d'autrefois. A notre époque, elle reste une ville d'aventuriers comme le prouve la Route du Rhum. Des sprinters belges y ont imposé leur pointe de vitesse : Emile Daems en 1962, Walter Godefroot en 1967, Patrick Sercu en 1974. Le décor y est évidemment splendide. Les traditions seront au rendez-vous et deux grands champions cyclistes bretons seront honorés : Bernard Hinault et Louison Bobet. A deux, ils ont gagné huit Tours de France, cinq pour le Blaireau, trois pour Bobet, le Boulanger de Saint-Méen. Née en 1925, décédée à 58 ans, cette légende du cyclisme qu'est Bobet repose là-bas. La caravane y passe au 98e kilomètre de la journée. Bobet a gagné le Tour de France en 1953, 54 et 55, et il égala ainsi le record jusqu'alors détenu par un Belge, Philippe Thijs. Bobet mena aussi brillamment sa reconversion au terme de sa carrière sportive. Il avait noté combien l'eau de mer lui avait fait du bien pour se remettre des suites d'un accident de la circulation au retour de Bruxelles. Il participe au succès du centre de thalassothérapie de Quiberon. Beaucoup se souviendront de lui et d'Hinault, bien sûr, qu'on ne présente plus, en accueillant le vainqueur de cette 10e étape, devant les remparts de Saint-Malo. Les organisateurs prévoient une étape de transition et une arrivée au sprint : c'est possible mais il y a toujours moyen d'étonner son monde en Bretagne.Par Jonas Creteur et Pierre Bilic, avec Rodrigo Beenkens