Vu son numéro dans les Pyrénées, Pinot est pointé comme favori du Tour. "Je ne me sens pas encore le favori, loin de là", a déclaré le coureur français de 29 ans lundi lors de la journée de repos à Nîmes. "Cela fluctue très vite, je ne m'occupe pas de ça. Sur les deux derniers jours j'étais peut-être le plus fort mais le Tour dure jusqu'à dimanche, il peut se passer beaucoup de choses."

Selon le patron de l'équipe Ineos, Dave Brailsford, c'est Pinot qui va avoir la pression maintenant. "Pour l'instant, c'est Julian (Alaphilippe) qui a la pression, il est maillot jaune, il a 1 min 30 d'avance. On est deux Français dans les quatre premiers, c'est une bonne chose pour moi", estime Pinot, qui considère que "les trois étapes des Alpes sont belles". "Je connais très bien les deux dernières. La plus dure, je pense, est celle du Galibier (jeudi). Je n'ai pas à choisir, ça dépendra de mes jambes. Si elles sont bonnes, je passerai à l'attaque."

Pinot bénéficie d'un grand soutien populaire mais suscite aussi de grosses attentes dans l'Hexagone.

"Si la pression m'écrasait, je ne serais pas là, je n'aurais pas gagné au Tourmalet", avance le Franc-Comtois. "Les grandes ambiances me poussent, elles me donnent des ailes. C'est comme dans un stade, on est toujours plus fort quand on joue à domicile. Cela aide aussi Julian je pense, on compte sur le soutien du public pour nous pousser le plus haut possible. J'ai appris à gérer tout ça, à voir le bon côté des choses. Je ne suis plus comme avant, tout m'embêtait un peu. Là, je suis dans ma bulle, dans mon Tour de France, ça fait partie du truc, je suis content d'être là."

Thibaut Pinot avait été piégé dans la bordure d'Albi lors de la 10e étape. Une bordure qui pourrait avoir eu des effets bénéfiques sur son mental. "On ne peut pas vraiment le savoir mais je pense qu'elle m'a fait du bien", déclare-t-il. "Depuis cette bordure on court encore mieux, on est encore plus déterminé. Le soir de la bordure j'avais la rage, je ne pensais qu'à gagner au Tourmalet."

Thibaut Pinot a-t-il déjà atteint le niveau qui est actuellement le sien ? "Les indicateurs de puissance montrent que je suis exactement au même niveau que l'an dernier, à la Vuelta et au Lombardie. C'est ce que je voulais. Je ne pense pas progresser d'ici à la fin du Tour mais, si je garde ce niveau, ça sera très bien", répond le Français, qui estime que "les 5-6 premiers du classement général sont à peu près au même niveau".

Le Franc-Comtois n'a peut-être jamais été aussi près de gagner le Tour. "On verra samedi à Val Thorens", tempère-t-il. "Je ne pense pas à ça. Même si j'ai montré de belles choses ce week-end, je suis 4e du classement. J'ai appris à ne pas m'enflammer, je vais continuer à courir comme je sais le faire."