"De nombreuses personnes pensent qu'il est normal qu'à 39 ans, je rivalise encore avec des gars qui pourraient presque être mes enfants mais ça ne l'est pas. A mon âge, les anciens champions du passé ne roulaient déjà plus. Cela veut-il dire que je n'ai pas de date de péremption ? Si ! Ma fréquence cardiaque maximale n'est plus que de 190 au lieu de 196 ou 197 avant. Et ma fréquence cardiaque moyenne est passée de 185-186 à 179-180. Je suis plus lent au démarrage.

Comme Wout Van Aert et les autres tentent de me mettre sous pression dès le départ, je dois anticiper en m'entraînant de façon intensive la veille de la course et en m'échauffant comme si j'étais déjà en course. Je devrais déjà être sur mon vélo deux heures avant le départ mais, pratiquement, c'est impossible.

En 2000, je dictais la loi et j'allais au combat contre des vieux comme Mario De Clercq. Aujourd'hui, je subis davantage la course. Je suis sans doute un peu blasé. Je suis toujours très concerné par mon métier mais la victoire n'est plus obligatoire, surtout dans les cross normaux.

Un titre de champion du monde à Zolder, ce serait le sommet mais j'ai peu de chances d'y arriver. Si j'y parviens, je mets immédiatement un terme à ma carrière, même si ça veut dire que je ne porterai plus jamais le maillot. Ce serait spécial, non ?

Mais je pense que, même avec ma forme de 2005, je pourrais difficilement battre Wout Van Aert. Et n'oubliez pas qu'il n'a que 21 ans. Le plus difficile pour lui, maintenant, va être de gérer la pression. Tout le monde l'attend et, s'il a un mauvais jour, on va directement se demander si c'est la fin. C'est risible mais c'est comme ça. Au championnat de Belgique, je l'ai senti tendu. Je ne vais pas tenter de l'intimider, je ne veux pas faire mon Mario De Clercq. Je peux bluffer ou le battre tactiquement mais ce sera avec les jambes, pas avec la bouche".

Par Jonas Creteur

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à Sven Nys dans votre Sport/Foot Magazine

"De nombreuses personnes pensent qu'il est normal qu'à 39 ans, je rivalise encore avec des gars qui pourraient presque être mes enfants mais ça ne l'est pas. A mon âge, les anciens champions du passé ne roulaient déjà plus. Cela veut-il dire que je n'ai pas de date de péremption ? Si ! Ma fréquence cardiaque maximale n'est plus que de 190 au lieu de 196 ou 197 avant. Et ma fréquence cardiaque moyenne est passée de 185-186 à 179-180. Je suis plus lent au démarrage.Comme Wout Van Aert et les autres tentent de me mettre sous pression dès le départ, je dois anticiper en m'entraînant de façon intensive la veille de la course et en m'échauffant comme si j'étais déjà en course. Je devrais déjà être sur mon vélo deux heures avant le départ mais, pratiquement, c'est impossible.En 2000, je dictais la loi et j'allais au combat contre des vieux comme Mario De Clercq. Aujourd'hui, je subis davantage la course. Je suis sans doute un peu blasé. Je suis toujours très concerné par mon métier mais la victoire n'est plus obligatoire, surtout dans les cross normaux.Un titre de champion du monde à Zolder, ce serait le sommet mais j'ai peu de chances d'y arriver. Si j'y parviens, je mets immédiatement un terme à ma carrière, même si ça veut dire que je ne porterai plus jamais le maillot. Ce serait spécial, non ?Mais je pense que, même avec ma forme de 2005, je pourrais difficilement battre Wout Van Aert. Et n'oubliez pas qu'il n'a que 21 ans. Le plus difficile pour lui, maintenant, va être de gérer la pression. Tout le monde l'attend et, s'il a un mauvais jour, on va directement se demander si c'est la fin. C'est risible mais c'est comme ça. Au championnat de Belgique, je l'ai senti tendu. Je ne vais pas tenter de l'intimider, je ne veux pas faire mon Mario De Clercq. Je peux bluffer ou le battre tactiquement mais ce sera avec les jambes, pas avec la bouche".Par Jonas CreteurRetrouvez l'intégralité de l'article consacré à Sven Nys dans votre Sport/Foot Magazine