Un Tour qui démarre de Bruxelles et trois étapes sur le sol belge, c'est plus facile ou plus difficile à gérer ?

Je n'utiliserai pas ces termes. C'est un cadeau qu'on reçoit. Ces trente dernières années, le Tour n'est parti que deux fois depuis la Belgique. Il lui y arrivé d'y faire étape mais partir de Bruxelles en y ajoutant ces chiffres symboliques, c'est une autre dimension. En terme de préparation, c'est à la fois plus volumineux, plus exigeant et plus...enthousiasmant ! D'habitude, " mon " Tour débute le samedi. Ici, ce sera le mercredi et le jeudi avec la présentation des équipes à Bruxelles et la répétition. Je n'ai jamais autant consacré de temps à la préparation.

Notamment avec, depuis janvier, des sujets réguliers sur les Belges qui ont porté le maillot jaune, sur le site web de la RTBF et Vivacité...

Depuis 1903, il y a énormément d'histoires qui dépassent le cadre du sport et qui mêlent des coutumes, des évolutions économiques et médiatiques, des drames, de grands bonheurs... 56 Belges ont porté le maillot jaune. J'ai pris beaucoup de plaisir à m'intéresser à leur histoire. Le web m'a offert un chouette support pour écrire : j'ai pu être complet sans avoir la frustration de laisser tomber des informations. J'ai ensuite eu la chance de décliner certains portraits en radio, ce qui a demandé un travail de réécriture. Et je suis passé par une 3e adaptation pour les directs télé, durant lesquels je présenterai plusieurs de ces Belges. J'ai 56 ans mais travailler sur trois versions différentes d'un même sujet reste passionnant.

Anniversaires du maillot jaune et de la 1ère victoire d'Eddy Merckx... Est-ce que ces chiffres représentent quelque chose pour vous, vu votre amour des données ?

Oui. Mes parents se sont rencontrés en 1958 lors de l'exposition universelle. C'est l'année où le Tour est parti de Bruxelles. Cela me touche, surtout que mes parents sont décédés. Il y a parfois des choses étonnantes dans les chiffres. C'est aussi mon 25e Tour. J'ai débuté en 1990 et je ne les ai pas tous commentés, vu que j'ai été occupé par le football. Je suis plus petit que le maillot jaune et Eddy Merckx mais je ne boude pas mon plaisir. Après ça, je peux être tranquille. Quand on a été au coeur de tels moments... Le seul que je voudrais encore vivre, c'est la victoire finale d'un Belge. Mais ce ne sera pas pour demain ! Et on peut prendre autant de plaisir à raconter de belles histoires à l'antenne.

Par Simon Barzyczak