Monument. Le terme est utilisé en cyclisme pour désigner les cinq plus grandes courses d'un jour : Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Cinq classiques qui figurent au palmarès de seulement trois coureurs : Rik Van Looy, Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck.

À l'époque, on ne parlait cependant pas encore de monuments. Il y avait huit grandes classiques : les cinq monuments plus Paris-Bruxelles, la Flèche Wallonne et Paris-Tours. Huit courses qui, à partir de 1948, ont fait partie du Challenge Desgrange Colombo, un critérium de régularité qui comprenait également les grandes courses à étapes. À partir de 1958, ce Challenge a été remplacé par le Super Prestige Pernod, qui comprenait également Bordeaux-Paris.

Trois de ces huit grandes classiques ont perdu leur statut : Paris-Bruxelles, parce qu'elle n'a plus été organisée entre 1967 et 1972, la Flèche Wallonne et Paris-Tours parce qu'elles changeaient trop souvent de lieu de départ et d'arrivée. Paris-Tours a même changé de nom entre 1974 et 1984 (Blois-Chaville, puis le Grand-Prix de l'Automne).

Paris-Bruxelles et la Flèche Wallonne n'ont pas non plus été reprise dans la Coupe du monde, introduite par le président de l'UCI, Hein Verbruggen, en 1988. C'est à cette époque qu'est apparu le terme de "monuments", pour les distinguer des courses plus récentes de la Coupe du monde comme l'Amstel Gold Race ou la Clásica San Sebastián.

Quintuplé monumental

En raison de la spécialisation accrue du cyclisme, aucun coureur depuis les années 90 n'a réussi à réaliser le quintuplé monumental. Andrea Tafi, Andreï Tchmil, Michele Bartoli, Paolo Bettini et Fabian Cancellara ont écrit trois monuments différents à leur palmarès, mais personne n'en a remporté quatre. Jusqu'à ce que Philippe Gilbert remporte Paris-Roubaix en 2019, deux ans après sa victoire au Tour des Flandres.

Avant cela, il avait déjà remporté deux fois le Tour de Lombardie (2009, 2010) et Liège-Bastogne-Liège (2011), les deux monuments les plus pentus. Une période au cours de laquelle, en tant que puncheur par excellence, il a également triomphé deux fois à l'Amstel Gold Race (2010, 2011) et est devenu champion du monde (2012), sur les pentes du Cauberg.

Philippe Gilbert, champion du monde en 2012., IMAGO
Philippe Gilbert, champion du monde en 2012. © IMAGO

Entre le Tour des Flandres 2009 et le Tour de Lombardie 2011, Gilbert a même réussi onze top 10 consécutifs dans les monuments, dont une quatrième place et deux victoires à l'Amstel.

Seul Cancellara a réalisé une telle série par la suite : douze podiums sur treize monuments (entre 2010 et 2014). Mais pas avec la même variété classiques pavées/classiques pentues que Gilbert. Des résultats qu'il a encore embelli en 2017 et 2019 avec ses superbes victoires au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix.

Lors de sa victoire à Roubaix., belga
Lors de sa victoire à Roubaix. © belga

Personne de cette génération ne fait mieux non plus en termes de nombre de participations aux monuments (57), de victoires (5), de podiums (11) et de top 10 (20). Seul Alejandro Valverde s'en approche avec quatre victoires dans des monuments (quatre fois Liège-Bastogne-Liège), dix podiums et quatorze top 10 en 31 classiques.

Et nous n'avons même pas mentionné les triomphes de Gilbert dans les (semi-)classiques comme l'Omloop Het Volk (2006/2008), Paris-Tours (2008, 2009), le Giro del Piemonte (2009, 2010), les Strade Bianche (aujourd'hui appelées le sixième monument), la Flèche Wallonne, la Clásica San Sebastian, le GP de Québec (tous en 2011) et la Flèche Brabançonne (2011, 2014), plus ses deux titres de champion de Belgique sur route (2011/2016).

Qualité et quantité

Non seulement en termes de diversité, mais aussi de quantité, le Wallon se place au-dessus de sa génération avec un total de 37 victoires dans des courses d'un jour (WorldTour/catégorie 1.1). Le suivant (en termes de nombre de victoires dans les courses d'un jour au XXIe siècle) est Tom Boonen, avec 32 succès, mais il s'agissait principalement de courses pavées.

Alejandro Valverde suit en troisième position avec trente triomphes d'un jour (principalement des courses escarpées), Peter Sagan est quatrième avec 24 bouquets. Tous des coureurs qui, comme Gilbert, ont également conquis le maillot arc-en-ciel.

Mais aucun d'entre eux n'égale le palmarès d'un jour de Phil en termes de combinaison qualité/quantité/variété. Un palmarès établi grâce à sa polyvalence physique, son instinct de tueur et sa perspicacité inégalée en course - ses collègues le décrivent souvent comme le coureur le plus intelligent du peloton.

La dernière pièce du puzzle ?

Compte tenu du final explosif de Milan-Sanremo, où Gilbert a attaqué sur le Poggio lors de ses débuts en 2004 en tant que jeune sprinteur de 21 ans et qu'il a ensuite terminé troisième à deux reprises (2008 et 2011), les chances semblent minces que le coureur de 38 ans de Lotto-Soudal remporte encore la Primavera samedi, ou l'année prochaine. Surtout maintenant que les "Trois Grands" - Wout van Aert, Mathieu van der Poel et Julian Alaphilippe - éliminent toute opposition.

Philippe Gilbert aura fort à faire pour empocher son cinquième monument., belga
Philippe Gilbert aura fort à faire pour empocher son cinquième monument. © belga

Gilbert a également une période de rééducation difficile derrière lui, après sa lourde chute au Tour de l'année dernière, où il s'est cassé la rotule. Mais pendant l'hiver, il s'est remis au turbin pour son objectif "Strive for Five". Et à Paris-Nice, il s'est tranquillement préparé spécifiquement pour la Primavera.

C'est désormais à Phil de surprendre le monde du cyclisme une fois de plus. Cela rendrait son palmarès encore plus unique. Avant même que peut-être Van Aert, Van der Poel ou Alaphilippe ne l'égalent ou le dépassent dans quelques années.

En attendant, Gilbert reste le meilleur coureur d'un jour de ce siècle.

Monument. Le terme est utilisé en cyclisme pour désigner les cinq plus grandes courses d'un jour : Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Cinq classiques qui figurent au palmarès de seulement trois coureurs : Rik Van Looy, Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck.À l'époque, on ne parlait cependant pas encore de monuments. Il y avait huit grandes classiques : les cinq monuments plus Paris-Bruxelles, la Flèche Wallonne et Paris-Tours. Huit courses qui, à partir de 1948, ont fait partie du Challenge Desgrange Colombo, un critérium de régularité qui comprenait également les grandes courses à étapes. À partir de 1958, ce Challenge a été remplacé par le Super Prestige Pernod, qui comprenait également Bordeaux-Paris.Trois de ces huit grandes classiques ont perdu leur statut : Paris-Bruxelles, parce qu'elle n'a plus été organisée entre 1967 et 1972, la Flèche Wallonne et Paris-Tours parce qu'elles changeaient trop souvent de lieu de départ et d'arrivée. Paris-Tours a même changé de nom entre 1974 et 1984 (Blois-Chaville, puis le Grand-Prix de l'Automne).Paris-Bruxelles et la Flèche Wallonne n'ont pas non plus été reprise dans la Coupe du monde, introduite par le président de l'UCI, Hein Verbruggen, en 1988. C'est à cette époque qu'est apparu le terme de "monuments", pour les distinguer des courses plus récentes de la Coupe du monde comme l'Amstel Gold Race ou la Clásica San Sebastián.En raison de la spécialisation accrue du cyclisme, aucun coureur depuis les années 90 n'a réussi à réaliser le quintuplé monumental. Andrea Tafi, Andreï Tchmil, Michele Bartoli, Paolo Bettini et Fabian Cancellara ont écrit trois monuments différents à leur palmarès, mais personne n'en a remporté quatre. Jusqu'à ce que Philippe Gilbert remporte Paris-Roubaix en 2019, deux ans après sa victoire au Tour des Flandres.Avant cela, il avait déjà remporté deux fois le Tour de Lombardie (2009, 2010) et Liège-Bastogne-Liège (2011), les deux monuments les plus pentus. Une période au cours de laquelle, en tant que puncheur par excellence, il a également triomphé deux fois à l'Amstel Gold Race (2010, 2011) et est devenu champion du monde (2012), sur les pentes du Cauberg.Entre le Tour des Flandres 2009 et le Tour de Lombardie 2011, Gilbert a même réussi onze top 10 consécutifs dans les monuments, dont une quatrième place et deux victoires à l'Amstel.Seul Cancellara a réalisé une telle série par la suite : douze podiums sur treize monuments (entre 2010 et 2014). Mais pas avec la même variété classiques pavées/classiques pentues que Gilbert. Des résultats qu'il a encore embelli en 2017 et 2019 avec ses superbes victoires au Tour des Flandres et à Paris-Roubaix.Personne de cette génération ne fait mieux non plus en termes de nombre de participations aux monuments (57), de victoires (5), de podiums (11) et de top 10 (20). Seul Alejandro Valverde s'en approche avec quatre victoires dans des monuments (quatre fois Liège-Bastogne-Liège), dix podiums et quatorze top 10 en 31 classiques.Et nous n'avons même pas mentionné les triomphes de Gilbert dans les (semi-)classiques comme l'Omloop Het Volk (2006/2008), Paris-Tours (2008, 2009), le Giro del Piemonte (2009, 2010), les Strade Bianche (aujourd'hui appelées le sixième monument), la Flèche Wallonne, la Clásica San Sebastian, le GP de Québec (tous en 2011) et la Flèche Brabançonne (2011, 2014), plus ses deux titres de champion de Belgique sur route (2011/2016).Non seulement en termes de diversité, mais aussi de quantité, le Wallon se place au-dessus de sa génération avec un total de 37 victoires dans des courses d'un jour (WorldTour/catégorie 1.1). Le suivant (en termes de nombre de victoires dans les courses d'un jour au XXIe siècle) est Tom Boonen, avec 32 succès, mais il s'agissait principalement de courses pavées.Alejandro Valverde suit en troisième position avec trente triomphes d'un jour (principalement des courses escarpées), Peter Sagan est quatrième avec 24 bouquets. Tous des coureurs qui, comme Gilbert, ont également conquis le maillot arc-en-ciel.Mais aucun d'entre eux n'égale le palmarès d'un jour de Phil en termes de combinaison qualité/quantité/variété. Un palmarès établi grâce à sa polyvalence physique, son instinct de tueur et sa perspicacité inégalée en course - ses collègues le décrivent souvent comme le coureur le plus intelligent du peloton.Compte tenu du final explosif de Milan-Sanremo, où Gilbert a attaqué sur le Poggio lors de ses débuts en 2004 en tant que jeune sprinteur de 21 ans et qu'il a ensuite terminé troisième à deux reprises (2008 et 2011), les chances semblent minces que le coureur de 38 ans de Lotto-Soudal remporte encore la Primavera samedi, ou l'année prochaine. Surtout maintenant que les "Trois Grands" - Wout van Aert, Mathieu van der Poel et Julian Alaphilippe - éliminent toute opposition.Gilbert a également une période de rééducation difficile derrière lui, après sa lourde chute au Tour de l'année dernière, où il s'est cassé la rotule. Mais pendant l'hiver, il s'est remis au turbin pour son objectif "Strive for Five". Et à Paris-Nice, il s'est tranquillement préparé spécifiquement pour la Primavera.C'est désormais à Phil de surprendre le monde du cyclisme une fois de plus. Cela rendrait son palmarès encore plus unique. Avant même que peut-être Van Aert, Van der Poel ou Alaphilippe ne l'égalent ou le dépassent dans quelques années.En attendant, Gilbert reste le meilleur coureur d'un jour de ce siècle.