La bonne opération de la journée est réalisée par le Colombien Nairo Quintana (Movistar) qui prend la deuxième place au général derrière le Slovène Primoz Roglic (Jumbo-Visma), toujours maillot rouge, mais distancé dans un second peloton mercredi à 5 minutes 30 de Gilbert. Le Colombien reprend lui 5 minutes 20 sur le Slovène.

L'étape pour baroudeurs, balayée par le vent, a été assez chaotique. Dès les premiers kilomètres, un groupe d'une quarantaine de coureurs s'était formé avec notamment Nairo Quintana et le Néerlandais Wilco Kelderman (Sunweb), les mieux classés au général, six coureurs de la formation Deceuninck-Quick Step dont Philippe Gilbert et Tim Declercq, Dylan Teuns (Bahrain-Merida).

Tosh Van der Sande pour l'équipe Lotto Soudal et Nathan Van Hooydonck (CCC), lâcheront eux prise assez tôt comme une quinzaine d'autres coureurs. Le peloton avec le maillot rouge de Roglic naviguait entre 5 et 6 minutes, mais de nombreuses bordures se sont créées durant la journée.

Plusieurs groupes étaient éparpillés dans le final, le groupe Quintana avec 20 coureurs gardant un peu moins de cinq minutes d'avance sur Primoz Roglic. A l'image de la journée, l'arrivée est épique. Sam Bennett semblait partir vers la victoire, mais parti trop tôt, l'Irlandais se fait rejoindre par Philippe Gilbert qui, en homme très costaud, allait chercher sa seconde victoire dans ce Tour d'Espagne.

Sam Bennett, 2e, Rémi Cavagna (Deceuninck-Quick Step), 3e, c'est Dylan Teuns (Bahrain-Merida) qui prenait la 4e place et Tim Declercq (Deceuninck-Quick Step) la 8e.

Au général, Nairo Quintana, 5e au départ de l'étape, revenait à 2:24 de Roglic. Jeudi le peloton reliera Colmenar Viejo à Becerril de la Sierra sur 177,5 km. Cette 74e édition de la Vuelta s'achève dimanche à Madrid.

La réaction de Philippe Gilbert

"C'est une étape qui va rentrer dans l'histoire. En 17 ans de carrière, j'ai rarement vu ça. On est parti au kilomètre zéro avec une quarantaine de mecs. On était sept sur les huit de Deceuninck-Quick Step à être présents devant. On a roulé à fond tout le temps", a raconté Philippe Gilbert au micro d'Eurosport.

"Après dans les 50 kilomètres, je me suis mis un peu dans les roues pour récupérer un peu parce qu'on avait donné beaucoup avant pour creuser l'écart. Je me suis concentré sur l'étape. On a fait un grand travail d'équipe avec tous un plateau de 54 dents, même un avec 55. On prenait des relais à presque 80 km/heure, je n'ai jamais vu ça dans une étape pareille et finir un travail pareil comme ça, c'est énorme. Maintenant Stybar (Zdenek, le Tchèque, son coéquipier) a essayé. C'est un copain et j'aurais bien voulu qu'il gagne. Mais c'est le jeu d'équipe. On en avait parlé dans le final, je lui avais dit que je me sentais bien dans les jambes pour battre Bennett si ça arrivait comme ça. Lui a essayé d'anticiper, mais malheureusement Ineos a roulé très fort derrière lui. J'ai contrôlé, mais c'est revenu sur lui. A 5-600m, 'Sty' avait encore toutes les cartes en main, mais Sam Bennett a vraiment mis un gros coup d'accélérateur, puis je suis rentré sur lui à 300 et je l'ai contré à 200", s'est réjoui Philippe Gilbert, 37 ans, qui décroche la 77e victoire de sa carrière.