Patxi Villa minimise son rôle mais il n'empêche: la courbe ascendante de la carrière de Peter Sagan s'est accélérée depuis que le Team Tinkoff a engagé l'Espagnol en mai 2015, après le printemps raté du Slovaque. Cinq mois plus tard, Sagan enfilait son premier maillot arc-en-ciel et dimanche dernier, après une nouvelle saison fantastique, il en a gagné un second. Villa n'est pas surpris, bien que Sagan ait été plus pâle à l'Eneco Tour. "Peter ne m'a surpris qu'une seule fois cette année: en gagnant le GP de Québec après quatre jours de fièvre. Physiologiq...

Patxi Villa minimise son rôle mais il n'empêche: la courbe ascendante de la carrière de Peter Sagan s'est accélérée depuis que le Team Tinkoff a engagé l'Espagnol en mai 2015, après le printemps raté du Slovaque. Cinq mois plus tard, Sagan enfilait son premier maillot arc-en-ciel et dimanche dernier, après une nouvelle saison fantastique, il en a gagné un second. Villa n'est pas surpris, bien que Sagan ait été plus pâle à l'Eneco Tour. "Peter ne m'a surpris qu'une seule fois cette année: en gagnant le GP de Québec après quatre jours de fièvre. Physiologiquement, c'était impossible. Mais pour Peter, les choses les plus folles sont normales."Donc, le second triomphe d'affilée de Sagan est normal. Parce que sa préparation a été impeccable. Villa relève trois facteurs-clefs: "Il a retrouvé sa fraîcheur après l'Eneco Tour. C'est pour ça qu'il n'a plus roulé avant le Mondial et que nous avons limité ses entraînements en diminuant l'endurance pour nous concentrer sur la puissance et l'explosivité par des efforts courts et intenses, en prévision du sprint massif du Qatar. Nous n'avions pas peur des éventails: Peter devait se contenter de surveiller les Belges. Au sprint, il ne devait pas craindre Cavendish, surtout pas après 257 kilomètres.C'est en explosivité que Peter a effectué le plus de progrès en un an et demi. Nous avons amélioré son endurance en hiver puis nous avons travaillé cette explosivité en salle."Deuxième choix: rejoindre Doha le plus tard possible. "J'ai planché sur le sujet. Il faut dix jours pour s'habituer à la canicule. Le corps est stressé pendant les cinq ou six premiers jours puis il s'adapte. Ceux qui sont arrivés en début de semaine -la plupart des coureurs- étaient au sommet de leur stress dimanche. Peter, lui, est arrivé jeudi. Pas la semaine précédente car il voulait se détendre à Monaco, chez lui, avec sa femme. Il a rechargé ses accus."Troisième point: une stratégie nutritionnelle pointue, avant et pendant le Mondial. "Ça devrait être l'obsession de tous les coureurs. Peter a commis des entorses aux règles dans le passé mais maintenant, je ne dois même plus insister. Il sait parfaitement ce qu'il doit manger, de même qu'il sent de mieux en mieux ce dont son corps a besoin à l'entraînement, qu'il calcule mieux ses efforts en course et ajuste son timing. C'est là la principale victoire de Peter cette année, bien plus que tous ses succès sportifs, car elle va lui permettre d'enlever encore plus de grandes courses.J'essaie toujours que mes athlètes réfléchissent avec indépendance, afin de ne plus avoir besoin de moi, à la longue. Peter, qui n'a que 26 ans, est arrivé à ce stade. Mais ne le dites pas: je tiens à conserver mon job", rit Villa, qui accompagne Sagan dans sa nouvelle équipe allemande, Bora-Hansgrohe, en 2017.Par Jonas Creteur