Un jury de sept personnes, parmi lesquels le musicien pop Paul Smith et Chris Froome, a étudié les 298 envois et a élu le dessin d'Alexis Boulivet, un étudiant de vingt ans en concept art. Il représente un maillot jaune qui roule vers l'Arc de Triomphe. L'auteur a reçu un chèque de 5.000 euros et pourra suivre le Tour en tant que VIP. Ce n'est pas un hasard si le choix est tombé sur un jeune : Prudhomme pense à l'avenir, pour vite tourner la page des scandales de dopage.

Un autre fait n'est pas neuf mais charme tous les Français : le choix, pour les départs, de minuscules hameaux qui accueillent le plus grand cirque cycliste du monde pour la première fois. Aujourd'hui, c'est Eymet, qui ne compte que 2.600 habitants mais qui a les moyens de payer 65.000 euros - plus les taxes - pour servir de cadre au départ d'une étape. Comme pour d'autres villages, c'est le département qui paie, en l'occurrence le département de la Dordogne.

Le peloton quitte cette superbe région après quelque 70 kilomètres. Il traverse alors les plaines du Gers et des Landes en direction de Pau, pour une finale de 7,5 kilomètres - une première - dans les rues de la capitale des Pyrénées-Atlantiques.

Le passage à Pau est loin d'être unique : Pau est ville étape pour la 69e fois. Seules Bordeaux et Paris font mieux. Durant la dernière décennie, Pau a surtout été utilisée comme site de départ (huit fois) et comme lieu de repos (cinq fois). Par contre, le Tour n'y est arrivé que deux fois, avec le même vainqueur : Pierrick Fédrigo, le coureur doté du plus bel appendice nasal de tout le peloton, qui a chaque fois ponctué avec succès une échappée.

Reste à voir si, aujourd'hui, une échappée pourra résister. Les équipes de sprinters auront-elles envie, la veille des Pyrénées, de mener leurs hommes les plus rapides au sprint massif, le sixième, ou préféreront-elles épargner leurs forces ?

UNE CHAPELLE

À mi-chemin, au kilomètre 104, le peloton passe devant la chapelle Notre Dame des Cyclistes à Labastide-d'Armagnac - la version française de la chapelle Madonna del Ghisallo au lac de Côme, qui fait sonner les cloches pendant le Tour de Lombardie.

L'histoire de Notre Dame des Cyclistes a débuté dans les années 50 : surpris par un orage, le prêtre Joseph Massie, amateur de cyclisme, s'est réfugié dans une chapelle du onzième siècle. Charmé par la vieille bâtisse, Massie a eu l'idée d'y aménager une chapelle pour les cyclistes. Elle a été inaugurée en 1958, avec la bénédiction du pape Jean XXIII. Depuis, beaucoup de dieux de la petite reine - plus de 600 - y ont laissé un maillot : Coppi, Bartali, Bobet, Anquetil, Poulidor, Merckx, Thévenet, Hinault, Van Impe, LeMond, Indurain, Ullrich, Museeuw, Armstrong...

On a ôté le maillot du dernier cité en 2012, quand le scandale a éclaté. L'Américain était passé à la chapelle aux tours 2000 et 1995, la veille de son raid vers Hautacam et deux jours après l'accident de son coéquipier Fabio Casartelli au Portet-d'Aspet. Le lendemain, le Boss gagnait l'étape de Limoges en hommage à l'Italien décédé.

Le passage à Notre Dame des Cyclistes en 1995 était un hommage à Luis Ocaña, qui s'était suicidé d'une balle dans la tête en mai 1994, dans sa maison de campagne à Caupenne d'Armagnac, non loin de là. Il n'avait que 48 ans mais un cancer l'avait brisé. L'Espagnol, qui s'était marié dans la chapelle cycliste de Labastide-d'Armagnac, y a été inhumé.

Notre Dame des Cyclistes a aussi porté chance. Au moins à Greg LeMond, qui a laissé un maillot jaune dans la chapelle au départ de l'étape du Tour 1989, le seul départ jamais donné à la chapelle. Ce jour-là, il a perdu le jaune au profit de Laurent Fignon mais il l'a récupéré sur les Champs-Élysées. Avec huit secondes d'avance. Le miracle de Notre Dame des Cyclistes s'était opéré.

Les équipes de sprinters auront-elles encore envie d'orchestrer un sprint massif, la veille des Pyrénées ?

Un jury de sept personnes, parmi lesquels le musicien pop Paul Smith et Chris Froome, a étudié les 298 envois et a élu le dessin d'Alexis Boulivet, un étudiant de vingt ans en concept art. Il représente un maillot jaune qui roule vers l'Arc de Triomphe. L'auteur a reçu un chèque de 5.000 euros et pourra suivre le Tour en tant que VIP. Ce n'est pas un hasard si le choix est tombé sur un jeune : Prudhomme pense à l'avenir, pour vite tourner la page des scandales de dopage. Un autre fait n'est pas neuf mais charme tous les Français : le choix, pour les départs, de minuscules hameaux qui accueillent le plus grand cirque cycliste du monde pour la première fois. Aujourd'hui, c'est Eymet, qui ne compte que 2.600 habitants mais qui a les moyens de payer 65.000 euros - plus les taxes - pour servir de cadre au départ d'une étape. Comme pour d'autres villages, c'est le département qui paie, en l'occurrence le département de la Dordogne. Le peloton quitte cette superbe région après quelque 70 kilomètres. Il traverse alors les plaines du Gers et des Landes en direction de Pau, pour une finale de 7,5 kilomètres - une première - dans les rues de la capitale des Pyrénées-Atlantiques. Le passage à Pau est loin d'être unique : Pau est ville étape pour la 69e fois. Seules Bordeaux et Paris font mieux. Durant la dernière décennie, Pau a surtout été utilisée comme site de départ (huit fois) et comme lieu de repos (cinq fois). Par contre, le Tour n'y est arrivé que deux fois, avec le même vainqueur : Pierrick Fédrigo, le coureur doté du plus bel appendice nasal de tout le peloton, qui a chaque fois ponctué avec succès une échappée. Reste à voir si, aujourd'hui, une échappée pourra résister. Les équipes de sprinters auront-elles envie, la veille des Pyrénées, de mener leurs hommes les plus rapides au sprint massif, le sixième, ou préféreront-elles épargner leurs forces ? À mi-chemin, au kilomètre 104, le peloton passe devant la chapelle Notre Dame des Cyclistes à Labastide-d'Armagnac - la version française de la chapelle Madonna del Ghisallo au lac de Côme, qui fait sonner les cloches pendant le Tour de Lombardie. L'histoire de Notre Dame des Cyclistes a débuté dans les années 50 : surpris par un orage, le prêtre Joseph Massie, amateur de cyclisme, s'est réfugié dans une chapelle du onzième siècle. Charmé par la vieille bâtisse, Massie a eu l'idée d'y aménager une chapelle pour les cyclistes. Elle a été inaugurée en 1958, avec la bénédiction du pape Jean XXIII. Depuis, beaucoup de dieux de la petite reine - plus de 600 - y ont laissé un maillot : Coppi, Bartali, Bobet, Anquetil, Poulidor, Merckx, Thévenet, Hinault, Van Impe, LeMond, Indurain, Ullrich, Museeuw, Armstrong... On a ôté le maillot du dernier cité en 2012, quand le scandale a éclaté. L'Américain était passé à la chapelle aux tours 2000 et 1995, la veille de son raid vers Hautacam et deux jours après l'accident de son coéquipier Fabio Casartelli au Portet-d'Aspet. Le lendemain, le Boss gagnait l'étape de Limoges en hommage à l'Italien décédé. Le passage à Notre Dame des Cyclistes en 1995 était un hommage à Luis Ocaña, qui s'était suicidé d'une balle dans la tête en mai 1994, dans sa maison de campagne à Caupenne d'Armagnac, non loin de là. Il n'avait que 48 ans mais un cancer l'avait brisé. L'Espagnol, qui s'était marié dans la chapelle cycliste de Labastide-d'Armagnac, y a été inhumé. Notre Dame des Cyclistes a aussi porté chance. Au moins à Greg LeMond, qui a laissé un maillot jaune dans la chapelle au départ de l'étape du Tour 1989, le seul départ jamais donné à la chapelle. Ce jour-là, il a perdu le jaune au profit de Laurent Fignon mais il l'a récupéré sur les Champs-Élysées. Avec huit secondes d'avance. Le miracle de Notre Dame des Cyclistes s'était opéré.Les équipes de sprinters auront-elles encore envie d'orchestrer un sprint massif, la veille des Pyrénées ?