Le Suisse est resté inaccessible jusqu'en 2009, qu'il s'agisse de prologues courts ou de distances plus longues mais plates. Spartacus a signé son plus bel exploit au Mondial de Mendrisio, devant son public, en franchissant la ligne d'arrivée avec une avance d'une minute et 27 secondes sur Gustav Erik Larsson et... Tony Martin. On avait rarement vu pareil étalage de domination.

Cette suprématie a pris fin l'année suivante, quand Martin l'a battu dans le contre-la-montre de 27 kilomètres du Tour de Suisse. Cancellara a toutefois fait oublier ce revers cuisant en remportant deux étapes, chaque fois devant Martin, et en raflant un quatrième titre mondial à Geelong, une épreuve dont Martin a terminé troisième. En 2011, le Suisse a perdu sa motivation pour cet exercice alors que le Panzer atteignait le pic de sa forme.

Les rôles se sont alors inversés. Martin a humilié Cancellara au Tour, à la Vuelta et au Mondial de Copenhague, chaque fois avec une minute d'avance. Durant cette formidable saison, il n'a perdu que quatre de ses épreuves contre le chrono, dont deux étaient de courts prologues, qui ne lui conviennent pas.

L'Allemand semblait parti pour un long règne mais l'année dernière, il s'est heurté à un bolide britannique : Bradley Wiggins. À cinq reprises, Wiggo a pris la mesure du coureur Omega Pharma - Quick. Step, notamment au Tour et aux Jeux Olympiques. Martin avait une excuse : victime de plusieurs lourdes chutes, il n'était pas en pleine possession de ses moyens, même pas à Valkenburg, quand il a conquis son deuxième sacre mondial d'affilée, en l'absence de Cancellara et de Wiggins, avec seulement cinq secondes d'avance sur Taylor Phinney.

Martin a travaillé encore plus dur et avec succès : cette saison, il a enlevé huit de ses onze contre-la-montre. Il a été vaincu dans le prologue en côte du Tour de Romandie et dans les épreuves semi-pentues du Tour et de la Vuelta. Il a terminé deuxième en Espagne, derrière un Fabian Cancellara très affûté, qui a fait la différence en côte et qui a ainsi remporté un long chrono du WorldTour pour la première fois depuis juin 2011 et le Tour de Suisse. Cela rend le contre-la-montre individuel de Florence encore plus passionnant, même si le Suisse rêve surtout du titre sur route.

Après une saison minable, Bradley Wiggins se focalise sur le contre-la-montre du Mondial. Il a prouvé qu'il pouvait nourrir certaines ambitions en triomphant au Tour de Pologne, avec 56 secondes d'avance sur Cancellara, d'autant que le parcours tracé entre Montecatini Terme et Florence est taillé à sa mesure : il est plat, comporte peu de virages et est le plus long de l'histoire du Mondial avec 56,8 kilomètres.

Seul problème : ce parcours convient très bien au grand braquet (58 x 11 !) de Tony Martin, qui rêve d'un troisième maillot arc-en-ciel - un de moins que Cancellara. En cas de succès, l'Allemand de 28 ans remporterait la 31e victoire de la discipline en professionnels, sur un total de 78 courses, ce qui représente 39,74 %.

Le pourcentage de Cancellara, qui a quatre ans de plus ? 52 victoires sur 126, soit 41,27 %. Martin n'est donc plus très loin du Suisse de ce point de vue et il a encore largement le temps de combler la différence de victoires, même si Spartacus a remporté d'autres épreuves...

Par Jonas Créteur

Le Suisse est resté inaccessible jusqu'en 2009, qu'il s'agisse de prologues courts ou de distances plus longues mais plates. Spartacus a signé son plus bel exploit au Mondial de Mendrisio, devant son public, en franchissant la ligne d'arrivée avec une avance d'une minute et 27 secondes sur Gustav Erik Larsson et... Tony Martin. On avait rarement vu pareil étalage de domination. Cette suprématie a pris fin l'année suivante, quand Martin l'a battu dans le contre-la-montre de 27 kilomètres du Tour de Suisse. Cancellara a toutefois fait oublier ce revers cuisant en remportant deux étapes, chaque fois devant Martin, et en raflant un quatrième titre mondial à Geelong, une épreuve dont Martin a terminé troisième. En 2011, le Suisse a perdu sa motivation pour cet exercice alors que le Panzer atteignait le pic de sa forme. Les rôles se sont alors inversés. Martin a humilié Cancellara au Tour, à la Vuelta et au Mondial de Copenhague, chaque fois avec une minute d'avance. Durant cette formidable saison, il n'a perdu que quatre de ses épreuves contre le chrono, dont deux étaient de courts prologues, qui ne lui conviennent pas. L'Allemand semblait parti pour un long règne mais l'année dernière, il s'est heurté à un bolide britannique : Bradley Wiggins. À cinq reprises, Wiggo a pris la mesure du coureur Omega Pharma - Quick. Step, notamment au Tour et aux Jeux Olympiques. Martin avait une excuse : victime de plusieurs lourdes chutes, il n'était pas en pleine possession de ses moyens, même pas à Valkenburg, quand il a conquis son deuxième sacre mondial d'affilée, en l'absence de Cancellara et de Wiggins, avec seulement cinq secondes d'avance sur Taylor Phinney. Martin a travaillé encore plus dur et avec succès : cette saison, il a enlevé huit de ses onze contre-la-montre. Il a été vaincu dans le prologue en côte du Tour de Romandie et dans les épreuves semi-pentues du Tour et de la Vuelta. Il a terminé deuxième en Espagne, derrière un Fabian Cancellara très affûté, qui a fait la différence en côte et qui a ainsi remporté un long chrono du WorldTour pour la première fois depuis juin 2011 et le Tour de Suisse. Cela rend le contre-la-montre individuel de Florence encore plus passionnant, même si le Suisse rêve surtout du titre sur route. Après une saison minable, Bradley Wiggins se focalise sur le contre-la-montre du Mondial. Il a prouvé qu'il pouvait nourrir certaines ambitions en triomphant au Tour de Pologne, avec 56 secondes d'avance sur Cancellara, d'autant que le parcours tracé entre Montecatini Terme et Florence est taillé à sa mesure : il est plat, comporte peu de virages et est le plus long de l'histoire du Mondial avec 56,8 kilomètres. Seul problème : ce parcours convient très bien au grand braquet (58 x 11 !) de Tony Martin, qui rêve d'un troisième maillot arc-en-ciel - un de moins que Cancellara. En cas de succès, l'Allemand de 28 ans remporterait la 31e victoire de la discipline en professionnels, sur un total de 78 courses, ce qui représente 39,74 %. Le pourcentage de Cancellara, qui a quatre ans de plus ? 52 victoires sur 126, soit 41,27 %. Martin n'est donc plus très loin du Suisse de ce point de vue et il a encore largement le temps de combler la différence de victoires, même si Spartacus a remporté d'autres épreuves... Par Jonas Créteur