Les aveux de dopage Lance Armstrong vous ont-ils paru sincères ?

Absolument pas, ça pue l'opération de communication à plein nez, aussi bien pour Lance Armstrong que pour Oprah Winfrey, la Mireille Dumas américaine. Ils ont rentabilisé cette opération au maximum, qui est finalement plus commerciale qu'autre chose. C'est saucissonné à la Star Wars avec un épisode 1 et un épisode 2. On nous annonce dans la deuxième partie un pathos, un chapitre plein d'émotions avec le récit de son enfance difficile. On nous promet de sortir les mouchoirs. Mais dans cette première moitié, j'ai trouvé Armstrong très stoïque, tout en maitrise, comme il l'a d'ailleurs toujours été. Je n'appellerais même pas ça des aveux, c'était plutôt une déclaration. D'abord je le remercie, mais annoncer qu'il s'est dopé n'est pas une information. On le sait depuis 13 ans. C'est peut être une révélation pour le grand public, mais pas pour les initiés qui sont conscients de ces pratiques depuis bien longtemps.

Qu'est-ce que Lance Armstrong n'a pas dit ?

J'ai relevé dans l'interview deux mensonges. Le premier, lorsqu'il dit ne pas avoir aidé ses coéquipiers à se procurer des produits dopant. Il y a tout de même onze témoins qui disent le contraire. Le deuxième concerne son come back de 2009. Il affirme ne pas s'être dopé à cette période, mais le rapport accablant de l'Usada (Agence Américaine antidopage) démontre là aussi le contraire. Donc dans cette interview, il y a un bout de vérité, beaucoup de mensonges et énormément de non-dits.

Il risque des poursuites civiles et pénales, qui aurait pu s'aggraver en fonction de la teneur de ses aveux. C'est peut-être pour ça qu'il a fait le minimum syndical. A l'entendre, il a bricolé ses produits tout seul dans son garage, mais on sait pertinemment que c'était un système global généralisé, qui touchait toute l'équipe. Il a planqué ceux qui l'ont aidé et protégé des années durant, ses aveux se circonscrivent à sa propre personne. A la fin de cette interview, j'ai ressenti plus de déception que de soulagement.

Quelle sera la portée de ces aveux ?

La suite de l'affaire, c'est la découverte de tout ce qui est en souterrain. Ce sera donnant-donnant. Il nous a dévoilé la partie émergée de l'iceberg. Ce qui est en dessous, on le devinera au fur et à mesure des procédures lancées. Il y a eu un dépôt de plainte pour fraude, qui concerne l'argent public versé à Armstrong par l'intermédiaire de son sponsor US Postal. Il reste à déterminer si ces fonds ont été détournés à des fins de dopage. Bizarrement, c'est Floyd Landis, son ex-coéquipier, qui a engagé la procédure. Le gouvernement américain est en passe de lui emboiter le pas. Donc l'affaire est encore loin d'être terminée, Lance Armstrong n'est pas échec et mat.

Dimitri Mazzuchini

Les aveux de dopage Lance Armstrong vous ont-ils paru sincères ? Absolument pas, ça pue l'opération de communication à plein nez, aussi bien pour Lance Armstrong que pour Oprah Winfrey, la Mireille Dumas américaine. Ils ont rentabilisé cette opération au maximum, qui est finalement plus commerciale qu'autre chose. C'est saucissonné à la Star Wars avec un épisode 1 et un épisode 2. On nous annonce dans la deuxième partie un pathos, un chapitre plein d'émotions avec le récit de son enfance difficile. On nous promet de sortir les mouchoirs. Mais dans cette première moitié, j'ai trouvé Armstrong très stoïque, tout en maitrise, comme il l'a d'ailleurs toujours été. Je n'appellerais même pas ça des aveux, c'était plutôt une déclaration. D'abord je le remercie, mais annoncer qu'il s'est dopé n'est pas une information. On le sait depuis 13 ans. C'est peut être une révélation pour le grand public, mais pas pour les initiés qui sont conscients de ces pratiques depuis bien longtemps. Qu'est-ce que Lance Armstrong n'a pas dit ? J'ai relevé dans l'interview deux mensonges. Le premier, lorsqu'il dit ne pas avoir aidé ses coéquipiers à se procurer des produits dopant. Il y a tout de même onze témoins qui disent le contraire. Le deuxième concerne son come back de 2009. Il affirme ne pas s'être dopé à cette période, mais le rapport accablant de l'Usada (Agence Américaine antidopage) démontre là aussi le contraire. Donc dans cette interview, il y a un bout de vérité, beaucoup de mensonges et énormément de non-dits. Il risque des poursuites civiles et pénales, qui aurait pu s'aggraver en fonction de la teneur de ses aveux. C'est peut-être pour ça qu'il a fait le minimum syndical. A l'entendre, il a bricolé ses produits tout seul dans son garage, mais on sait pertinemment que c'était un système global généralisé, qui touchait toute l'équipe. Il a planqué ceux qui l'ont aidé et protégé des années durant, ses aveux se circonscrivent à sa propre personne. A la fin de cette interview, j'ai ressenti plus de déception que de soulagement. Quelle sera la portée de ces aveux ? La suite de l'affaire, c'est la découverte de tout ce qui est en souterrain. Ce sera donnant-donnant. Il nous a dévoilé la partie émergée de l'iceberg. Ce qui est en dessous, on le devinera au fur et à mesure des procédures lancées. Il y a eu un dépôt de plainte pour fraude, qui concerne l'argent public versé à Armstrong par l'intermédiaire de son sponsor US Postal. Il reste à déterminer si ces fonds ont été détournés à des fins de dopage. Bizarrement, c'est Floyd Landis, son ex-coéquipier, qui a engagé la procédure. Le gouvernement américain est en passe de lui emboiter le pas. Donc l'affaire est encore loin d'être terminée, Lance Armstrong n'est pas échec et mat. Dimitri Mazzuchini