Tant Wout Van Aert que Fabio Jakobsen ont tenu à rappeler que leurs victoires de ce week-end lors des deux courses ouvrant le calendrier belge des classiques n'avaient que peu d'importance au vu des évènements qui se déroulent en Ukraine. Et Johan Museeuw, triple lauréat du Tour des Flandres et de Paris Roubaix au coeur des années 90 et au début des 2000 en a encore eu la confirmation lorsqu'il a reçu un appel qui l'a profondément touché.

A l'autre bout du fil, c'était Andreï Tchmil, l'un de ses grands rivaux sur les courses flandriennes. Il n'est pas rare qu'une fois qu'ils prennent leur retraite certains coureurs opposés pendant leur carrière gardent un bon contact. Johan Museeuw rend souvent visite à d'anciens compagnons d'équipe ou adversaires comme Andrea Tafi ou Mario Cippolini.

Mais Tchmil n'appellait pas le "Lion des Flandres" juste pour prendre de ses nouvelles ou pour débriefer la victoire de Wout Van Aert sur le circuit Het Nieuwsblad. Dans une vidéo sur Facebook, Museeuw raconte ce que le dernier porteur de casques à boudins du peloton avait à dire. "Nous avions l'habitude de mener de nombreuses batailles sur le vélo, mais maintenant je suis au milieu d'une", m'a dit Andreï. "Je vis dans la zone frontalière, à 100 kilomètres de l'endroit où se déroulent les combats. Et ils montent en intensité et se rapprochent."

"Il m'a dit qu'il avait envoyé sa femme et leur fils d'un an en Roumanie pour les protéger, mais que lui, il va rester là-bas. Il va se battre et se défendre."

Museeuw ne précise pas si Tchmil entend par là de défendre sa maison et ses biens ou de participer activement aux combats, mais selon le Lion de Gistel son ancien rival craint le pire. "Johan, je voulais t'entendre à nouveau. Je ne sais pas si je serai encore là demain ou après-demain. Je l'espère, mais veux te faire un gros bisou." Johan Museeuw a évidemment été très touché. "Pour quelqu'un de mon âge, cela vous fait vous arrêter un moment. Je suis resté en contact avec Andrei depuis quelques années et maintenant il m'appelle et me dit Johan, je vais te donner trois baisers parce que je ne sais pas si je serai encore là demain. Ça m'a hérissé les poils des bras. J'espère que ces bêtises s'arrêteront là. Andrei, merci pour le coup de ton appel. J'espère vraiment du fond de mon coeur que nous pourrons continuer à nous appeler."

null, belga
null © belga

Misschien niets met koers, maar recht uit mijn hart! Andrej sterkte vriend!! En eerlijk, koers doet er even helemaal niet toe! #standwithukraine

Publiée par Johan Museeuw sur Dimanche 27 février 2022

Andreï Tchmil a vu le jour le 22 janvier 1963 à Khabarovsk, tout à l'est de la Russie à proximité de la frontière chinoise. Il a beaucoup voyagé au cours de sa vie et a représenté de nombreux pays au cours de sa carrière cycliste. Il y a eu les couleurs soviétiques, russes, moldaves, ukrainiennes et belges. C'est sous la bannière noire-jaune-rouge qu'il s'est offert deux Monuments du cyclisme : Milan - San Remo en 1999 et le Tour des Flandres, la course de ses rêves, en 2000. C'est en tant que représentant de la Moldavie qu'il a en revanche brandi le pavé de Paris-Roubaix 1994, une édition épique disputée dans une boue aussi abondante que celle que l'on a connue en 2021.

Après sa carrière active, Tchmil a été conseiller sportif d'une équipe belge (Chocolat Jacques) avant de se voir confier comme mission par l'UCI la mise en place de centre de cyclisme en Europe de l'est. Il sera notamment vice-président du comité olympique moldave et directeur général de l'Agence sportive. Il met ensuite en place la première grande équipe russe du peloton, l'équipe Katusha dont il devient le président en 2008 avant d'en devenir le manager général l'année suivante. Il restera deux années et de mi à ce poste. Une période pendant laquelle la formation russe remportera notamment le GP de l'E3 (Filippo Pozzato), l'Amstel Gold Race (Serguei Ivanov) et le Tour de Catalogne (Joaquin Rodriguez).

En avril 2020, il annonçait avoir été opéré d'une tumeur cancéreuse au côlon en Italie. Il dirige une fabrique de cycles à Chisinau en Moldavie.

Tant Wout Van Aert que Fabio Jakobsen ont tenu à rappeler que leurs victoires de ce week-end lors des deux courses ouvrant le calendrier belge des classiques n'avaient que peu d'importance au vu des évènements qui se déroulent en Ukraine. Et Johan Museeuw, triple lauréat du Tour des Flandres et de Paris Roubaix au coeur des années 90 et au début des 2000 en a encore eu la confirmation lorsqu'il a reçu un appel qui l'a profondément touché. A l'autre bout du fil, c'était Andreï Tchmil, l'un de ses grands rivaux sur les courses flandriennes. Il n'est pas rare qu'une fois qu'ils prennent leur retraite certains coureurs opposés pendant leur carrière gardent un bon contact. Johan Museeuw rend souvent visite à d'anciens compagnons d'équipe ou adversaires comme Andrea Tafi ou Mario Cippolini.Mais Tchmil n'appellait pas le "Lion des Flandres" juste pour prendre de ses nouvelles ou pour débriefer la victoire de Wout Van Aert sur le circuit Het Nieuwsblad. Dans une vidéo sur Facebook, Museeuw raconte ce que le dernier porteur de casques à boudins du peloton avait à dire. "Nous avions l'habitude de mener de nombreuses batailles sur le vélo, mais maintenant je suis au milieu d'une", m'a dit Andreï. "Je vis dans la zone frontalière, à 100 kilomètres de l'endroit où se déroulent les combats. Et ils montent en intensité et se rapprochent.""Il m'a dit qu'il avait envoyé sa femme et leur fils d'un an en Roumanie pour les protéger, mais que lui, il va rester là-bas. Il va se battre et se défendre."Museeuw ne précise pas si Tchmil entend par là de défendre sa maison et ses biens ou de participer activement aux combats, mais selon le Lion de Gistel son ancien rival craint le pire. "Johan, je voulais t'entendre à nouveau. Je ne sais pas si je serai encore là demain ou après-demain. Je l'espère, mais veux te faire un gros bisou." Johan Museeuw a évidemment été très touché. "Pour quelqu'un de mon âge, cela vous fait vous arrêter un moment. Je suis resté en contact avec Andrei depuis quelques années et maintenant il m'appelle et me dit Johan, je vais te donner trois baisers parce que je ne sais pas si je serai encore là demain. Ça m'a hérissé les poils des bras. J'espère que ces bêtises s'arrêteront là. Andrei, merci pour le coup de ton appel. J'espère vraiment du fond de mon coeur que nous pourrons continuer à nous appeler."Andreï Tchmil a vu le jour le 22 janvier 1963 à Khabarovsk, tout à l'est de la Russie à proximité de la frontière chinoise. Il a beaucoup voyagé au cours de sa vie et a représenté de nombreux pays au cours de sa carrière cycliste. Il y a eu les couleurs soviétiques, russes, moldaves, ukrainiennes et belges. C'est sous la bannière noire-jaune-rouge qu'il s'est offert deux Monuments du cyclisme : Milan - San Remo en 1999 et le Tour des Flandres, la course de ses rêves, en 2000. C'est en tant que représentant de la Moldavie qu'il a en revanche brandi le pavé de Paris-Roubaix 1994, une édition épique disputée dans une boue aussi abondante que celle que l'on a connue en 2021. Après sa carrière active, Tchmil a été conseiller sportif d'une équipe belge (Chocolat Jacques) avant de se voir confier comme mission par l'UCI la mise en place de centre de cyclisme en Europe de l'est. Il sera notamment vice-président du comité olympique moldave et directeur général de l'Agence sportive. Il met ensuite en place la première grande équipe russe du peloton, l'équipe Katusha dont il devient le président en 2008 avant d'en devenir le manager général l'année suivante. Il restera deux années et de mi à ce poste. Une période pendant laquelle la formation russe remportera notamment le GP de l'E3 (Filippo Pozzato), l'Amstel Gold Race (Serguei Ivanov) et le Tour de Catalogne (Joaquin Rodriguez).En avril 2020, il annonçait avoir été opéré d'une tumeur cancéreuse au côlon en Italie. Il dirige une fabrique de cycles à Chisinau en Moldavie.