Si le maillot noir-jaune-rouge fut à l'honneur lors du dernier Tour des Flandres grâce à Lotte Kopecky, vainqueure de l'épreuve féminine, certains avaient espéré que les champions nationaux réalisent même le doublé. C'était sans compter sur ce bon vieux covid qui est venu brouillé les plans de Wout Van Aert à la fin de la semaine écoulée. Refroidis, les partisans du Belge se projettaient déjà vers l'autre objectif pavé de leur favori: Paris-Roubaix.

Mais l'optimisme peut-il être de rigueur quand on voit que certains coureurs infectés par le passé ont peiné à retrouver leurs meilleures sensations par la suite. Gianni Moscon, quatrième du dernier Paris-Roubaix, a mis un terme à son printemps après avoir accumulé les abandons (6 depuis le début de saison) et justifiait sa période creuse, notamment par les conséquences de son infection. Les Greg Van Avermaet et Kasper Asgreen ont pour leur part enchaîné pas mal de courses moindres après avoir été frappé par le virus au coeur de l'hiver.

Pour Michel Wuyts, ancien présentateur vedette des courses cyclistes sur la VRT, les chances de voir WVA sur la ligne de départ à Compiègne étaient de 50% . Un espoir qu'a rapidement douché le virologue le plus médiatique (du nord) du pays, Marc Van Ranst. "La chance qu'il soit à Roubaix ne devrait pas être de cinquante-cinquante, mais de zéro", estimait-il.

A l'heure actuelle, Van Aert est présent sur la liste provisoire des participants à l'Amstel Gold Race, course dont il est le tenant du titre. Mais on peut pratiquement affirmer que ce ne sera pas le cas (information confirmée ce mercredi, voir encadré ci-dessous). Quant à Paris-Roubaix, il ne serait pas raisonnable pour Van Ranst que Van Aert y prenne le départ. "Après une infection au coronavirus, le corps et le coeur ne doivent pas être surchargés trop rapidement", a tweeté le virologue. "Wout Van Aert gagnera sûrement un jour Paris-Roubaix, mais pas cette année. Même des athlètes professionnels doivent prendre une période de récupération complète avant de retravailler pour retrouver toute leur vitesse", ajoute Marc Van Ranst.

Du côté de chez Jumbo-Visma, on préfère se montrer prudent à l'heure de commenter les rumeurs concernant un champion de Belgique qui a bien manqué à ses partenaires dimanche dernier. "La première étape du processus est d'attendre que Wout ne soit plus malade", a expliqué le directeur sportif Arthur Van Dongen dans les colonnes d'Het Laatste Nieuws. "Nous ne pouvons pas encore dire combien de temps cela prendra. Quand il se sentira à nouveau en forme, nous effectuerons quelques contrôles médicaux. S'ils s'avèrent bons, l'étape finale consistera à évaluer s'il est judicieux, du point de vue des performances, de le laisser courir."

On risque de devoir attendre un an avant de revoir Wout Van Aert sur des pavés (du moins ceux des classiques flandriennes)., iStock
On risque de devoir attendre un an avant de revoir Wout Van Aert sur des pavés (du moins ceux des classiques flandriennes). © iStock

Risque d'inflammation du muscle cardiaque

Le médecin du sport Tom Tueglinkx, membre du staff médical de la Fédération cycliste belge et président de l'Association des médecins du sport et des examens, pense aussi que la prudence doit être de mise. "Nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences d'une infection par le Covid", explique-t-il dans les colonnes d' Het Laatste Nieuws. "Notre ligne de conduite est qu'après une infection, vous devez rester sur la touche pendant au moins sept, mais de préférence dix jours. C'est la règle générale. Après, la décision finale appartient au médecin de l'équipe Jumbo. L'autre avantage est que Wout n'a souffert que des symptômes légers."

La plus grande crainte est le risque d'inflammation du muscle cardiaque que provoquent généralement les contaminations au Covid. "Prenez le temps de récupérer, filtrez les effets des premiers stimuli d'entraînement, augmentez lentement la charge de travail et ne reprenez la compétition qu'ensuite", pense Tom Tueglinkx. "Combien de temps cela va-t-il prendre ? Chaque cas est différent. Dylan Teuns (6e du Tour des Flandres ce dimanche), par exemple, a repris après une semaine, mais a ressenti une étrange réaction au niveau des poumons. Il a donc pris quatre jours de repos supplémentaires. Comme vous le voyez, c'est un point difficile à estimer."

Le médecin du sport félicite aussi Wout Van Aert d'avoir communiqué ouvertement sur sa situation. "De cette façon, il est plus facile d'aborder ce sujet. Sa décision de renoncer au Ronde est courageuse. D'autres coureurs ont fait d'autres choix. Nous disposons d'un questionnaire qui a été rempli par plus de 25 000 athlètes et qui montre que 45 % des athlètes infectés continuent d'émettre des plaintes récurrentes ou persistantes. C'est énorme."

Difficile dès lors d'envisager de voir le champion de Belgique recourir ce printemps, que ce soit pour Paris-Roubaix ou sur Liège-Bastogne-Liège, si d'aventure il décidait de prolonger sa saison après un forfait sur l'Enfer du Nord. En tout cas, sa présence n'assurerait certainement pas une victoire, car il ne devrait pas retrouver directement les grandes sensations qu'il a affichées sur le GP de l'E3 ou sur les pentes du Mont Kemmel.

Après avoir manqué le Tour des Flandres, Wout van Aert (Jumbo-Visma) doit également déclarer forfait pour l'Amstel Gold Race (WolrdTour), qui aura lieu dimanche sur 254,1 km entre Maastricht et Valkenburg aux Pays-Bas, a annoncé son équipe Jumbo-Visma mercredi.

Le champion de Belgique, tenant du titre à l'Amstel, n'avait pu prendre le départ du Ronde, dont il était un des grands favoris, en raison d'une infection au coronavirus. Il avait déclaré forfait deux jours après la classique flamande. Jumbo-Visma indique mercredi que s'il ne peut prendre le départ dimanche, Wout van Aert a par contre reçu le feu vert pour reprendre les entraînements, ce qui l'autorise à espérer pouvoir disputer Paris-Roubaix le 17 avril.

Si le maillot noir-jaune-rouge fut à l'honneur lors du dernier Tour des Flandres grâce à Lotte Kopecky, vainqueure de l'épreuve féminine, certains avaient espéré que les champions nationaux réalisent même le doublé. C'était sans compter sur ce bon vieux covid qui est venu brouillé les plans de Wout Van Aert à la fin de la semaine écoulée. Refroidis, les partisans du Belge se projettaient déjà vers l'autre objectif pavé de leur favori: Paris-Roubaix.Mais l'optimisme peut-il être de rigueur quand on voit que certains coureurs infectés par le passé ont peiné à retrouver leurs meilleures sensations par la suite. Gianni Moscon, quatrième du dernier Paris-Roubaix, a mis un terme à son printemps après avoir accumulé les abandons (6 depuis le début de saison) et justifiait sa période creuse, notamment par les conséquences de son infection. Les Greg Van Avermaet et Kasper Asgreen ont pour leur part enchaîné pas mal de courses moindres après avoir été frappé par le virus au coeur de l'hiver.Pour Michel Wuyts, ancien présentateur vedette des courses cyclistes sur la VRT, les chances de voir WVA sur la ligne de départ à Compiègne étaient de 50% . Un espoir qu'a rapidement douché le virologue le plus médiatique (du nord) du pays, Marc Van Ranst. "La chance qu'il soit à Roubaix ne devrait pas être de cinquante-cinquante, mais de zéro", estimait-il.A l'heure actuelle, Van Aert est présent sur la liste provisoire des participants à l'Amstel Gold Race, course dont il est le tenant du titre. Mais on peut pratiquement affirmer que ce ne sera pas le cas (information confirmée ce mercredi, voir encadré ci-dessous). Quant à Paris-Roubaix, il ne serait pas raisonnable pour Van Ranst que Van Aert y prenne le départ. "Après une infection au coronavirus, le corps et le coeur ne doivent pas être surchargés trop rapidement", a tweeté le virologue. "Wout Van Aert gagnera sûrement un jour Paris-Roubaix, mais pas cette année. Même des athlètes professionnels doivent prendre une période de récupération complète avant de retravailler pour retrouver toute leur vitesse", ajoute Marc Van Ranst. Du côté de chez Jumbo-Visma, on préfère se montrer prudent à l'heure de commenter les rumeurs concernant un champion de Belgique qui a bien manqué à ses partenaires dimanche dernier. "La première étape du processus est d'attendre que Wout ne soit plus malade", a expliqué le directeur sportif Arthur Van Dongen dans les colonnes d'Het Laatste Nieuws. "Nous ne pouvons pas encore dire combien de temps cela prendra. Quand il se sentira à nouveau en forme, nous effectuerons quelques contrôles médicaux. S'ils s'avèrent bons, l'étape finale consistera à évaluer s'il est judicieux, du point de vue des performances, de le laisser courir."Le médecin du sport Tom Tueglinkx, membre du staff médical de la Fédération cycliste belge et président de l'Association des médecins du sport et des examens, pense aussi que la prudence doit être de mise. "Nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences d'une infection par le Covid", explique-t-il dans les colonnes d' Het Laatste Nieuws. "Notre ligne de conduite est qu'après une infection, vous devez rester sur la touche pendant au moins sept, mais de préférence dix jours. C'est la règle générale. Après, la décision finale appartient au médecin de l'équipe Jumbo. L'autre avantage est que Wout n'a souffert que des symptômes légers."La plus grande crainte est le risque d'inflammation du muscle cardiaque que provoquent généralement les contaminations au Covid. "Prenez le temps de récupérer, filtrez les effets des premiers stimuli d'entraînement, augmentez lentement la charge de travail et ne reprenez la compétition qu'ensuite", pense Tom Tueglinkx. "Combien de temps cela va-t-il prendre ? Chaque cas est différent. Dylan Teuns (6e du Tour des Flandres ce dimanche), par exemple, a repris après une semaine, mais a ressenti une étrange réaction au niveau des poumons. Il a donc pris quatre jours de repos supplémentaires. Comme vous le voyez, c'est un point difficile à estimer."Le médecin du sport félicite aussi Wout Van Aert d'avoir communiqué ouvertement sur sa situation. "De cette façon, il est plus facile d'aborder ce sujet. Sa décision de renoncer au Ronde est courageuse. D'autres coureurs ont fait d'autres choix. Nous disposons d'un questionnaire qui a été rempli par plus de 25 000 athlètes et qui montre que 45 % des athlètes infectés continuent d'émettre des plaintes récurrentes ou persistantes. C'est énorme."Difficile dès lors d'envisager de voir le champion de Belgique recourir ce printemps, que ce soit pour Paris-Roubaix ou sur Liège-Bastogne-Liège, si d'aventure il décidait de prolonger sa saison après un forfait sur l'Enfer du Nord. En tout cas, sa présence n'assurerait certainement pas une victoire, car il ne devrait pas retrouver directement les grandes sensations qu'il a affichées sur le GP de l'E3 ou sur les pentes du Mont Kemmel.